vendredi 15 février 2008

devoir de mémoire...

J'aime pas la politique.

J'étais encore dans le ventre de ma mère que je manifestais contre le front national.
J'ai toujours dans la mesure du possible, fait mon devoir de citoyenne, allant même faire le dépouillement de temps à autre. Et fait mon devoir de française en éliminant avec soin toutes les affiches du FN et autres groupuscules extrémistes qui venaient gâcher le paysage.

Bien sûr le Mal cette fois était caché.
Ouille... En la personne d'un laidron pseudo-charismatique, qui maîtrise la langue française comme je maîtrise l'araméen. D'ailleurs, il a tendance à se prendre pour le messie. Un messie qu'aurait pas franchement fait voeu de pauvreté...

Déjà, voir sa gueule m'irrite au plus au point. L'entendre parler m'oblige à la censure immédiate.

Ô la joie de lui fermer son clapet à grands coups de télécommande. Si seulement je pouvais lui faire bouffer, lui qui aime tant les média, ce serait une belle mort...

Et je ne parle même pas de son comportement qui aurait sied à un souverain, fricoter avec l'Eglise, et fricoter tout court et sans retenue avec les évaporées du royaume. Merde quand tous les présidents précédents avaient réussi à faire passer leur frasques et enfants illégitmes comme une lettre à la poste, faisant à peine hausser un sourcil à la presse.

Car avant l'ersatz de Napoléon que je n'appellerai pas Mon Président, il avait une différence entre l'Homme et le Président. Ce qui marquait d'ailleurs la tentative démocratique de la République. Exit le droit divin, bonjour : Une Fonction. Le président n'est pas la fonction, il la revêt, comme un habit que l'on ôte ou que l'on met. D'où un devoir de distance et de retenue.

Bon ça, ça y est à la poubelle . L'apauvrissement du vocabulaire doit y être pour quelque chose puisque qu'il s'agit ici de nuance. Et pour nuancer il faut des mots.

Entendre parler d'Eglise et de prêtre au gouvernement ça me hérisse le poil. Je suis athée, et à défaut de bible sur la table de chevet, c'est une copie de la déclaration des Droits de l'homme qui a orné mon mur pendant deux dizaines d'années.

Là où je commence à sérieusement sortir de mes gonds au point de m'extirper de mon apathie politique habituelle, c'est quand on en arrive au devoir de mémoire.

Qu'un révisioniste du présent (oui c'est aussi du révisionisme quand on ment sur la situation actuelle) en vienne à être désespéré au point de vouloir infliger la mémoire d'une victime de la Shoah à un autre gamin...

Mal expliquée, la faute va encore retomber sur les Allemands. Et puisqu'on en est à personnaliser la douleur, je ne me souviens encore que trop de cette embarrassante nuit à Coventry où Dirk et Benji un peu trop imbibés de mauvaise bière anglaise en étaient venus à s'excuser d'être allemands devant moi.

Parce que leurs grands pères étaient dans les jeunesses hitlériennes, parce que mon grand père était prisonnier, parce qu'on en parle pas chez moi, mais je mettrais trois mains à couper que ma grand mère maternelle parle le yiddish... soixante ans plus tard les Allemands portent encore la croix pour des choses qu'ils n'ont pas fait seuls, pour les délires mégalo d'un frustré bourré de tics.

Moi je m'en fous. Je pardonne et je n'oublie pas, c'est ça le devoir de mémoire, savoir mais ne pas tenir rigueur, juste se souvenir des erreurs du passé pour ne pas les refaire.

On sait bien qu'on les refera car l'humanité à la mémoire vive d'un poisson rouge.

Mais plutôt que de transmettre à un gamin qui n'y comprendra pas grand chose la photo et le nom d'un autre gamin mort il y a 60 ans et qui au final lui non plus n'y aura pas compris grand chose. Les professeurs d'histoire, à qui l'on confie la tâche souvent ardue de transmettre note mémoire nationale, feraient mieux de passer aux adolescents les discours d'Hitler, leur montrer ses mots, sa gestuelle, faire de l'explication de texte. Et de leur montrer l'homme pour ce qu'il était, un manipulateur des médias.

Là peut être, les futurs électeurs ne se feront pas prendre...

Enfin pour ce que j'en dis hein...

1 avaleurs de songes:

Massilimanga a dit…

et quand on pense que comme le roi de france, il peut (peut-être) guérir des écrouelles (yeahhhh), et quand on pense que ceux qui ont été guéris des écrouelles sont morts de la peste... ça laisse rêveur sur les super-pouvoirs d'un pauvre homo sapiens qui a oubliété l'humilité de ceux qui savent d'où ils viennent et où ils vont!