J'ai faim.
En rentrant à Lonny je suis montée sur la balance. Cette même ignoble balance qui deux mois et demi plus tôt m'annoncait narquoise 67 kilos.
Oui 67 ma bonne dame. Vous avez vu ça. Vous buvez un verre de vin et vos hanches s'allongent, s'alourdissent, votre nombril se perd un peu plus dans la graisse blanche de votre déprime.
Partez maintenant, vous allez manquer votre train.
Je suis partie.
Et revenue.
Je suis allée la défier.
Cette fois elle faisait moins la fière elle m'annonçait 63. Ouais. 63 tout rond.
Elle a pas moufté. Ben oui, 63, c'est bien comme poids. C'est la "limite supérieure autorisée". Celle ou je rentre comme il faut dans mes vêtements.
Qu'est ce qu'on peut répondre à ça ?
J'ai laissé passer une semaine.
J'avais d'autres chats à fouetter.
Et je suis revenue. Elle m'a regardé, j'ai vu un éclair dans son regard digital. Un tremblement d'impatience presque dans son revêtement anti-dérapant.
Elle décomptait inique, les verres, les morceaux de viande, et trois bières par-ci et cet énorme morceau de fromage par là, et le steak tartare de ce midi, avec des frites ! Ce morceau de tarte aux pommes, ces escargots dégoulinant de beurre. Et l'époisse, tu t'es darée sur l'époisse, morfale.
Ah c'est bien beau de revenir sous alimentée, nourrie au concombre, à la féta et à la soupe lyophilisée, droguée à la muscu. C'est tricher. Monte, tu va moins faire la fière après une semaine à manger sans aller suer tes calories en soulevant des poids.
Je lui ai tiré la langue et je suis montée.
Elle a hésité. Les chiffres étaient troubles de surprise.
62.6
Ah, j'ai dit en la pointant d'un doigt moqueur, Ah : Tu vois ! J'ai maigri de bonheur !
Je suis venue ici et mon cœur, de joie, a dévoré 400g de malheur ! Il en faut de l'énergie pour battre si fort.
Je suis descendue, et je suis partie hautaine, drapée dans ma serviette et ma dignité retrouvée. Elle s'est remise à 0 et s'est éteinte sans en rajouter.
Je suis montée dans l'avion, moi et ma valise ensemble on pesait 5.4 kilos de moins qu'à l'aller, j'aurais dû demander une remise.
Hier je suis montée, en arrivant, sur la balance d'ici. Avant d'essayer de dormir. Elle a confirmé. Elle, me disait 62, mais c'est une optimiste la balance d'ici.
J'ai faim.
Depuis hier soir, je crève la dalle.
J'ai bu trois cafés.
Mangé un croissant.
J'ai faim.
Il faut que j'aille ouvrir le frigo.
Il faut que j'aille ouvrir le frigo.
Je peux pas.
Je vais aller planquer la balance plutôt.
Ca va pas être beau à voir dans deux mois.
Ps : Je viens de trouver une boîte de thon dans mon placard. Je suis sauvée pour aujourd'hui.
12 commentaires:
63 kg. Putain. Comme moi à 12 ans.
Vous auriez apporté 5,4 kilos de provisions dans vos bagages, aussi !
Une sorte de testament humoristique, presque… N'empêche que, si je peux me permettre, vous pesez plus que moi, ou ma balance est aussi capricieuse que la vôtre.
Nicolas : tu buvais déjà de la bière ?
Catherine : ah mais je suis revenue avec un kilo de chocolat, ma grand-mère m'a obligée. Le reste, je vomis tout. C'est gâcher non ?
Le coucou : oh pas un testament, j'ai bien l'intention d'être en vie dans deux mois.
et permettez vous, j'ai encore 5 bon kilos de marge avant d'atteindre un poids inquiétant. (si vous êtes plus léger que moi c'est juste parce que vous n'avez pas assez de poitrine,et toc. )
Oui, pourquoi ? On peut boire autre chose ?
Du vin ?
Non. Ça fait ivrogne.
Tiens, toi aussi ? Avec nos deux billets on pourrait faire un blog de filles...
Mais quand même, la balance, c'est pas un peu maso ? Moi ça fait un bail que je lui demande plus rien. Non mais.
Enfin la balance a compris qui c'est Raoul ! Les kilos tu les éparpilles…
:-))
Je trouve que pour l'époisse, c'est largement pardonnable comme caprice !
:-))
Tiens, je croyais avoir répondu ici.
Nicolas : oui.
Marie George, la balance ça va. son petit nom c'est yoyo. C'est le mètre qui jusquà il y a deux semaine me collait des déprimes pas possible. Là ça va mieux. Je fooooonds.
Sinon, un blog de fille ? T'es tombée sur la tête ?
Filaplomb : Le fromage, c'est sacré ! on est bien d 'accord.
J'aime ce que tu écris.
Tout.
Depuis le début.
Il était grand temps de te le dire.
Enregistrer un commentaire