mercredi 4 octobre 2006

tous les matins du monde

Il se lève, sale, timide, humide. Tu le devines, d'un jaune sale, perçant dans la masse sombre de la nuit.
Petit matin anglais, caché derrière d'épais rideaux d'un rose éhonté.
Conclusion incertaine d'une nuit sans sommeil au goût de vin blanc hongrois et de cognac, matînée d'ébats infidèles.
C'est la bouche sèche que tu sens le sommeil t'envahir.
Ses bras minces t'enlacent. Secs, durs et doux, et ils te serrent avec une rude tendresse contre une poitrine osseuse encore humide.
Tendresse, amour, simple nostalgie, tu ne sais pas. Tu ne cherches pas vraiment à savoir, tu as renoncé à comprendre ce qui se passe dans la tête qui surmonte ce corps nerveux.
Tu m'as manqué, tu me manques, je t'aime tant, je ferais tout ce que je peux pour toi. Des murmures dérangeants entre deux ébats presques bestiaux.

Il y a tant de violence dans cet amour, chaque fois qu'il entre en moi, on croirait qu'il voudrait me voir mourir. Dans la pénombre, les traits de son visage se tordent comme si c'était douloureux. Et après ? Après il me serre contre lui, son visage se colle dans mon cou, comme un enfant, comme s'il m'aimait. Mais il est trop vieux pour ça. non ?
Il me perd, nous nous sommes perdu de toute manière, il fallait le dire avant.
Le petit jour, je m'endors, je ne veux pas voir la lumière révéler la laideur de ma luxure avinée.
Tu enfuis ta tête docilement sous les draps, l'oreille contre son coeur qui en cet instant tu l'espères, ne bat que pour toi.
Dans la lueur malsaine du petit jour, tes rêves te ramènent à l'autre, celui que tu attendras demain, pure et innocente.

Ecrit le 19 octobre 2005.

Un an plus tard ou presque.

J'ai voulu décrire la nuit de mon retour. Il suffit de relire celle d'il y a un an.
Serais-je ta maîtresse à vie, ou me reprendra tu auprès de toi un jour?

2 avaleurs de songes:

Anonyme a dit…

Qué bonito...

Nef a dit…

si ?