J'ai posé un doigt, puis deux, sur l'admirable imperfection de ta peau. J'osais à peine frôler tant j'avais l'impression que mes empreintes digitales n'avaient pas le pédigrée suffisant. Aucune alarme ne s'est mise à rugir d'entre tes lèvres gercées, aucun gaz moutarde ne s'est exhalé de tes pores malmenés par une barbe naissante.
Tu as souri et j'ai fondu.
C'était si bon de sentir mon corps réduit à rien se glisser à tes pieds, comme un petit Venise entre les rainures des pavés.
lundi 27 juillet 2009
dimanche 12 juillet 2009
Fort Benoîtement
Dans :
Logorrhée
Hier c'était la Saint mon Père.
Pour l'occasion, je me suis fendue d'un coup de fil. La conversation fut fort intéressante, j'y appris notamment qu'aujourd'hui il ira à la plage après avoir monté sa bibliothèque et que franchement si je pouvais arrêter de pourrir mon blog avec des extraits pseudo-musicaux de chanteurs russes aux yeux bleus comme l'eau de la scipine, ce serait classe, histoire qu'on sache ce qui se passe Kenosha, haha... Kenosha, ahah... Kenosha, ahahhha (mon père s'amuse d'un rien).
Comme j'ai zappé la fête des Pères (et la fête des Mères, et la fête des Grand-Mères, je suis une progéniture indigne), je m'exécute.
Voici par le menu l'emploi du temps de mon samedi :
Hier, (samedi donc) je me suis réveillée au doux son de l'alarme de mon portable (ça fait tadadadadam tadadadam tadadadam mais ta gueuuuule ta dada... clock), Il était 7h30. J'ai traînassé au lit 20 minutes avant de m'extraire de sous la couette et des bras de mon mari pour aller mettre la cafetière en route, me laver les mains, aller faire pipi, me laver les mains (ben oui), beurrer et confiturer mes tartines de pain de seigle, servir mon café (un sucre s'il vous plaît), prendre la planche à pain, ma tasse et aller m'allonger à mon bureau. Oui m'allonger, puisque je ne peux toujours pas m'asseoir, j'ai choisi pour le moment d'installer un matelas à côté du bureau, juste sous la fenêtre. Là, j'ai glandouillé une bonne heure sur internet en mâchouillant mes tartines et en buvant mon café.
Ensuite je suis allée prendre une douche. Je vous explique pas dans le détail, je suppose que vous savez tous comment on prend une douche. Je me suis habillée. L'habillement consistait en une culotte, un soutien-gorge, une paire de collants noirs, un t-shirt noir, une jupe en jean et mes gros godillots blanc et gris, et si on prend le parfum en compte, j'avais du Green Jade de Bulgari.
Une fois habillée, j'ai préparé un sac avec quelque fringues, et j'ai entrepris de balayer le sol. C'est à peu près à ce moment là que Georges s'est éveillé et m'a dit qu'il s'en occuperait (de balayer, s'entend). J'ai donc abandonné toute velléité de ménage et glandouillé tranquillement en attendant 10h30. A cette heure précise après une séance d'adieux déchirants, j'ai laissé Georges au Taudis pour me diriger vers la gare de Kenosha.
De là je me suis rendue à Couvin. Mon trajet en train fut émaillé de hurlements, cris, rires et chants niais, brought to you by une bande de scouts en folie. C'est mignons les scouts, surtout les grands qui gardent les petits. J'aurais eu 5 ans de moins, j'en aurais fait mon 4 heures.
A Couvin, ma mère et Garte (ma plus jeune sœur, que l'on appelle aussi parfois Roxane, mais qu'il ne faut donc pas confondre avec Roxane, la chatte du Château) m'ont accueilli sous une bruine de saison, avec force de banderoles et hurlements de joie et nous nous sommes rentrées. Une fois qu'on fut rendues (j'arrive dans les Ardennes, j'adopte, le temps de quelques phrases l'idiome local), j'avions à peine descendu d'la bagnole que j'me mettais à r'beuquer la moye de chats...(bon vous en avez assez ? ) Je disais donc que j'étais à peine descendue de la voiture que j'avisais la colonie de chatons qui se répandait joyeusement sur le paillasson.
Ces mêmes chatons qui il y a 6 semaines avaient eu le mauvais goût de naître sur mon tas de linge propre avec en addition les deux chatons de Cahors plus vieux d'une paire de semaines.
Imaginez ma joie béate à la vue de ce si charmant spectacle "oh un chat, oh un chat et ooooh un chat et un chat et euhh, ah tiens, salut Philippe, oooooh un chat ! et un roooo un ! chat ! "
Une fois remise, un chat sur chaque épaule, nous nous mîmes à table et mangeâmes, j'en profitais pour faire la connaissance de deux personnes qui se trouvaient là, et que je n'avais pas remarqué (à cause des chats). C'était des pâtes et du rôti de porc sauce forestière au menu.
Ensuite, il était trois heure de l'après midi et des poussières, ma mère nous a déposées Roxane et moi en ville. D'abord ma soeur est allée acheter Siné Hebdo, ensuite j'ai vu mon ancien meilleur ami du lycée, il était avec sa femme et son gosse, j'ai juste fait la bise et je suis partie, j'avais pas super envie de m'extasier sur sa progéniture en train de faire un tour de caroussel. (même si la progéniture en question est fort mignonne) Bon, non, en fait y'a juste des gens à qui après un certain temps on a plus rien à dire et un simple bonjour suffit. C'est triste mais c'est ainsi. Le temps fait son œuvre.
On a fait une paire de magasins, croisé des gens à qui on a dit bonjour, on est allée voir ma cousine qui travaille dans un magasin type Nouvelles Galeries au rayon chaussures, on l'a trouvé un stiletto dans chaque main, la bave aux lèvres, en train de courir après les clientes, en gueulant, "Raaah mais elles n'éneeeeervent". On lui a montré des exercices de respirations, mais elle a dit qu'à la place elle irait plutôt prendre son goûter.
Alors on a fait pareil et on est allé boire un thé à l'entre -temps, moi j'ai pris un moelleux au chocolat avec un thé du hammam et ma sœur à pris un jus de litchi avec un crumble aux pommes. (ou un flan ? j'sais pu.) C'était bien bon, on est monté voir l'expo à l'étage et on a regardé les livres d'art (c'est pratique, tout est au même endroit) ensuite j'ai acheté du thé, et on est allé sur l'ile regarder le bronze du laboureur qui n'a plus ses bœufs parce qu'ils ont été fondus pendant la seconde guerre mondiale pour faire des boulets de canons. Ensuite on est allé chez ma grand-mère, où j'ai bu un schweppes et récupéré des confitures.
Il allait être 8 heures quand mon cousin qui habite au Luxembourg a téléphoné sur le portable de Roxane pour lui dire que oh, mais quel hasard, il était justement à Charleville-Mézières avec sa copine, ma tante bruxelloise et ma cousine du même patelin.
Mais c'est fantastique nous écriâmes nous de concert. Et comme ma mère était justement en route pour venir nous chercher nous nous sommes retrouvés place Ducale chez Yoyo histoire de se faire une réunion impromptue d'émigrés Bénéluxiens. Cela fait dans la joie, la bonne humeur et d'autre trucs un peu moins jouasse que je n'écrirais pas, parce ok je raconte tout mais mêlez vous de vos fesses quand même, nous nous sommes rentrées au château, ma mère ma sœur et moi.
Là, j'ai vérifié mes mails, téléphoné à mon mari, mangé et je suis allée me coucher. J'ai écouté de la musique et je me suis endormie la lumière allumée. A minuit, ma sœur est entrée dans la chambre et est venue se coucher de son côté du lit. Ce matin je me suis réveillé, Roxane prenait les trois quarts du pieu et j'étais quasi par terre.
Conclusion : Oriane, je préfère dormir avec toi, tu ronfles mais au moins tu ne bouges pas.
Alors padre ? Heureux ? Tu sais désormais tout de ma vie à Kenosha... ahah.
Pour l'occasion, je me suis fendue d'un coup de fil. La conversation fut fort intéressante, j'y appris notamment qu'aujourd'hui il ira à la plage après avoir monté sa bibliothèque et que franchement si je pouvais arrêter de pourrir mon blog avec des extraits pseudo-musicaux de chanteurs russes aux yeux bleus comme l'eau de la scipine, ce serait classe, histoire qu'on sache ce qui se passe Kenosha, haha... Kenosha, ahah... Kenosha, ahahhha (mon père s'amuse d'un rien).
Comme j'ai zappé la fête des Pères (et la fête des Mères, et la fête des Grand-Mères, je suis une progéniture indigne), je m'exécute.
Voici par le menu l'emploi du temps de mon samedi :
Hier, (samedi donc) je me suis réveillée au doux son de l'alarme de mon portable (ça fait tadadadadam tadadadam tadadadam mais ta gueuuuule ta dada... clock), Il était 7h30. J'ai traînassé au lit 20 minutes avant de m'extraire de sous la couette et des bras de mon mari pour aller mettre la cafetière en route, me laver les mains, aller faire pipi, me laver les mains (ben oui), beurrer et confiturer mes tartines de pain de seigle, servir mon café (un sucre s'il vous plaît), prendre la planche à pain, ma tasse et aller m'allonger à mon bureau. Oui m'allonger, puisque je ne peux toujours pas m'asseoir, j'ai choisi pour le moment d'installer un matelas à côté du bureau, juste sous la fenêtre. Là, j'ai glandouillé une bonne heure sur internet en mâchouillant mes tartines et en buvant mon café.
Ensuite je suis allée prendre une douche. Je vous explique pas dans le détail, je suppose que vous savez tous comment on prend une douche. Je me suis habillée. L'habillement consistait en une culotte, un soutien-gorge, une paire de collants noirs, un t-shirt noir, une jupe en jean et mes gros godillots blanc et gris, et si on prend le parfum en compte, j'avais du Green Jade de Bulgari.
Une fois habillée, j'ai préparé un sac avec quelque fringues, et j'ai entrepris de balayer le sol. C'est à peu près à ce moment là que Georges s'est éveillé et m'a dit qu'il s'en occuperait (de balayer, s'entend). J'ai donc abandonné toute velléité de ménage et glandouillé tranquillement en attendant 10h30. A cette heure précise après une séance d'adieux déchirants, j'ai laissé Georges au Taudis pour me diriger vers la gare de Kenosha.
De là je me suis rendue à Couvin. Mon trajet en train fut émaillé de hurlements, cris, rires et chants niais, brought to you by une bande de scouts en folie. C'est mignons les scouts, surtout les grands qui gardent les petits. J'aurais eu 5 ans de moins, j'en aurais fait mon 4 heures.
A Couvin, ma mère et Garte (ma plus jeune sœur, que l'on appelle aussi parfois Roxane, mais qu'il ne faut donc pas confondre avec Roxane, la chatte du Château) m'ont accueilli sous une bruine de saison, avec force de banderoles et hurlements de joie et nous nous sommes rentrées. Une fois qu'on fut rendues (j'arrive dans les Ardennes, j'adopte, le temps de quelques phrases l'idiome local), j'avions à peine descendu d'la bagnole que j'me mettais à r'beuquer la moye de chats...(bon vous en avez assez ? ) Je disais donc que j'étais à peine descendue de la voiture que j'avisais la colonie de chatons qui se répandait joyeusement sur le paillasson.
Ces mêmes chatons qui il y a 6 semaines avaient eu le mauvais goût de naître sur mon tas de linge propre avec en addition les deux chatons de Cahors plus vieux d'une paire de semaines.
Imaginez ma joie béate à la vue de ce si charmant spectacle "oh un chat, oh un chat et ooooh un chat et un chat et euhh, ah tiens, salut Philippe, oooooh un chat ! et un roooo un ! chat ! "
Une fois remise, un chat sur chaque épaule, nous nous mîmes à table et mangeâmes, j'en profitais pour faire la connaissance de deux personnes qui se trouvaient là, et que je n'avais pas remarqué (à cause des chats). C'était des pâtes et du rôti de porc sauce forestière au menu.
Ensuite, il était trois heure de l'après midi et des poussières, ma mère nous a déposées Roxane et moi en ville. D'abord ma soeur est allée acheter Siné Hebdo, ensuite j'ai vu mon ancien meilleur ami du lycée, il était avec sa femme et son gosse, j'ai juste fait la bise et je suis partie, j'avais pas super envie de m'extasier sur sa progéniture en train de faire un tour de caroussel. (même si la progéniture en question est fort mignonne) Bon, non, en fait y'a juste des gens à qui après un certain temps on a plus rien à dire et un simple bonjour suffit. C'est triste mais c'est ainsi. Le temps fait son œuvre.
On a fait une paire de magasins, croisé des gens à qui on a dit bonjour, on est allée voir ma cousine qui travaille dans un magasin type Nouvelles Galeries au rayon chaussures, on l'a trouvé un stiletto dans chaque main, la bave aux lèvres, en train de courir après les clientes, en gueulant, "Raaah mais elles n'éneeeeervent". On lui a montré des exercices de respirations, mais elle a dit qu'à la place elle irait plutôt prendre son goûter.
Alors on a fait pareil et on est allé boire un thé à l'entre -temps, moi j'ai pris un moelleux au chocolat avec un thé du hammam et ma sœur à pris un jus de litchi avec un crumble aux pommes. (ou un flan ? j'sais pu.) C'était bien bon, on est monté voir l'expo à l'étage et on a regardé les livres d'art (c'est pratique, tout est au même endroit) ensuite j'ai acheté du thé, et on est allé sur l'ile regarder le bronze du laboureur qui n'a plus ses bœufs parce qu'ils ont été fondus pendant la seconde guerre mondiale pour faire des boulets de canons. Ensuite on est allé chez ma grand-mère, où j'ai bu un schweppes et récupéré des confitures.
Il allait être 8 heures quand mon cousin qui habite au Luxembourg a téléphoné sur le portable de Roxane pour lui dire que oh, mais quel hasard, il était justement à Charleville-Mézières avec sa copine, ma tante bruxelloise et ma cousine du même patelin.
Mais c'est fantastique nous écriâmes nous de concert. Et comme ma mère était justement en route pour venir nous chercher nous nous sommes retrouvés place Ducale chez Yoyo histoire de se faire une réunion impromptue d'émigrés Bénéluxiens. Cela fait dans la joie, la bonne humeur et d'autre trucs un peu moins jouasse que je n'écrirais pas, parce ok je raconte tout mais mêlez vous de vos fesses quand même, nous nous sommes rentrées au château, ma mère ma sœur et moi.
Là, j'ai vérifié mes mails, téléphoné à mon mari, mangé et je suis allée me coucher. J'ai écouté de la musique et je me suis endormie la lumière allumée. A minuit, ma sœur est entrée dans la chambre et est venue se coucher de son côté du lit. Ce matin je me suis réveillé, Roxane prenait les trois quarts du pieu et j'étais quasi par terre.
Conclusion : Oriane, je préfère dormir avec toi, tu ronfles mais au moins tu ne bouges pas.
Alors padre ? Heureux ? Tu sais désormais tout de ma vie à Kenosha... ahah.
vendredi 10 juillet 2009
.Black Friday Rule.
Dans :
Pygmallions
- Tu es tout ce que j'ai toujours voulu être.
- Idiote.
- Tu n'as pas idée.
- C'est assez clair.
- Tu sais...
- Je ne veux pas le savoir. C'est affligeant ce besoin de tout dire.
- Mais si tu n'étais pas là...
- Je ne suis pas toujours là.
- Mais même de loin. C'est peut être toi l'idiot. Simplement... non, rien n'est simple. Mais si tu n'étais pas là ce serait quand même moins bien.
- En dépit de tout ? De nos cris ? De nos larmes ? Des coups qu'on se donne, et de ces jours de rien ?
- A cause de tout. Tu n'as aucune idée n'est-ce pas ? De tout ce que tu as pu changer pour moi.
- Tu crois que ça m'intéresse ?
- J'ai rien changé pour toi ?
- ...
- Ah si tu me l'as dit une fois. Tu m'as dit... Tu m'as dit que ta vie serait bien plus agréable si je n'avais pas eu le mauvais goût d'exister.
- ...
- Je t'ai cru, tu sais...
- Idiote.
- Tu n'as pas idée.
- C'est assez clair.
- Tu sais...
- Je ne veux pas le savoir. C'est affligeant ce besoin de tout dire.
- Mais si tu n'étais pas là...
- Je ne suis pas toujours là.
- Mais même de loin. C'est peut être toi l'idiot. Simplement... non, rien n'est simple. Mais si tu n'étais pas là ce serait quand même moins bien.
- En dépit de tout ? De nos cris ? De nos larmes ? Des coups qu'on se donne, et de ces jours de rien ?
- A cause de tout. Tu n'as aucune idée n'est-ce pas ? De tout ce que tu as pu changer pour moi.
- Tu crois que ça m'intéresse ?
- J'ai rien changé pour toi ?
- ...
- Ah si tu me l'as dit une fois. Tu m'as dit... Tu m'as dit que ta vie serait bien plus agréable si je n'avais pas eu le mauvais goût d'exister.
- ...
- Je t'ai cru, tu sais...
lundi 6 juillet 2009
.Sabotage.
Dans :
Cohendy
J'adore Henri Troyat.
Pourtant, ça avait super mal commencé lui et moi. J'avais treize ans quand le prof de français nous a fait lire Aliocha.
Je trouvais le nom tellement moche. Non c'est pas vrai, c'est juste que ça me rappelait le prénom de Chucker. Son second prénom. C'est complètement con comme association c'est vrai, mais j'avais treize ans. Et je trouvais ça nul comme prénom Aliocha, surtout pour ce mec là.
Je l'ai lu, bien jusqu'au bout. Fallait bien, je détestais mon prof et il me détestait tout autant. Alors je pouvais pas faire semblant, c'en aurait été fini de moi. Je me souviens l'avoir jeté contre le mur à la fin, de mon lit, juste entre les deux fenêtres de ma chambre de l'autre côté. Ça a creusé une grande ride sur la couverture souple.
Je trouvais ça nul de déchirer l'unique photo, l'unique souvenir qu'il avait de Thierry.
Merde, Chucker venait de mourir, et moi j'avais pas de photo de Chucker, j'avais juste des objets, des cons d'objets. J'avais treize ans, je croyais que c'était important les photos. Que tout le souvenir tenait dans une pellicule, pas dans le manche d'un couteau, pas dans la flamme d'un briquet.Je crois toujours que c'est important une photo. Mais moins. Les souvenirs sont ailleurs. Pas dans ce qu'il nous reste de ceux qu'on a aimé mais dans ce qu'on est prêt à faire pour eux. Mais à treize ans on ne le sait pas vraiment, on le subodore peut être, mais on s'accroche au tangible. C'est tangible un visage, un instant immortalisé sur papier. Et ce con d'Aliocha, lui il déchirait ça.
Et puis je ne comprenais pas le reste. Sa haine de son pays, sa honte d'être étranger. Son inconfort absurde. Ca résonnait pas.
Et ce style de gamin, moi qui bouffait du Zola et du Kafka à tous les repas à l'époque.
Troyat et moi, au début ça n'allait vraiment pas.
Et puis un jour j'ai pris Le Vivier. J'avais 15 ans. Ça m'a réconcilié avec Troyat. Je le comprenais mieux maintenant. Alors j'ai tout lu : la Tête sur les épaules, Faux jour, l'Araigne, Tant que la Terre Durera, La Lumière des Justes, le Satrape... Non, j'ai pas tout lu, il y en a trop. Mais j'en ai lu beaucoup.
J'ai juste relégué Aliocha dans un coin, vraiment, lui, je l'aimais pas.
Et puis j'en parlais avec Nii-sama. De Troyat, pas d'Aliocha, il l'a pas lu et c'est tant mieux.
Mais en rentrant, je l'ai vu dans mon tas de livres, ce salaud de bouquin avec sa couverture moche, le menton mou d'Aliocha, sa tête de Russe. Son bêret à la con. Alors je l'ai repris, et j'y ai passé ma soirée.
J'ai versé une larme à la fin. Juste une toute petite larme, pour chasser l'écho.
Ensuite j'ai fermé le livre et j'ai un peu lissé la couverture.
Pourtant, ça avait super mal commencé lui et moi. J'avais treize ans quand le prof de français nous a fait lire Aliocha.
Je trouvais le nom tellement moche. Non c'est pas vrai, c'est juste que ça me rappelait le prénom de Chucker. Son second prénom. C'est complètement con comme association c'est vrai, mais j'avais treize ans. Et je trouvais ça nul comme prénom Aliocha, surtout pour ce mec là.
Je l'ai lu, bien jusqu'au bout. Fallait bien, je détestais mon prof et il me détestait tout autant. Alors je pouvais pas faire semblant, c'en aurait été fini de moi. Je me souviens l'avoir jeté contre le mur à la fin, de mon lit, juste entre les deux fenêtres de ma chambre de l'autre côté. Ça a creusé une grande ride sur la couverture souple.
Je trouvais ça nul de déchirer l'unique photo, l'unique souvenir qu'il avait de Thierry.
Merde, Chucker venait de mourir, et moi j'avais pas de photo de Chucker, j'avais juste des objets, des cons d'objets. J'avais treize ans, je croyais que c'était important les photos. Que tout le souvenir tenait dans une pellicule, pas dans le manche d'un couteau, pas dans la flamme d'un briquet.Je crois toujours que c'est important une photo. Mais moins. Les souvenirs sont ailleurs. Pas dans ce qu'il nous reste de ceux qu'on a aimé mais dans ce qu'on est prêt à faire pour eux. Mais à treize ans on ne le sait pas vraiment, on le subodore peut être, mais on s'accroche au tangible. C'est tangible un visage, un instant immortalisé sur papier. Et ce con d'Aliocha, lui il déchirait ça.
Et puis je ne comprenais pas le reste. Sa haine de son pays, sa honte d'être étranger. Son inconfort absurde. Ca résonnait pas.
Et ce style de gamin, moi qui bouffait du Zola et du Kafka à tous les repas à l'époque.
Troyat et moi, au début ça n'allait vraiment pas.
Et puis un jour j'ai pris Le Vivier. J'avais 15 ans. Ça m'a réconcilié avec Troyat. Je le comprenais mieux maintenant. Alors j'ai tout lu : la Tête sur les épaules, Faux jour, l'Araigne, Tant que la Terre Durera, La Lumière des Justes, le Satrape... Non, j'ai pas tout lu, il y en a trop. Mais j'en ai lu beaucoup.
J'ai juste relégué Aliocha dans un coin, vraiment, lui, je l'aimais pas.
Et puis j'en parlais avec Nii-sama. De Troyat, pas d'Aliocha, il l'a pas lu et c'est tant mieux.
Mais en rentrant, je l'ai vu dans mon tas de livres, ce salaud de bouquin avec sa couverture moche, le menton mou d'Aliocha, sa tête de Russe. Son bêret à la con. Alors je l'ai repris, et j'y ai passé ma soirée.
J'ai versé une larme à la fin. Juste une toute petite larme, pour chasser l'écho.
Ensuite j'ai fermé le livre et j'ai un peu lissé la couverture.
jeudi 2 juillet 2009
Chacun sa poudre.
Dans :
Logorrhée
Je me suis longtemps demandée pourquoi je n'aimais qu'un seul chocolat en poudre.
Quand je dis un seul, j'insiste.
En vraie puriste, durant les trois ans où j'ai résidé en Angleterre, chaque voyage en France alourdissait ma valise de deux kilos de chocolat en poudre de cette marque particulière.
Maintenant je sais pourquoi.
Grâce à une vieille campagne de pub, j'ai compris. L'ami Ricoré (la pub avec des enfants blonds et un monsieur qui a un pull sur les épaules et tout le monde il est heureux oué oué, oh un poney ! ) , c'est pour les MST (mocassins serre-têtes) BCBG, alors que le chocolat poulain, c'est pour les psychopathes nyctalopes assoiffés de sang.
La question primordiale maintenant, c'est : Est-ce parce que l'on est un serial killer atteint de porphyrie à tendance vampirique que l'on boit du chocolat poulain, ou est-ce l'abus de chocolat poulain qui transforme doucement mais sûrement en monstre sanguinaire à tête de Pierrot syphilitique ?
Si la réponse est la seconde option, je vous recommande de vous éloigner de moi, j'en ai bu tous les matins et tous les goûters pendant un peu plus de 15 ans, ça va sûrement commencer d'ici peu à faire effet .
(à moins qu'une cure de Galler... )
Quand je dis un seul, j'insiste.
En vraie puriste, durant les trois ans où j'ai résidé en Angleterre, chaque voyage en France alourdissait ma valise de deux kilos de chocolat en poudre de cette marque particulière.
Maintenant je sais pourquoi.
Grâce à une vieille campagne de pub, j'ai compris. L'ami Ricoré (la pub avec des enfants blonds et un monsieur qui a un pull sur les épaules et tout le monde il est heureux oué oué, oh un poney ! ) , c'est pour les MST (mocassins serre-têtes) BCBG, alors que le chocolat poulain, c'est pour les psychopathes nyctalopes assoiffés de sang.
La question primordiale maintenant, c'est : Est-ce parce que l'on est un serial killer atteint de porphyrie à tendance vampirique que l'on boit du chocolat poulain, ou est-ce l'abus de chocolat poulain qui transforme doucement mais sûrement en monstre sanguinaire à tête de Pierrot syphilitique ?
Si la réponse est la seconde option, je vous recommande de vous éloigner de moi, j'en ai bu tous les matins et tous les goûters pendant un peu plus de 15 ans, ça va sûrement commencer d'ici peu à faire effet .
(à moins qu'une cure de Galler... )
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