Comme dirait l'autre (je sais plus qui), j'étais tellement surprise que pendant près d'un an et demi, je n'ai pas pu parler.
En fait j'étais un peu à la bourre et montée en vrac. Un peu jaune aussi paraît-il.
Comme j'étais en retard (je suis prédestinée à ne jamais rien faire à l'heure. ) je suis née un 2 décembre. Ma mère m'a passé un savon, elle voulait que je naisse le 25 novembre le jour de sa fête. Une fois qu'elle m'a bien engueulée, on m'a un peu secouée histoire que tous mes membres se retrouvent au bon endroit, en me disant que j'étais vraiment bordélique, même dans le ventre de ma mère, j'étais pas fichue de ranger mes pieds où il fallait. Ensuite on m'a collé dans une boite à bronzer en me faisant remarquer que naître avec une couleur pareille, ça augurait vraiment d'un total manque de goût vestimentaire.
Bref, c'était un moment plein d'émotions. Ce qui fait que je me souviens bien du jour où Napoléon a gagné la bataille des trois empereurs. Ça tombe bien, j'ai toujours eu du mal avec les dates. C'est super comme moyen mnémotechnique. Dommage, on m'a jamais demandé de me souvenir de ça.Mais le fait que je ne sois pas à l'heure m'a aussi permis de naître le même jour et dans le même hôpital qu'une Clafoutis et une Marine. C'était avant 83, (donc en 82, je vous aide pour ceux qui se demanderaient vraiment quel âge j'ai) et la loi n'autorisait pas encore les parents à appeler leur gamins comme bon leur semblait. Pas de Bâbord et Tribord pour des jumeaux, pas de SRHCVF260602 ou autre originalité du genre.
Pourtant Marine s'est appelée Marine, et Clafoutis est sortie de la maternité dans les bras de sa maman heureuse, affublée à jamais du nom d'un gâteau jaune et mou un peu marron caca sur le dessus et parsemé de cerises marinées qui m'ont toujours parue légèrement décomposées.
Moi, pendant plusieurs jours je me suis appelée Viviane X.
Ouais le 2 décembre c'est la sainte Viviane. Et X c'est parce qu'on voulait pas que j'ai un prénom de garçon, alors X vous comprenez, c'est super féminin comme prénom, et Napoléon pour une fille, c'est pas terrible..
Blague à part, l'officier d'état civil avait paraît-il une dent contre mon grand-père. La mièvrerie humaine... C'est tellement simple de s'attaquer à un adorable nourrisson jaune et famélique (j'étais vraiment trop sexy).
Il fallu trouver un précédent. Dans la ville. C'est bête, il y avait sept mignonnes petites gamines dans la région avec le prénom que mes parents voulaient me donner, mais à Charleville : nada.
Mais bon, mes parents se sont débrouillés. C'est qu'ils y tenaient à mon prénom. Allez savoir pourquoi. Mais c'est pas un truc qui leur était venu deux minutes avant ma naissance, j'ai même retrouvé un poème datant d'avant ma naissance avec mon prénom dedans, un jour, en rangeant les rappels de factures impayées chez mon père. Alors ils ont lutté courageusement, des jours durant, contre la bureaucratie aveugle. Nonobstant les "Ben vous avez qu'a l'appeler Stéphanie", "Et pourquoi pas Albert tant qu'on y est ?"et autres horreurs du genre.
Et il ont réussi !
Ouf, j'ai failli m'appeler Viviane.
J'aurais détesté m'appeler Viviane au moins jusqu'à être en âge de lire Barjavel. Et encore, mon caractère colle assez mal avec celui de la Viviane de Merlin.
J'aurais détesté m'appeler Viviane, c'est vrai, c'est pas marrant d'avoir le blaze du saint du jour où on est né. Ça craint (enfin, surtout si on naît en France un 14 juillet).
Mais des fois je me dis que ça aurait été plus simple que de s'appeler Stéphane.
7 commentaires:
Tu aurais pu naitre le jour de la Ste Nefisa.
Cela te fait TROIS événements faciles à retenir : le sacre de Napoléon (1804), Austerlitz (1805) et le coup d'État de Napoléon III (1851). Veinarde ! Et ça vient encore se plaindre, pff !
Tiens, votre mère s'appelle Catherine !
A quoi tient une personnalité...
Nicolas : oui, ç'aurait été vachement plus pratique.
Tonton Didier : t'es gentil, t'arrête d'éventer mes running jokes, c'est un billet en quatre parties, je voulais conserver le suspens.
Catherine : Oui. si un jour vous recevez un mail qui commence par "Bien chère Mère," et où je vous vous demande de présenter mes respects à un âne j'ai pas fondu un fusible, et je ne parle pas de Didier, je me suis juste trompée de destinataire. :)
Ant : Et c'est pas fini...
On a pas le droit de commenter sur Elohim ?
Affaire à suivre, donc.
Catherine : Je vois pas trop ce qu'il y aurait à commenter.
C'est juste histoire de marquer d'une pierre blanche. Ce blog c'est un peu mon pense bête pour plus tard.
On sait jamais, si un jour je souffre d'amnésie, il est très important que je me souvienne que je suis assez dingue pour passer des nuits complètes à écouter la même chanson en boucle et inventer des personnages assortis.
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