(If lacking ideas for a title, always put the title of the song you are currently listening to. It will generally reflect the content alright. )
Il est minuit quinze, je sors de mon bain. J'ai traversé le long couloir et le bruit de mes claquettes m'a semblé tellement incongru qu'arrivée devant l'escalier, je les ai ôtées et glissées sous le fauteuil crapaud qui orne le palier. J'ai aussi posé ce livre de Doris Lessing que j'avais entamé dans la chaleur de la salle de bain.
Commencé sans vraiment lire d'ailleurs, la préface était profonde.J'étais motivée. Et puis me voilà à lire femmes libres ou le carnet doré, je ne sais plus, est-ce un tout ? Peu importe. Le chauffage me brûlait la nuque pendant que mon corps rougissait dans l'eau trop chaude. La musique qui se répandait dans mes tympans était étonnamment calme et les basses moqueries teintées de vieille rancœurs et d'impuissance des deux protagonistes menstruées de l'histoire me donnaient l'impression de n'être rien d'autre que les bruits de basse cours issus du poulailler plus loin dans le parc. Un bruit de fond, un peu agaçant tellement vain et si facilement ignoré. Mon cerveau en sourdine traduisait les mots.A l'envers, du français à l'anglais, juste pour voir si ça sonnait mieux, les romans traduits, lorsqu'on a la chance de pouvoir les lire dans leur langue d'origine, sont parfois aussi irritants que les mauvaises doublures de films.
Et mon cœur battait. A tout rompre et jusque dans mes tempes, à cause de la chaleur, d'une légère fièvre, de l'impatience. Sûrement pas à cause du livre. Je m'éloigne de ces conversations stériles et renfrognées dans la vraie vie, en Grèce elle sont journalières et j'en viens à me cacher sous les draps, autiste, le casque sur les oreilles, ou à partir, sans but en priant sur le chemin qu'en rentrant tout soit fini. Pourquoi devrais-je en plus lire ça ? Ici, où la paix règne ? Ces aigreurs, ces bouts de vies ratées que l'on jette de dépit à la gueule de celui qu'on voudrait responsable de son malheur. Sans façons. Je n'ai pas faim.
J'ai donc posé le livre et je crois que je ne le reprendrais pas. Ou juste pour recopier ce paragraphe de la préface, qui m'a parlé, lui.
Mon coeur battait toujours, l'impatience je crois. De quoi ? On verra bien. Du vide, du rien qui m'attend là bas et qui peut se remplir de tout.
Ca devient philosophique, je me tais.
J'ai descendu les escaliers, le bois était tiède sous mes pieds, puis le carrelages bicentenaire, ou cinquantenaire, c'est une bonne question, pas d'origine, je ne sais pas si ils faisaient des faïences comme ça en 1535. Le carrelage donc, m'a rafraichi les orteils. Le feu dans la cheminée sentait bon, et j'ai traversé la salle à manger sans allumer la lumière.
Je me suis assise au bureau, dans le ronron des ordinateurs et d'un chat qui assis sur un bureau, contemplait un clavier avec une affection presque déplacée.
Et puis, et puis rien, j'ai oublié ce que j'étais venue faire.
Tuer le temps sans doute, je voudrais déjà être demain.
14 commentaires:
C'est un beau texte Nef. Je sens des choses...
Catherine,
Ses pieds ?
Nicolas, après trempage de quelques heures dans un bain chaud, ses pieds ne doivent plus sentir...
Content de te retrouver en terre civilisée, ma nièce !
(Quoique parler de terre "barbare" à propos de la Grèce est sans doute assez malvenu...)
Les jolis petits chats viennent d'arriver. Merci.
Tiens, ce billet ferait en soi une magnifique réponse à la chaîne de la lecture!
Hallelujah tu écris !
Nef, il y a une photo pour vous chez moi.
Ouahh...!!! Esthétique vaguement romantique, couleurs sépia, textes à la mesure, dicours un peu décalés, une pointe d'érotisme, un brin de cynisme - et beaucoup de brillant.
Bravo, mais attention à ne pas te faire aspirer par ton étoile!
Catherine :
a/ merci
b/ Enfin ! Vive la poste hellène !
c/ je vais voir très vite (avant j'étais pas là )
Nicolas : grunt.
Tonton : moi, ausii, par contre Ardennes = civilisée. euh.. Mais c'est bien au moins !
Le coucou : J'ai été taguée ?
ah oui, vogelsong m'a taguée. je crois. Faudra que j'y réponde quand même.
Lois : oui, c'était prévu pour plus tard mais je suis d'humeur.
Hermes : "Bravo, mais attention à ne pas te faire aspirer par ton étoile!"
Rubrique horoscope du télé 7 jours ?
Désolée, mais c'est quoi ce commentaire ? T'es oenologue es-blog ?
tu as envoyé de pauvres chatons par la poste ??????
(j'en bégaye, tiens)
tu as envoyé de pauvres chatons par la poste ??????
Plectrude : bien sûr, tu me connais, j'ai fait du nesminou. Tu déshydrates un chaton tu l'envoie en colis et à l'arrivée , tu trempes le machin tout sec dans deux litres d'eau et paf, t'as un chaton tout neuf. (Catherine parlait d'une carte postale avec des chats dessus... )
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