Charlie : Alors on fait quoi ?
Nefisa : On pourrait lui crever les yeux.
Charlie : Pourquoi faire ?
Nefisa : Quelque chose ?
Charlie : C'est constructif en effet.
Nefisa : Me dit-elle assise sur son muret, une clope au bec, une bière dans la main gauche et une bédé dans la droite. C'est quoi au fait ?
Charlie : Le dernier tome de Sambre.
Nefisa : Je parlais de la bière.
Charlie : Une Delirium Tremens. Ca me semble à propos. Dis, c'est pas tes petits anglais préférés qui disent " C'est quand on est pressé qu'il faut savoir prendre son temps". Ce à quoi j'ajouterais que la violence ne résout rien.
Nefisa : Tiens t'as relu Sans Atout et le cheval fantôme quand on était en France ? Forcément, Boileau-Narcejac ça doit te faire rêver. Et si la violence ne résout rien, le je m'en foutisme non plus. Miss plus ne m'est rien, mademoiselle j'm'en bats la race. Le problème avec toi c'est que t'es jamais sortie de l'adolescence.
Charlie : J'y suis même jamais entrée. Ça règle le problème. Toi c'est une autre histoire. Madame je sirote mon porto faisant du name-dropping, avant d'aller me planquer aux toilettes pour me griffer les avant-bras parce la vie c'est vraiment trop dur, les apparences tout ça, tout ça. Mais qu'est ce qu'ils vont penser les gens si j'y arrive pas, ma vie est ratée je veux mouriiiiir. Limite, tu sens déjà la ménopause ma vieille.
Nefisa : Quand on a pas de seins on se la ferme.
Charlie : Tu veux qu'on se lance sur ce sujet là ? Ils te servent en ce moment tes seins ? Je veux dire, tu sais quand ton mari et toi vous commencez à vous tripoter comme un couple qui se respecte et que soudain un ronflement magistral jaillit de la chambre d'à côté, tu sais celle de la yaya qui n'a pas encore compris que dormir la porte ouverte quand on partage la maison d'un couple, c'est une super mauvaise idée? Oh le joli mariage !
Nefisa : Justement, sans s'étendre sur ce sujet désastreux parce que sinon je vais devoir casser quelque chose et ton nez est le premier exutoire sur ma liste, ça rentre un peu en ligne de mire non ? Je sais bien que tu te contentes aisément de passion purement intellectuelle, que deux trois lettres et un câlin, pour toi c'est déjà vachement bien, mais j'ai une libido moi. Alors on fait quoi ? Pour régler tout ça ? Pour qu'on se pose enfin ? Au bon endroit de préférence.
Charlie : On attend ?
Nefisa : La patience et moi... Et on attend quoi ? Que Georges réagisse ? Tu le connais non ? Je l'ai épousé parce que je l'aime pas pour ses capacités à prendre des décisions.
Charlie : Encore heureux, tu m'aurais dit l'inverse j'aurais commencé à avoir des doutes sur tes facultés mentales. Et toi là, tu penses quoi, tu dis rien ?
Stéphane : Ben pendant que vous bavassiez, j'ai pris les billets de train, les billets d'avion, mis notre CV à jour, envoyé un mail à la dame de la fac que j'ai rencontré la semaine dernière, repris contact avec une paire de gens qui pourraient nous filer des tuyaux pour un boulot, et j'ai fait la liste de tous les moyens qui nous permettraient de trouver un appart à un prix décent dans un délai assez court. Et là je vais bouger nos plus si grosses fesses pour aller pendre la lessive avant que la yaya ne prenne sur elle pour le faire et ne pende nos fringues par le milieu, ça évitera à Nef de gueuler comme un putois en nous tapant la tête contre les murs parce qu'il y a un pli sur son T-shirt rose FCUK tout neuf et à Charlie de prendre les commandes du corps et de le mettre en position foetale pendant 6 heures d'affilée en écoutant Muse en boucle pour signifier son mécontentement parce que la yaya a bousillé le karma de ses fringues en les touchant.
Et surtout ne me remerciez pas hein. Et merde, c'est pas marrant tout les jours d'avoir hérité de la partie cartésienne du cerveau...
11 commentaires:
Ouh la....
Ouais...
Y'a du monde la-dedans...
Vous avez besoin de quoi au juste ? Mon saltimbanque de fils connaît beaucoup de monde à Bruxelles. C'est un spécialiste pour les appartements.
Si vous êtes trois dans cette pauvre tête, je ne vois qu'une solution : chacune se met à écrire dans son coin, on renomme l'ensemble Fernando Pessoa, et le tour est joué.
et Stephane supporte une telle paire de branquignoles ?!
'tain, pourquoi l'envoi des commentaires n'est pas automatique ? De toute façon, on s'abonne toujours...
Les commentaires sont drôles.
Quand même.
Ant. Ose me dire que ça te surprend.
Ambiome : Pas mieux.
Catherine : et encore là c'est que mes moi.
Sinon ne vous inquiétez pas, j'ai une tante et quelques amis de ma mère qui s'occupent de m'aider dans mes recherches.
Didier Goux : ah non, lui il était vraiment trop de gens.
Ant. tête en l'air.
Mtislav: attends, ça fait une semaine que j'essaie de pondre LE billet incommentable. Y'a toujours des téméraires.
Gaël (pardon je t'avais zappé ) Des fois j'ai des migraines bizarres. Sinon ça va.
Nef,
Surpris ? Non pas vraiment. J'adore ce genre de billet, je m'y retrouve bien (mutatis mutandi, toutes choses égales par ailleurs, und zo weiter).
Sans Atout et le cheval fantôme, c'est une référence girl-guides entre vous?
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