dimanche 15 mars 2009

Dans un français élégant (pour changer).



[...]C'est le moment de la création qui me hante et me fascine particulièrement. Une émotion intense me saisit quand j'imagine Mozart s'asseyant à sa table pour écrire le Vingtième concerto pour piano. Ou Bach préparant une nouvelle cantate pour les paroissiens de Leipzig.


Une pulsion irrésistible

  Curieux d'en savoir plus sur ces hauts moments de la créativité humaine, je me plonge alors dans la lecture des biographies de mes artistes favoris, musiciens, peintres ou poètes. Dans la variété des histoires personnelles on retrouve immanquablement le même élément : une pulsion quasi obsessionnelle de créer. Dans la souffrance comme chez Beethoven ou Van Gogh, ou dans la truculence du jeune Mozart ; dans la pauvreté matérielle de Rembrandt ou dans la vie luxueuse de Rubens.
  Sur cette passion qui les possède, les réponses des créateurs se ressemblent : " Je ne peux pas vivre autrement. ", " C'est ce qui me maintient dans l'existence, qui donne un sens à ma vie. Cela me possède depuis ma plus tendre enfance..."
  Après la lecture de Winnicott (quatrième chapitre), ces mots prennent pour nous des résonances familières? Nous retrouvons ici l'expression de cette volonté de reconstruire le monde. "Ce que j'ai dans le cœur, dit Beethoven, il faut que ça sorte, et c'est pour cela que j'écris." " La musique doit faire jaillir le feu de l'esprit des hommes. Qui pénètre le sens de ma musique sera libre de toute la misère où se traînent les autres hommes." "Il n'y a rien de plus beau que de s'approcher de la divinité et d'en répandre les rayons sur la race humaine."
  Cette pulsion créatrice se manifeste d'une façon particulièrement puissante dans "l'art brut". Dans un musée de l'Yonne, nommé La Fabuloserie, on a regroupé des œuvres de créateurs marginaux. Une émotivité bouleversante s'en dégage. Les auteurs, généralement incultes et dénués de soucis esthétiques, ont souvent trouvé dans cette occupation ludique une bouée de sauvetage contre la folie qui les menaçait. Je défie quiconque de regarder sans un pincement de cœur les "Tribulations de la petite Mauricette".

Malicorne, Hubert Reeves. Editions du Seuil. p.141



(Je te traite pas d'inculte dénué de soucis esthétiques hein, tonton, mais bon, on attend, là. Tu finis ta brigade et tu t'y colles ?)

7 commentaires:

Catherine a dit…

Vous allez voir, il va encore trouver une excuse...
Rien à voir, mais j'ai enfin réussi. Merci de votre patience.

Didier Goux a dit…

J'ai la meilleure des excuses : il y a deux jours déjà que j'ai explosé sa gueule au Ducharme (tu peux vérifier).

Nefisa a dit…

Catherine : Ah tiens. Oui. Il ose.
J'ai vu que vous y étiez parvenue. Pas de problème, ça m'a changé les idées.

Tonton : J'ai bien vu, sinon j'aurais pas pris la peine de recopier ce petit texte. Et c'est n'importe quoi comme excuse. Comme si bousiller un blog en faisait disparaître les personnages.
J'en connais un qui ricane sévère dans un coin de ma tête en lisant ça.

Julie du Luth a dit…

"Qui pénètre le sens de ma musique sera libre de toute la misère où se traînent les autres hommes." ça va les chevilles, le Beethov, là?

Garte a dit…

Incultes dans le domaine de l'histoire de l'art... C'est important de le préciser

la Mère Castor a dit…

C'est ce que dit Robert Crumb, il dessine pour ne pas devenir fou, et parce qu'il ne peut pas s'en empêcher.

Nefisa a dit…

Julie du Luth : Ca doit être pour ça qu'il était sourd, à force de prendre la grosse tête, ses oreilles ne sont plus passées.

Garte : Oui maîtresse.


La mère Castor : Un type qui dessine des pochettes d'album pour Janis Joplin a forcément raison.