Vous allez rire, je n'arrive absolument pas à m'habituer à mon bureau.
Écrire assise, c'est la pire des tortures. Être assise est une torture. C'est une règle générale. Mais ça empire si je sais que je suis assise pour faire quelque chose que je pourrais faire debout ou allongée.
Pourtant c'est mon bureau depuis que je suis toute petite. Enfin, depuis que j'ai une taille acceptable. J'y ai gribouillé mes premiers poèmes laids (voir deux billets plus bas), et mes premières fictions avec forcément dedans un type s'appelant David, sinon, ça n'allait pas J'ai même fait mes devoirs dessus, à l'occasion, quand je ne les faisait pas à 5 heures du matin, en vitesse dans mon lit avant d'aller prendre mon petit déjeuner (ou quand il fallait tracer des droites parallèles, des tangentes et des machins avec des traits dedans, même avec une règle, faire ça sur un oreiller c'est pas pratique).
Mais cette fois, j'ai beau mettre des oreillers dans les tiroirs, encoussiner la chaise, mettre les jambes sur le plateau. Ca ne passe pas. Et je n'ai vraiment pas envie de mettre mon débrinateur ailleurs. Pas dans la chambre, marre d'avoir l'ordinateur dans la chambre. Pas sur la table de salon, pas sur le piano, qu'est ce que ça foutrait sur le piano un PC? Et pas sur la table de la salle à manger non plus.
Je reprends donc la bonne habitude de tout écrire à la main avant de recopier là où il faut, blog ou traitement de texte.
Mais là encore ça risque de prendre du temps.
Avant, il n'y avait pas d'ordi. La question ne se posait donc pas.
Ensuite, j'écrivais en cours.
Ensuite, j'écrivais dans le train.
Ensuite j'écrivais plus, c'était la Fin du Monde.
Ensuite, j'écrivais la nuit, au travail sur les tickets de caisse (et je n'en ai d'ailleurs retrouvé aucun dans mes cartons, étrange, il me semblait en avoir conservé un certain nombre)
Ensuite je n'écrivais à nouveau plus, c'était une autre Fin du Monde.
Ensuite j'ai pris l'habitude d'écrire directement là où il fallait.
Ensuite, en Grèce, y'a pas de papier.
Si j'ai toujours, à l'occasion rédigé des bouts de trucs, des idées des paragraphes, dans mes carnets, un texte entier et manuscrit est devenu une denrée rare.
Et une habitude est plus facile à perdre qu'à reprendre.
Mais allez savoir pourquoi, ici, je trouve bien plus agréable de m'allonger sur le sofa et de fixer le piano en mordillant mon stylo.
Il faut juste qu'ensuite, mon esprit accepte la position, le stylo et se mette en marche.
J'y retourne d'ailleurs, j'ai des trucs à finir.
2 commentaires:
Ah, vous connaissez le problème aussi...
Ce doit être un truc féminin: ma femme aussi écrit partout, sauf assise à un bureau. Au lit, dehors, ou sur le canapé du salon —mais toujours sur des cahiers, elle est réfractaire à l'ordinateur. Moi, j'aime bien le bureau, pour avoir un grand écran, sinon, un portable sur les genoux…
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