jeudi 27 août 2009

Retourner à l'école / Back to school

J'ai rêvé de mon lycée.

De mes potes, de leurs dread-locks à la bière et au miel. Du poteau au coin du mur, dont on avait peint le sommet en rouge. On avait écrit nos surnoms au blanco dessus. On était tout le temps en dessous.
J'ai rêvé de mes jeans déchirés aux deux fesses, de quand je pesais 52 kilos dont deux kilos de tresses marine et de mes pattes d'eph ramenés des US. De nous assis sous le préau, de nos mégots dans l'éternelle flaque d'eau, celle où des fois on trouvait même un couple de colverts. De Charles écrivant au gros marqueur noir A.D.I.D.A.S ( All Day I Dream About Sex) sur la cuisse de mes jeans, et Marshall Amplification sur ma trousse de cuir couleur bordeaux.
J'ai rêvé de Diego et de ses cheveux qui se touchaient pas, de Yon qu'était si petite que ses jambes étaient même pas accrochées à ses pieds. J'ai rêvé des 6 t-shirts de Jibé et des concerts de Goo, avec Bart qui me faisait pleurer quand il chantait tellement il était maigre et beau avec ses cheveux tout blonds trop courts et son drôle de rictus sur ses lèvres abimées.

J'ai rêvé des bangs, de celui qu'on appelait Bob, qui tirait trop mal parce qu'on c'était servi d'un aquarium rond et faut du souffle pour le vider en une taffe. Du prof de physique qui gueulait, mais pas trop, quand des tubes à essai disparaissaient des salles de TP.
J'ai rêvé d'Alexa, de ses yeux trop maquillés et de ses jupes trop courtes que je lui enviais. De quand on attendait les Arts-plastique pour pouvoir partager notre shit et que moi je guettais les Théâtre, pour voir Marion sortir avec son visage de porcelaine et sa dégaine de Juliette Gréco et lui demander si j'allais à son cours de théâtre avec elle le jeudi soir. J'adorais lui faire faire ses italiennes dans les coulisses, son lit trop confortable quand je dormais chez elle, dans sa chambre pleine de meubles et de lapins, sa façon de s'endormir au milieu d'une phrase et ses CDs de Divine Comedy qui tournaient le matin quand elle se poudrait.
Et je guettais Neige et Prune aussi, leurs visages pâles et olive, leur mètre 80 dans des manteaux cintrés, leur longs cheveux corbeau et leurs airs de putes vierges. Je les aimais, mais jamais, jamais, j'aurais eu envie de leur parler. Je voulais juste qu'elle soient là et qu'elle marchent, parce que c'était beau.

J'ai rêvé de tout ça, parce que Samedi je vais voir Deftones. Et je m'en fous s'ils sont nuls sur scène, s'ils ont vieilli, si Chino a grossi et si leur néo-métal ressemble à de la soupe commerciale depuis leur troisième album. Ils jouent dans la ville où je suis née. C'est comme un rêve. On me l'aurait dit y'a dix ans, Deftones, chez nous, j'aurais ri à en étouffer.

Et je me demande combien d'entre nous seront là. Et si on se regardera, Charles et moi (si il est là) et qu'on se souviendra des heures de trou dans nos emplois du temps passés chez lui à fumer des joints en jouant à Tekken, ou à jouer Deftones sur sa guitare vert pomme dessinée par Kurt Cobain.
Je me demande si Hoer sera là et si on va juste se regarder et foncer dans le tas quand ils joueront My own summer (Shove it) et si mes samedis soirs dans les bars vont ressurgir en vrai, pas comme sur du papier glacé à qui je laisse prendre la poussière dans un tiroir de mon bureau. Je me demande si j'aurais à nouveau 16 ans, et que pendant que nos cheveux humides s'emmêleront sur nos épaules, nos bras se toucheront avec tous ceux des autres. Peut -être qu'on ne fera plus qu'un avec notre adolescence et les barrières au premier rang et puis que je sortirais du pogo avec une épaule démise, un bleu à la mâchoire, la culotte toute mouillée et plus euphorique qu'après une nuit avec mon meilleur amant.
Ce serait bien. 

I am often astonished at how a single song, even its mere first bar, can bring a full universe back from the cellars of your mind. Not a single event, such as "Hey darling we met on this song ! ", but the whole world as it was before, faces, voices, smells, the touch of a wall and how sex felt back then. How easily I can sink back in my highschool years, only by listening a band that we liked back then, that, is just wonderful. 

Time-travelling on a bass line, that's music for you.

3 commentaires:

Suzanne a dit…

Joli texte...

Nefisa a dit…

Merci.

Audine a dit…

En effet, tout plein d'images qui rendent nostalgique, même (et surtout parce que), si on n'a pas vécu pareil.