jeudi 15 octobre 2009

.Perfume Of The Past.

C'est ton parfum sur un autre qui m'a fait penser à toi.
Tiens, je t'appelle comment toi ?
Albion, c'est un prénom de chez toi. Et c'est là qu'on s'est connu. Sur la perfide.

C'est ton parfum sur un autre, Albion, qui m'a fait penser à toi.
A cette nuit là, là première où assez près de toi, j'ai pu le sentir.
On avait un peu bu. Beaucoup même, ma bouteille de cognac y était passée.
J'ai pas regretté tu sais.

On a passé 8 heures ensemble à parler.

Tu étais assis sur la chaise du bureau, un gros fauteuil en cuir avec des accoudoirs en bois vernis. Je l'avais trouvé dans un skip près de la salle des conférences de la fac. Ils jettent n'importe quoi ces Anglais vraiment.
Tu t'étais moqué de moi quand je t'ai raconté que j'avais traversé la ville avec ce monstre sur ma tête. Encadrée dans les accoudoirs. Et des bois angulaires.

Tu as ri longtemps, tu n'avais rien mangé et tu étais un peu soul.
Je me souviens de la marque de la bière qu'on avait bu avant, au bar. Tu buvais de la Nastro Azzuro. Je souris à chaque fois que j'en vois sur une carte. Je souris au nom d'une bière à cause de toi.

On était allé sur la grande carte au sol, devant le pont moche. Et on sautait. Ta capitale, ma capitale. C'était trop loin pour un seul pas. Tu avais un bras sur mon épaule, un pied à Prague, l'autre à Moscou, j'étais à Berlin et Budapest, ou un truc comme ça.  Et ma main s'accrochait à une poche de ton blouson en cuir.
Et on riait.

C'est après, quand le soleil blafard à pointé son nez au dessus des bâtiments moches où on bossait, que j'ai senti ton parfum, de près vraiment, très près.
On s'est mis à ma fenêtre, on a regardé l'aurore, la minuscule aurore, on a essayé de compter les clochers mais on était trop souls, trop fatigués. Trop occupés.

Tu t'es mis derrière moi. J'ai senti ton torse contre mon épaule, ton souffle dans mes cheveux. Et ton parfum.

Voilà, c'était là. J'ai trouvé qu'il t'allait bien.  Ma main sur le rebord de la fenêtre et la tienne qui se posait dessus, elle la couvrait entièrement. Tu es si grand Albion.

J'ai embrassé ton poignet.

On est resté là un peu. En silence. On ne riait plus. C'était juste infiniment doux. Et tu as dit que tu rentrais chez toi. Tu m'a embrassée. Sur la joue.
Je t'ai regardé partir par ma fenêtre, heureuse. Sachant que la prochaine fois, la prochaine fois...

Et je me suis allongée pour dormir enfin, sans penser que des mois plus tard, en me glissant hors de ton lit pour partir avant le retour de ta régulière, je volerais, dans ton sommeil, un peu de ton parfum. Celui de la bouteille posée sur le rebord de ta fenêtre.

Et je me suis allongée pour dormir enfin, sans penser que des années plus tard, en sentant ce parfum sur un autre homme que toi, je penserais encore à cette nuit-là.

Tu es un beau souvenir Albion.
Au moins pour cette nuit-là.

4 commentaires:

Didier Goux a dit…

Dis-moi, la grande, quand tu ponds un billet VRAIMENT lisible, ça te casserai la foufoune de lui mettre un titre en français ?

(Pétasse de nièce...)

Nefisa a dit…

Tiens, un compliment. Je rougis.
Je suis bilingue et je t'emmerde mon cher oncle.
Alors "perfume of the past" ça veut dire "parfum du passé" Voilà. Heureux?

Stéphane a dit…

J'aime bien "ma main s'accrochait à une poche de ton blouson en cuir" ; le commentaire de tonton; "on a essayé de compter les clochers mais on était trop souls"

Nefisa a dit…

Et voilà à chaque fois qu'un Stéphane passe c'est la même chose, je me crois victime d'un dédoublement de la personnalité qui me pousse à m'autocommenter.
Mmmh soit, Stéphane qui n'est pas moi. Pas sûre que le commentaire de tonton bien que fort marrant me ravisse totalement par contre. On dirait qu'il est jaloux, il me traite de pétasse. (ou alors il était soul à ne plus pouvoir compter les clochers lui aussi. )