"Somedays aren't yours at all,
They come and go
As if they're someone else's days
They come and leave you behind someone else's face
And it's harsher than yours
And colder than yours"
They come and go
As if they're someone else's days
They come and leave you behind someone else's face
And it's harsher than yours
And colder than yours"
Regina Spektor
Il pose son verre.
Le bruit un peu sec du cristal qui claque contre la marquetterie a les accents implacables d'une lame de guillotine.
- "J'ai fini par me décider."
L'annonce est sans appel, elle aussi.
Antioche baisse la tête, comme pour accuser le coup à venir. Comme si ces deux éclats sonores et tranchants n'étaient que la répétition de l'exécution, histoire de parfaire le son du couperet final. Celui qui, après un bref silence, serait suivi du bruit du sang.
Elle sent le regard charbonneux de Mordka sur son cou. Les iris chauffent sa jugulaire, et elle, la protège inconsciemment, remontant d'un pouce maladroit et d'un index diaphane l'encolure de sa robe. En vain.
- "Je pars." conclut-il. Et pour illustrer son propos, il se lève. D'habitude, en se redressant, il prend appui sur le genoux d'Antioche, et sa main chaude et nerveuse s'attarde un instant sur la peau souvent nue. Pas cette fois.
Il ne l'embrasse pas non plus.
Il s'en va. C'est tout.
Antioche reste seule avec l'empreinte des lèvres de son amant sur un verre.
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- "Tu ne viendras pas ce soir ? "
Lull frôle d’un doigt léger le velours de la veste qu’il ne portera pas et ne répond que d’un sourire contrit.
Il arpente la pièce comme s’il la voyait pour la première fois, se penche sur les détails d’un vase, prend un bibelot, le soulève, en observe les reflet à la lumière, une moue rêveuse vient allonger ses lèvres. Il ouvre la bouche pour raconter… rien.
Elle le coupe sèchement avant même qu'il ait le temps de détourner la conversation.
- "Je sais que tu ne le fais pas exprès mais tu sembles y prendre un tel plaisir. Ca m’effraie."
Il serre les lèvres, elle voit ses yeux qui se mettent à briller, une lueur de reproche, si commune chez lui quand il la regarde qu'elle se met en colère. Elle voudrait le tuer, dans l'instant, pour oser lui assener une fois de plus ce regard culpabilisant. Malheureusement elle sait parfaitement qu'elle n'esquissera pas même un geste, que pas un cil ne bougera. Et lui sûrement ne s'en apercevra même pas. Tout occupé à sa propre détresse.
Le laissant à ses miroirs imaginaires, rêver à ses reflets, elle sort du salon et s'arrête devant une glace, une vraie, qui lui renvoie son visage terne aux yeux qui ne peuvent s'empêcher de rougir, une glace qui lui montre toute sa médiocrité sans le confortable mensonge des fards de l'imaginaire.
Elle reste là silencieuse, à regarder sans y penser vraiment les larmes qui germent sans couler à l'orée de ses cils, et ce n'est que lorsqu'il l'appelle, d'un ton qu'elle ne lui connaît pas, pas lorsqu'il dit son prénom d'habitude, qu'elle se rend enfin compte qu'il l'a suivie dans l'entrée.
-"C'est comme ça que tu prononces leurs prénoms ? " Demande-t-elle sans quitter son reflet.
-"Je ne te comprends pas."
- "C'est toujours avec cette douceur là que tu dis le prénom des gens que tu aimes ? Pas comme tu martèles le mien avec une pointe d'agacement pour parfumer chaque syllabe."
- "Aza...Tu dérailles..."
- "Voilà, comme ça, en traînant le second a dans la boue de ton mépris. Je me disais bien que ça ne pouvait pas être vrai. L'acoustique de cette entrée est désastreuse. J'y vais. Passe une bonne soirée."
Elle va poser un baiser sur sa joue, il tend à peine le cou pour accueillir les lèvres maladroites et furieuses sur la porcelaine de sa peau et elle s'en va sans se retourner, elle ne veut pas voir ses yeux.
6 commentaires:
« conclue-t-il » : du verbe concluer, donc...
(Mais qui est-ce qui m'a collé une telle famille d'ignares, bordel ?)
Dites Didier, qui est-ce qui régulièrement vous adresse quelques mots - en privé, je suis courtois... - pour vous signaler de grosses bourdes orthographiques et grammaticales ? Hein ?
Borhen pas Bohren, pardon.
Tonton : C'est tout ce que tu trouves à dire ?
M'sieur Bohren : C'est pas grave j'ai l'habitude, même si je préférerais, lorsqu'il est d'une humeur d'instituteur, qu'il s'attarde sur mes maladresses stylistiques et mes honteux anglicismes plutôt que de s'acharner à remplacer le correcteur d'orthographe que je m'obstine à ne plus utiliser.
Christophe : c'est très différent, pour deux raisons :
1) moi, ce sont juste des fautes de frappe et, comme je suis le plus vieux, j'emmerde tout le monde ;
2) Nefisa est ma nièce, je peux donc l'écrabouiller quand j'en ai envie et sans que des étrangers dans votre genre ne s'en mêle.
Bordel.
Là, mon retard est trop lourd pour ce soir: on dirait qu'il remonte à septembre… Je reviendrai pour That's the story.
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