vendredi 18 septembre 2009

Regarder ailleurs

  • Un morceau de  Les Enfant Tanner de Robert Walser.

«  J’ai toujours eu l’habitude, dit Hedwig à Simon plus tard dans la journée, de te traiter comme un inférieur. Peut-être y en a-t-il d’autres qui font la même chose avec toi. Tu ne donnes pas une grande impression d’intelligence, plutôt d’amour, et tu sais en quelle valeur on tient généralement ce sentiment. Je ne crois pas que tu connaisses jamais le succès dans ce que tu entreprendras parmi les hommes, mais tu ne t’en soucies pas le moins du monde, ça ne te ressemblerait pas en tout cas. Seuls ceux qui te connaissent te sauront capable de profondeur et d’audace dans tes pensées, mais pas les autres. C’est le point capital et la raison pour laquelle tu n’auras vraisemblablement aucun succès dans la vie : il faudra d’abord qu’on te connaisse avant de te croire et cela prend du temps. (la suite sur le tumblr de MatB)

  • Un recueil de nouvelles fantastiques nommé histoire de doubles, avec une prédilection pour W. S. de L. P. Hartley ou un auteur voit non sans effroi un de ses personnages prendre vie.

"Je me rapproche, annonçait la carte, me voici maintenant arrivé à Coventry. Avez-vous jamais été envoyé à Coventry ?* Moi oui, en fait c'est vous qui m'y avez envoyé. Ce n'est pas une expérience agréable, je peux vous le dire.  Peut-être arriverons-nous enfin à mettre la main l'un sur l'autre. Je vous avais recommandé de mettre la mai sur vos personnages, vous vous souvenez ? Vous ais-je donné de nouvelles idées ? Dans l'affirmative, vous devez me remercier, car c'est, j'en suis sûr, le genre d'idée que réclament les romanciers. J'ai relu vos romans, en y vivant, pourrais-je dire. Je vous serre la main. Comme toujours"

*To be send to Coventry. Formule anglaise signifiant "être ostracisé" Coventry ayant longtemps hébergé la prison la plus vaste du pays.


  • Pour les oreilles et les yeux. (parfaitement regardable et audible pour toute personne aimant le rock et la pop, les autres épargnez-vous)

Fuck Forever des Babyshambles ne serait-ce que pour les 30 premières et 10 dernières secondes du clip.
Mister Brightside, je la connaissais par cœur sans avoir jamais vu le clip. 
Oxford Comma de Vampire Weekends, sans savoir vraiment si c'est ma préféré.
Et Paolo Nutini mais là c'est comment dire... pure lust... Ca devrait être interdit une bouche pareille.




Et pour finir, je viens de pêcher sur le dessus de ma cheminée un volume racorni, relié de cuir rouge intitulé "La bouillie de la comtesse Berthe" et dont je serais bien en peine de vous dire d'où il vient. C'est signé Alexandre Dumas, je ne sais donc pas non plus qui l'a écrit, les nègres à cette époque là ne tenant pas de blogs. Et bizarrement son odeur de vieux papier me rappelle la sacro-sainte Heure de l'Histoire de quand j'étais petite. Celle où nos pauvres parents se relayaient à notre chevet pour nous lire des Pomme d'Api ou rabâcher pour la 117e fois les contes des Cataplasmes de Vercors et enfin parvenir à nous faire sombrer dans un semi coma avec les contes de la Bécasse (Maupassant, bande d'ignares).

Sur ce , je vais me faire un thé, voler les cookies de mon mari, me rouler en boule sur le canapé et me plonger dans ce vieux bout de papier.

3 commentaires:

Didier Goux a dit…

Excellente lecture, ma nièce ! Je parle de Walser, je ne connais pas l'autre.

Cl'm a dit…

Dans Club Dumas, Perez Reverte donne la liste des oeuvres de Dumas avec leur année de parution ainsi que celles de ses nègres. Il y précisent leurs dates de collaboration avec le maître.

Vous devriez donc pouvoir répondre à votre question à la lecture de cet excellent ouvrage si elle vous taraude à ce point.

Nefisa a dit…

Mon oncle : Je l'ai pas encore lu, mais l'extrait m'a poussé à l'inscrire sur ma liste de bouquins à lire.

Cl'm, et un de plus sur ladite liste. Merci. Je sens que l'acquisition d'une carte de bibliothèque va s'imposer sous peu...