dimanche 17 mai 2009

J'arrivâte...

Ce fut épique.
Surtout le porter de valise de trente kilos dans les escaliers de pierre de la gare de l'est, et le changement de quai en moins de trois minutes à Reims avec la même valise et un ascenseur trop plein de poussettes pour que je puisse m'y glisser (enfin, moi, ou la valise, mais pas les deux, c'était pas jouable. )
Mon épaule droite se souviendra longtemps du trajet (pas de tape compatissante dans le dos, je risque de mordre. Mon côté animal blessé, vous savez.)

Arrivée chez ma grand-mère, passage obligé, une arrivée à Charleville ne se fait pas sans le traînage de valise sur les pavés , la démarche courbée mais cependant sautillante, le baladeur dans les oreilles (là je chantais à tue-tête en russe place Winston, je m'en fous, je suis chez moi) et l'éternel et immuable : "c'est moi",dans l'interphone de l'aïeul.  Inutile puisque tout est déjà ouvert. La petite bouteille de crémant, le cordon bleu de chez Charles, les chocolats de chez Delille. Et puis ma mère qui arrive, allez, au restaurant. ... Heureusement que je n'avais pas mangé depuis deux mois, mais qui n'a jamais mangé un cordon bleu de chez Charles ne peut savoir comment le mot : restaurant a sonné à mes oreilles. Une salade de coquilles Saint Jacques et un kir framboise plus loin, me voilà qui m'écrase sur le lit.

Un samedi en état second, le décalage, l'eau chaude instantanée, le saumon, le calme. L'alcool aussi, il en faut un bon litre pour se faire à l'idée que quand bien même je suis partie, mon mari lui est resté et je ne les revois pas avant fin juin.
Donc, quelques bières, quelques madères et une quantité indéfinie de riesling plus loin me voilà obligée de partager mon lit avec ma sœur, dans un château aux pièces vides. Et je ne peux que me blâmer. Oh non, pas la chambre du bas ! on sait jamais que les vampires attaquent par la porte fenêtre, et non pas au grenier, les fantômes, voyons. Enfin, sachez-le, ne racontez jamais des nouvelles d'Edgar Poe à des enfants de moins de dix ans. (et n'allez pas ensuite au grenier sauter à pieds joints au dessus de leur chambre, pour les persuader que les poltergeists existent bien, oui, j'étais une grande sœur adorable) vous risquez de vous en mordre les doigts plus tard en réalisant que vous avez formé des trouillards.

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de ma mère, le château est plein, des riffs de guitare s'emmêlent à des souffles de cornemuse, des doigts qui glissent sur des mandoles et  les voix qui oscillent entre des chants chiliens et des rengaines de marins. On en est au café, j'ai inventé le lasso à poules, décidément, je ne peux pas m'empêcher de pourrir l'imagination des gamins. Il est bientôt 19h00.

Cette escale de deux semaines que je m'offre en territoire conquis me fait déjà du bien. Avant de repartir. Mais moins loin, et mieux.
Alors, vraiment, tout va bien.

8 commentaires:

Nicolas a dit…

Si tout va bien...

Marie-Georges Profonde a dit…

On sent le bonheur retrouvé dans ton texte ! Un plaisir de te lire comme ça.
Bienvenue chez toi alors :)

Catherine a dit…

Changement de décor, encore. Vous faites peau neuve. Ça fait bien plaisir de lire votre plaisir et bonheur de vous retrouver chez vous. Profitez-en bien. N'empêche, je suis persuadée que les fantômes, c'est gentil.

Didier Goux a dit…

Tous mes compliments à la reine mère, pour son jubilé...

Ant. a dit…

"lasso à poules" ? "pourir l'imagination des gamins" ? Ca me rappelle un truc. Horrible. Ne lisez pas plus loin si vous avez été un enfant traumatisé.

"Tu l'aimes bien, le lapin, hein ? Il est mignon, hein ? Tiens, je vais te montrer comment on lui enlève son pyjama."

Je vous avais prévenu, ne vous en prenez qu'à vous-même.

Nefisa a dit…

Nicolas : Yup, bière à volonté, que rêver de mieux ?

Marie-Georges : ben oui, dans un château plein de chat on ne peut qu'être heureux n'est ce pas ? :)

Catherine : les fantôme de notre grenier sont des être ethérés mais néanmoins fort urbains, mais allez en convaincre ma sœur ! (je me suis trop bien appliquée dans mon enfance à la persuader du contraire)

Tonton Didi: j'ai transmis , elle a haussé les épaules et dit : n'importe quoi !

Ant : euh j't'ai déjà répondu en fait, je vais pas commencer à radoter...

Le coucou a dit…

Un jour, votre sœur se rendra compte de sa chance d'habiter un château avec des fantômes. Pour la détendre, vous devriez lui apprendre à poser des collets à revenants dans les escaliers, la nuit…

Nefisa a dit…

Le coucou : Dans l'escalier on a un chandelier qui bouge tout seul, c'est très amusant à regarder.