jeudi 3 septembre 2009

L'entonnoir

Mon aimé,
 
Je vrombissais dans l’air étouffant.
Non, c’était les mouches.
J’aime les compter, celles qui se posent sur mes avant-bras. Et je réfléchissais à ce que je devais faire de moi.

J’aimerais me ranger, me glisser dans une bouteille. Je suis huileux. Si je fonds assez, je coulerais sans problème.

Une bouteille, un bouchon de liège, et un entonnoir.

Je me mettrais à la cave et j’attendrais de mûrir, vieillir, parfaire mes saveurs, trouver un caractère, être bien structuré.
Et enfin, enfin, dans quelques années, je serais prêt à tenir en bouche.
Un jour voilà, je tiendrai en bouche.
Les gens auront des mots pour moi.

Un bruissement derrière m’a fait frémir.
Les mouches, lourdes d’affolement se sont éparpillées dans l’air qui s’évaporait.

J’ai coulé de terreur entre les brins d’herbe.

Une autre fois peut-être.

4 commentaires:

abs a dit…

(j'aime tant ;)

Le coucou a dit…

J'y suis, et je crains de ne pas tenir, hélas. Le bouchon était poreux.

Nefisa a dit…

Abs : Copieuse. :)

Le Coucou :Vous bouchonnez ?

Le coucou a dit…

Voilà, ça doit être ça! Je bouchonne.