mardi 20 octobre 2009

.La Chambre Rouge.

Je n'ai pas de vis-à-vis.
Deux fenêtres aveugles me font face. Placardées chacune d'un "avis d'urbanisme" illisible, racorni.
A gauche, il y a la fenêtre aux rideaux cramoisis.  Avec sa petite lanterne rouge, au coin.

Ce matin j'étais assise sur la mienne. Ma fenêtre. J'avais ma lanterne rouge moi aussi.
Le bout incandescent de ma cigarette.
Un type sur le bitume mouillé, quelques mètres plus bas, a crié ton prénom que je n'ai pas retenu et tu as ouvert les rideaux. Puis entrouvert la fenêtre.
Drapée dans le velours de tes persiennes comme d'un sari sanglant, tu m'as jeté un regard tu as souri. Tu m'as souri ?
Le type en bas t'a parlé.

Tu étais nue, brune et ta peau était mate et blanche.
Tu étais belle.
Je crois.

Tu as arraché, d'un grand éclat de rire un  morceau conséquent de mon désir.
Alors j'ai détourné la tête pendant que mon ventre se consumait.
J'ai la vue basse.
Tu as fermé ta fenêtre.Les contours troubles de ta bouche sombre resteront un fantasme.
J'ai éteint ma cigarette et j'ai tendu les lèvres pour pouvoir effleurer le souvenir de la naissance de tes seins, adornés de sanguine.

0 Commentaires:

 
Le Mange-rêves - by Templates para novo blogger