vendredi 16 janvier 2009

L'échappée belle

J'ai un moleskine.
Un tout petit carnet noir.


Ce n'est pas mon premier carnet, ce n'est même pas le seul que j'ai en ce moment. J'ai un carnet que je trimballe partout, bientôt plein, de tout de rien, de bouts de billets, de lettres jamais envoyées, d'emploi du temps, de liste de course, de date, de rendez vous. Un carnet à tout. J'en ai un autre, plus grand que je transporte plus rarement. J'en ai un tout petit, tout fin, à la couverture pourpre dans lequel, quand je m'en souviens, je notes parfois mes rêves, sauf ceux qui ne servent à rien.
J'aime bien les carnets, j'en ai toujours eu plein. 
mais celui ci en ce moment à une importance particulière pour moi.
Parce que c'est ma petite sœur Garte qui me l'a offert déjà.
Parce qu'elle l'a accompagné, ce cadeau (et l'autre qu'elle m'a fait) d'un petit mot échevelé comme elle sait si bien les écrire :
"Pour créer à foison sans entrave, 
Pour t'évader,
Pour transformer le monde,
Pour embellir la vie,
Pour témoigner, 
Enfin, pour te faire plaisir"
Et parce que pour l'instant dans ce carnet je m'évade de la laideur quotidienne qui m'entoure. Un ou deux mots par ligne, sur les premières pages.
Litho Sambre
Gustave Doré
Pucky
Bougeoir rose
Nécessaire calligraphie
Chambre noire
Piano
Cactus Clamp
Dorine
Robe gothique
Ghost World
....

Sur des pages et des pages, les mots se succèdent et j'essaie de ne rien oublier. Quand j'aurais fini, dans quelque jours, je le poserais dans un coin.
Et je l'oublierai.
Pour le reprendre dans six mois et tout cocher, avec à chaque coup de crayon un plaisir croissant.
L'accomplissement.
Parce que dans six mois, je le jure j'aurais réussi. je ne serais plus SOF (sans objets fixe) comme je le suis depuis quatre ans.
Et quand tout sera en ordre avec sa petite croix à côté dans le carnet,  et rangé dans mon nouvel appartement, où qu'il soit, sur la page de garde je barrerai :

Pour t'évader.  

Parce quand je parviendrai à ça, à me poser au milieu de tous ces morceaux de moi, ceux que j'ai laissé dans un grenier, à moisir, ça ne signifiera peut être pas le bonheur, mais au moins que j'ai cessé de me fuir.

Puis je l'ouvrirai sur une page vierge et j'écrirai le défi suivant.

J'ai un moleskine. Un tout petit carnet noir.
Il est beau, il est simple.
Je veux une vie qui lui ressemble.


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6 commentaires:

balmeyer a dit…

Beau billet ! Un registre un peu différent, comme une échappée belle...

Nefisa a dit…

Merci.
Ça ne fait pas de mal de changer de ton, de temps en temps. Ranger la kalashnikov... Ça repose l'épaule droite.

balmeyer a dit…

Je lis à l'envers. J'ai l'impression que c'est pas le seul billet.

Nefisa a dit…

Je viens de mettre deux minutes à comprendre ce que tu voulais dire...

Didier Goux a dit…

Il ne faut jamais hésiter à faire le pari-carnet.

(Bon, je retourne à Pascal Sevran.)

Nefisa a dit…

...

(en voilà une excellente idée)