vendredi 25 septembre 2009

La mort dans l'âme, les doigts dans le nez.


Je suis parfaitement éveillée.

Il est 23h30.

C'est assez désespérant.

En me traînant jusqu'à mon lit il y a deux heures de cela, j'espérais ne pas quitter la cotonneuse torpeur entretenue à grand coups de tisane aux herbes et de doliprane toute la journée.

Que nenni, un violent état de lucidité parfaite est venu me frapper les tempes de plein fouet. Me forçant à me relever et à faire quelque chose, n'importe quoi euh, écrire tiens, pour changer...

Je devrais être heureuse, remarquez, ça signifie la fin de la gueule de bois somme toute disproportionnée en comparaison de la quantité d'alcool ingurgitée hier (oui oui, commencer par de la bière enchaîner sur un whisky fumé et terminer au vin de sureau c'était peut-être pas ce qu'il y avait de plus malin à faire, mais quand il faut, il faut, y'a pas à ergoter)

Cette même gueule de bois qui m'a tirée du lit avant 8 heures ce matin avec force de tiraillements d'estomac et de gongs tibétains résonnant dans l'oreille interne pour me traîner avec une célérité toute relative jusqu'à mes toilettes où j'ai joyeusement dégobillé. (je vous décris où vous vous faites une petite idée vous-même?  )
Ce qui ne m'était pas arrivé , ou peut être une fois, je sais plus, depuis mon départ de Grèce.(Vomir, pas la cuite, c'est au moins la troisième)

Désincarcérant ma tête de la cuvette des chiottes, étonnamment, sans requérir l'assistance des petites grues dont les ouvriers se servent actuellement pour démolir le toit du bâtiment faisant face du Taudis, je me suis traînée jusqu'au sofa dont je n'ai bougé mes fesses que pour prendre un bain (hygiénique certes, mais pas curatif)  manger un peu (exercice périlleux auquel j'ai assez vite renoncé) et aller faire pipi (je suis une fille, ça m'arrive plein de fois dans la journée). Mon mari s'occupant de l'intendance, de la confection des tisanes et s'abstenant avec délicatesse de m'interroger sur l'origine de mon état déliquescent.

Il sait  très bien que même en le lui expliquant patiemment et en anglais, langue que nous maîtrisons tous les deux, il n'aurait pas compris ce qui m'avait poussé hier à me démonter joyeusement la tête. Le gouffre culturel, la différence d'âge et sûrement une éducation différente font que des fois, j'ai l'impression de parler en Klingon à un Islandais élevé en Papouasie, alors que j'explique quelque chose qui coule de source pour moi. De la même manière qu'il lui paraît parfaitement acceptable de rajouter de la mayonnaise et des tomates crues coupées en quartier à une blanquette de veau. Crime culinaire qui à mes yeux, mérite au bas mot trois éternités au purgatoire, ou à défaut, la lecture de l'intégrale de Zola traduite en bas-flamand par un bot de babelfish translation.
Le tout étant de parvenir à hausser les épaules devant l'effroyable bizarrerie de l'autre et de parler d'autre chose.

Le reste du temps, j'ai choisi une occupation ne requérant pas trop de mouvements brusques :  j'ai traîné sur le web, cette fois pas au hasard, on ne m'y reprendra plus, mais en utilisant pour référence bloguesque la blogroll de mon oncle. Bon évidemment faut faire du tri, mais en cherchant bien, entre les liens qui vous mènent directement sur la secte jainiste des adorateurs communistes de Mein Kampf (les blogs politiques, je fais pas de distinction), et les blogs de gens qui utilisent plus de cinq mots de trois syllabes dans une même phrase, on peut tomber sur le blog de Manutara.

Un délice pour mes pensées qui finalement ne demandaient qu'à s'échapper à des milliers de kilomètres, au moins pour la journée.

Je voulais dire quoi au début moi ?

Ah oui, je suis parfaitement éveillée, il est désormais minuit et je sais que je vais désormais devoir passer la nuit à regarder les rideaux, dans le noir d'abord, puis dans une pénombre de mauvaise augure et enfin dans une clarté toute aubienne, avant de sombrer dans un sommeil agité dont je serais tirée trois heures plus tard par la vibration répétitive du téléphone portable du voisin du dessus.

Bon voyons le côté positif de la chose, je n'ai pas encore lu TOUS les billets du blog de Manutara.

Image : Joel-Peter Witkin

2 Commentaires:

Didier Goux a dit…

Ah, oui, Manutara, c'est du grand !

Ça va mieux, ta tête ?

Nefisa a dit…

Oui, et j'ai tout lu, ça y est, j'ai plus qu'à attendre la suite.
Et la tête et l'estomac ont effectivement cessé de me faire des misères :)

 
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