Certes je n'arrive plus à écrire.
Mais il me reste au moins mon appareil photo, et ça tombe bien, je babysitte un modèle. Alcoolique et taciturne, c'est entendu, mais très conciliant dès qu'il s'agit d'ôter ses vêtements.
Bon week-end.
samedi 31 octobre 2009
mercredi 28 octobre 2009
Un Silence de Fin du Monde.
Dans :
Cohendy
Il y a eu une avarie majeure.Le monde s'est écroulé et j'ai dû le remonter un peu de guingois, pas le choix, tout les anciens morceaux ne rentraient plus. Tous les personnages ont péris dans l'accident.
A propos, en raison du désintérêt général, demain est annulé !
(Chut, nous ne mentionnerons pas l'épineux problème des aiguilles paralytiques.)
Ça n'a aucun sens pour vous n'est-ce pas ?
Pour moi non plus, rassurez vous.
Ce sont mes pensées, décousues, ravagées qui parsèment mon carnet de train depuis plus d'une semaine. Je me force à l'ouvrir comme je me suis forcée à ouvrir cette page. J'ai quelques brides aussi, de récits, mes doigts notent ce que mes yeux voient mais ma tête se refuse à broder autour des faits.
J'écris comme je respire, mais voilà une semaine, un peu plus même, que malgré moi je suis en apnée.
Je suis une bavarde impénitente à qui on aurait cousu les lèvres.
Je continue de parler, malgré tout, mais ça n'a plus de sens.
*mumbling*
*scribbling*
Ça ne coule plus comme avant.
Pas une phrase sensée, même à l'abri dans mes carnets.
Charlie, qu'est ce que tu fais là ?
J'attends.
Quoi ?
Que mes rêves, à nouveau, s'accrochent à tes pas.
mercredi 21 octobre 2009
La F.A.C / Kenosha. Le contrôleur de 18h23
Dans :
Charlie
Je monte dans le train, seule passagère de ce quai désert dont le nom n'est même pas indiqué. Il descend quand je monte, me regarde m'engouffrer dans un wagon, je le sais, je me retourne pour le regarder. Il est adorable, perdu dans sa veste trop grande et sa casquette qui penche sur un côté.
Je l'entends siffler et je le vois passer.
Il est 17h43.
Il titube entre les sièges, le mouvement pourtant régulier du train semble à jamais altérer son centre de gravité. Il s'accroche à un sac, s'excuse, bute sur un pied, bredouille, remet une longue mèche brune échappée derrière son oreille, ses doigts se perdent un instant sur ses joues creuses, effleurant ce qu'il aimerait surement appeler une barbe et il soupire.
Il progresse jusqu'à moi, au rythme de ses demi-chutes et du claquement sec de son poinçon, je lui tends mon abonnement et je l'arrête d'un geste lorsqu'il tente de le poinçonner. Ses grands yeux bruns vacillent jusqu'au miens. Ses lèvres dessinent une excuse et il me rend mon billet.
Je n'oserais pas jurer qu'il a fait exprès de me toucher les doigts.
Il est 17h49
La frontière, la ville charnière, sa voix résonne claire et joyeuse, il est caché je ne sais où et récite gentiment son texte, celui avec les wagons qui restent et ceux qui s'en vont, s'il vous plaît, faites attention. Il s'emmêle dans les chiffres, se reprend, sa voix se tend, je souffre de son micro-drame.
Une fois de plus son coup sifflet joyeux retentit au loin, Il aime siffler, je crois. Il repasse devant moi, trébuche sur mon sac, s'excuse et sourit.
Il est 17h58.
Votre billet s'il vous plaît.
On s'est déjà vu.
Il sourit.
Je ne me souviens pas. Vous descendez à Kenosha ?
Je sors mon billet, une nouvelle fois.
Oui.
Ah.
Je dois rêver la note teintée de regret qui accentue sa voix.
Il est 18h23
Je l'entends siffler et je le vois passer.
Il est 17h43.
Il titube entre les sièges, le mouvement pourtant régulier du train semble à jamais altérer son centre de gravité. Il s'accroche à un sac, s'excuse, bute sur un pied, bredouille, remet une longue mèche brune échappée derrière son oreille, ses doigts se perdent un instant sur ses joues creuses, effleurant ce qu'il aimerait surement appeler une barbe et il soupire.
Il progresse jusqu'à moi, au rythme de ses demi-chutes et du claquement sec de son poinçon, je lui tends mon abonnement et je l'arrête d'un geste lorsqu'il tente de le poinçonner. Ses grands yeux bruns vacillent jusqu'au miens. Ses lèvres dessinent une excuse et il me rend mon billet.
Je n'oserais pas jurer qu'il a fait exprès de me toucher les doigts.
Il est 17h49
La frontière, la ville charnière, sa voix résonne claire et joyeuse, il est caché je ne sais où et récite gentiment son texte, celui avec les wagons qui restent et ceux qui s'en vont, s'il vous plaît, faites attention. Il s'emmêle dans les chiffres, se reprend, sa voix se tend, je souffre de son micro-drame.
Une fois de plus son coup sifflet joyeux retentit au loin, Il aime siffler, je crois. Il repasse devant moi, trébuche sur mon sac, s'excuse et sourit.
Il est 17h58.
Votre billet s'il vous plaît.
On s'est déjà vu.
Il sourit.
Je ne me souviens pas. Vous descendez à Kenosha ?
Je sors mon billet, une nouvelle fois.
Oui.
Ah.
Je dois rêver la note teintée de regret qui accentue sa voix.
Il est 18h23
mardi 20 octobre 2009
.La Chambre Rouge.
Dans :
Pygmallions
Je n'ai pas de vis-à-vis.
Deux fenêtres aveugles me font face. Placardées chacune d'un "avis d'urbanisme" illisible, racorni.
A gauche, il y a la fenêtre aux rideaux cramoisis. Avec sa petite lanterne rouge, au coin.
Ce matin j'étais assise sur la mienne. Ma fenêtre. J'avais ma lanterne rouge moi aussi.
Le bout incandescent de ma cigarette.
Un type sur le bitume mouillé, quelques mètres plus bas, a crié ton prénom que je n'ai pas retenu et tu as ouvert les rideaux. Puis entrouvert la fenêtre.
Drapée dans le velours de tes persiennes comme d'un sari sanglant, tu m'as jeté un regard tu as souri. Tu m'as souri ?
Le type en bas t'a parlé.
Tu étais nue, brune et ta peau était mate et blanche.
Tu étais belle.
Je crois.
Tu as arraché, d'un grand éclat de rire un morceau conséquent de mon désir.
Alors j'ai détourné la tête pendant que mon ventre se consumait.
J'ai la vue basse.
Tu as fermé ta fenêtre.Les contours troubles de ta bouche sombre resteront un fantasme.
J'ai éteint ma cigarette et j'ai tendu les lèvres pour pouvoir effleurer le souvenir de la naissance de tes seins, adornés de sanguine.
Deux fenêtres aveugles me font face. Placardées chacune d'un "avis d'urbanisme" illisible, racorni.
A gauche, il y a la fenêtre aux rideaux cramoisis. Avec sa petite lanterne rouge, au coin.
Ce matin j'étais assise sur la mienne. Ma fenêtre. J'avais ma lanterne rouge moi aussi.
Le bout incandescent de ma cigarette.
Un type sur le bitume mouillé, quelques mètres plus bas, a crié ton prénom que je n'ai pas retenu et tu as ouvert les rideaux. Puis entrouvert la fenêtre.
Drapée dans le velours de tes persiennes comme d'un sari sanglant, tu m'as jeté un regard tu as souri. Tu m'as souri ?
Le type en bas t'a parlé.
Tu étais nue, brune et ta peau était mate et blanche.
Tu étais belle.
Je crois.
Tu as arraché, d'un grand éclat de rire un morceau conséquent de mon désir.
Alors j'ai détourné la tête pendant que mon ventre se consumait.
J'ai la vue basse.
Tu as fermé ta fenêtre.Les contours troubles de ta bouche sombre resteront un fantasme.
J'ai éteint ma cigarette et j'ai tendu les lèvres pour pouvoir effleurer le souvenir de la naissance de tes seins, adornés de sanguine.
dimanche 18 octobre 2009
Sultry Serenade (How Could You Do A Thing Like That To Me)
Un groupe de punk russe me chantait joyeusement "Davay Davay" dans les tympans. C'était le moment !
J'ai pris mon sac et j'ai étalé son contenu sur la table du salon.
Je n'aime pas le bruit que fait mon bazoooka de poche quand il claque contre le bois ciré.
J'ai mis de côté mon lance-flamme, l'odeur de chair brûlée au petit matin me file la nausée. Et puis, les marques sur le bitume... Les services municipaux de Kenosha ont sûrement mieux à faire que de gratter des lambeaux de chair racornie sur le goudron.
Mon AK-47 me faisait de l'œil, à-demi sortie de ma sacoche. J'aime bien mon AK-47, je l'ai bien démontée, graissée, remontée. Sans savoir vraiment si j'opterais pour elle, le bruit, c'est comme l'odeur, au petit matin, ce n'est jamais très agréable.
Mon épingle à cheveux dépassait de sous un petit tas de grenades, je suis allée la pêcher, attrapant au passage mon baume à lèvres nacré et mon correcteur de teint.
C'est là que je remarquais l'absence criante de ma brosse à cheveux, sûrement oubliée sur mon bureau à la F.A.C., mais pour le moment j'avais d'autres préoccupations. Et puis assassiner quelqu'un à coups de brosse à cheveux, ça prend du temps, ça fatigue le bras et c'est un coup à laisser de l'ADN partout.
Quand tous mes instruments furent bien alignées devant moi, je me suis assise. Furieuse encore, mes tempes me battaient et mes mains tremblaient un peu. Mais déterminée.
J'avais vraiment l'embarras du choix, j'ai failli demander un joker...Euh l'appel à un ami ?
La voix off a retenti. Un rire. Strident. Sinistre.
' Tu n'en as plus ahahahahahhhh'
' De joker ?'
'Non ahahahahhhhhh d'ami ! Tu n'en as jamais eu ! C'était que des mensonges !'
' ...'
' ahahahhhhhahah ahhahha snok, snok gorglglllg krre ggllg g...g... *silence mortel*'
'Oh non, même toi, voix off, tu me laisses tomber... Bon. Ca doit être un signe. '
J'ai rangé mes armes et je suis allée me faire une verveine.
En faisant bien attention de ne pas confondre avec la boîte de cyanure.
Je suis pas encore totalement immunisée.
Contre la méchanceté humaine, en revanche, ça, ça va, finalement, je m'y fais.
Faut juste respirer profondément et essayer d'ignorer la douleur.
J'ai pris mon sac et j'ai étalé son contenu sur la table du salon.
Je n'aime pas le bruit que fait mon bazoooka de poche quand il claque contre le bois ciré.
J'ai mis de côté mon lance-flamme, l'odeur de chair brûlée au petit matin me file la nausée. Et puis, les marques sur le bitume... Les services municipaux de Kenosha ont sûrement mieux à faire que de gratter des lambeaux de chair racornie sur le goudron.
Mon AK-47 me faisait de l'œil, à-demi sortie de ma sacoche. J'aime bien mon AK-47, je l'ai bien démontée, graissée, remontée. Sans savoir vraiment si j'opterais pour elle, le bruit, c'est comme l'odeur, au petit matin, ce n'est jamais très agréable.
Mon épingle à cheveux dépassait de sous un petit tas de grenades, je suis allée la pêcher, attrapant au passage mon baume à lèvres nacré et mon correcteur de teint.
C'est là que je remarquais l'absence criante de ma brosse à cheveux, sûrement oubliée sur mon bureau à la F.A.C., mais pour le moment j'avais d'autres préoccupations. Et puis assassiner quelqu'un à coups de brosse à cheveux, ça prend du temps, ça fatigue le bras et c'est un coup à laisser de l'ADN partout.
Quand tous mes instruments furent bien alignées devant moi, je me suis assise. Furieuse encore, mes tempes me battaient et mes mains tremblaient un peu. Mais déterminée.
J'avais vraiment l'embarras du choix, j'ai failli demander un joker...Euh l'appel à un ami ?
La voix off a retenti. Un rire. Strident. Sinistre.
' Tu n'en as plus ahahahahahhhh'
' De joker ?'
'Non ahahahahhhhhh d'ami ! Tu n'en as jamais eu ! C'était que des mensonges !'
' ...'
' ahahahhhhhahah ahhahha snok, snok gorglglllg krre ggllg g...g... *silence mortel*'
'Oh non, même toi, voix off, tu me laisses tomber... Bon. Ca doit être un signe. '
J'ai rangé mes armes et je suis allée me faire une verveine.
En faisant bien attention de ne pas confondre avec la boîte de cyanure.
Je suis pas encore totalement immunisée.
Contre la méchanceté humaine, en revanche, ça, ça va, finalement, je m'y fais.
Faut juste respirer profondément et essayer d'ignorer la douleur.
vendredi 16 octobre 2009
.La Dernière Fois.
Dans :
Pygmallions
(Pas franchement satisfaite de ma réponse à la chaine de mon oncle sur la première fois, je vous laisse avec ça. Vous en faites ce que vous voulez.)
C'était bizarre pour une première fois.
Parce que c'en était pas vraiment une. T'es pas vraiment rentré dans moi. Enfin, je crois pas.
Il y avait juste tes cheveux partout, contre mes seins qu'étaient pas encore là.
Ça me rendait dingue de sentir leurs boucles glisser contre mes tétons pointus.
Je croyais que les seins ça servait juste à avoir mal quand ça poussait. En fait non, c'était bien.
Et ton sexe qui venait se cogner contre mes cuisses, je me souviens de ça. Mais je crois pas que tu sois rentré. Non t'aurais pas fais ça.
Juste avec tes doigts, des fois, tu glissais un peu, entre mes trois poils et mes toutes petites lèvres. Mais je crois que je me foutais un peu de ce qui se passait en bas. Même, ça m'inquiétait. J'aurais voulu aller voir. Mais j'osais pas regarder ton sexe. S'il avait été laid ?
Et puis j'avais ta bouche partout sur mon ventre, mes épaules, mon cou et ma bouche à moi. Ta bouche rouge, avec cette lèvre supérieure gonflée, indécente, que j'avais envie de mordre, de mordre, de mordre... Tu mordais, toi, et tes doigts pendant ce temps là s'emmêlaient aux miens.
On suait des paumes.
A un moment tu t'es juste allongé sur moi. Sans rentrer. On était là, tout moites, avec nos hanches qui se faisaient du rentre dedans et ta verge qui se frottait. C'était bon.
Mais j'ai pas joui.
J'ignorais même ce que ça signifiait. Mais je crois que j'ai gémi. Je ne savais pas que je pouvais sortir des sons comme ça. Par plaisir.
Et puis toi, t'as du en avoir assez de toute cette tension qui s'accumulait, t'as attrapé ta bite et t'as tout collé contre mon ventre, tes doigts, ton machin, je sentais tout, même tes couilles et tu haletais. Et puis finalement non.
On s'est regardé dans le blanc des yeux, tu as souri et tu t'es allongé près de moi.
J'étais frustrée.
Je crois que j'aurais aimé savoir ce qui se passait quand tu soupirais comme ça. En fait, je savais : En finissant tes lèvres se seraient retroussées sur tes dents, et j'aurais vu ton incisive un peu cassée, et là c'est sûr, même sans savoir ce que je faisais, j'aurais joui moi aussi. Ta bouche, elle me tuait à chaque fois que tu t'approchais.
En partant, je me suis dit que quand je serais grande, l'année d'après, on remettrait bien ça. Si tu voulais.
Mais t'es mort avant.
Ça m'a donné envie de t'insulter.
C'était bizarre pour une première fois.
Parce que c'en était pas vraiment une. T'es pas vraiment rentré dans moi. Enfin, je crois pas.
Il y avait juste tes cheveux partout, contre mes seins qu'étaient pas encore là.
Ça me rendait dingue de sentir leurs boucles glisser contre mes tétons pointus.
Je croyais que les seins ça servait juste à avoir mal quand ça poussait. En fait non, c'était bien.
Et ton sexe qui venait se cogner contre mes cuisses, je me souviens de ça. Mais je crois pas que tu sois rentré. Non t'aurais pas fais ça.
Juste avec tes doigts, des fois, tu glissais un peu, entre mes trois poils et mes toutes petites lèvres. Mais je crois que je me foutais un peu de ce qui se passait en bas. Même, ça m'inquiétait. J'aurais voulu aller voir. Mais j'osais pas regarder ton sexe. S'il avait été laid ?
Et puis j'avais ta bouche partout sur mon ventre, mes épaules, mon cou et ma bouche à moi. Ta bouche rouge, avec cette lèvre supérieure gonflée, indécente, que j'avais envie de mordre, de mordre, de mordre... Tu mordais, toi, et tes doigts pendant ce temps là s'emmêlaient aux miens.
On suait des paumes.
A un moment tu t'es juste allongé sur moi. Sans rentrer. On était là, tout moites, avec nos hanches qui se faisaient du rentre dedans et ta verge qui se frottait. C'était bon.
Mais j'ai pas joui.
J'ignorais même ce que ça signifiait. Mais je crois que j'ai gémi. Je ne savais pas que je pouvais sortir des sons comme ça. Par plaisir.
Et puis toi, t'as du en avoir assez de toute cette tension qui s'accumulait, t'as attrapé ta bite et t'as tout collé contre mon ventre, tes doigts, ton machin, je sentais tout, même tes couilles et tu haletais. Et puis finalement non.
On s'est regardé dans le blanc des yeux, tu as souri et tu t'es allongé près de moi.
J'étais frustrée.
Je crois que j'aurais aimé savoir ce qui se passait quand tu soupirais comme ça. En fait, je savais : En finissant tes lèvres se seraient retroussées sur tes dents, et j'aurais vu ton incisive un peu cassée, et là c'est sûr, même sans savoir ce que je faisais, j'aurais joui moi aussi. Ta bouche, elle me tuait à chaque fois que tu t'approchais.
En partant, je me suis dit que quand je serais grande, l'année d'après, on remettrait bien ça. Si tu voulais.
Mais t'es mort avant.
Ça m'a donné envie de t'insulter.
jeudi 15 octobre 2009
.Perfume Of The Past.
Dans :
Pygmallions
C'est ton parfum sur un autre qui m'a fait penser à toi.
Tiens, je t'appelle comment toi ?
Albion, c'est un prénom de chez toi. Et c'est là qu'on s'est connu. Sur la perfide.
C'est ton parfum sur un autre, Albion, qui m'a fait penser à toi.
A cette nuit là, là première où assez près de toi, j'ai pu le sentir.
On avait un peu bu. Beaucoup même, ma bouteille de cognac y était passée.
J'ai pas regretté tu sais.
On a passé 8 heures ensemble à parler.
Tu étais assis sur la chaise du bureau, un gros fauteuil en cuir avec des accoudoirs en bois vernis. Je l'avais trouvé dans un skip près de la salle des conférences de la fac. Ils jettent n'importe quoi ces Anglais vraiment.
Tu t'étais moqué de moi quand je t'ai raconté que j'avais traversé la ville avec ce monstre sur ma tête. Encadrée dans les accoudoirs. Et des bois angulaires.
Tu as ri longtemps, tu n'avais rien mangé et tu étais un peu soul.
Je me souviens de la marque de la bière qu'on avait bu avant, au bar. Tu buvais de la Nastro Azzuro. Je souris à chaque fois que j'en vois sur une carte. Je souris au nom d'une bière à cause de toi.
On était allé sur la grande carte au sol, devant le pont moche. Et on sautait. Ta capitale, ma capitale. C'était trop loin pour un seul pas. Tu avais un bras sur mon épaule, un pied à Prague, l'autre à Moscou, j'étais à Berlin et Budapest, ou un truc comme ça. Et ma main s'accrochait à une poche de ton blouson en cuir.
Et on riait.
C'est après, quand le soleil blafard à pointé son nez au dessus des bâtiments moches où on bossait, que j'ai senti ton parfum, de près vraiment, très près.
On s'est mis à ma fenêtre, on a regardé l'aurore, la minuscule aurore, on a essayé de compter les clochers mais on était trop souls, trop fatigués. Trop occupés.
Tu t'es mis derrière moi. J'ai senti ton torse contre mon épaule, ton souffle dans mes cheveux. Et ton parfum.
Voilà, c'était là. J'ai trouvé qu'il t'allait bien. Ma main sur le rebord de la fenêtre et la tienne qui se posait dessus, elle la couvrait entièrement. Tu es si grand Albion.
J'ai embrassé ton poignet.
On est resté là un peu. En silence. On ne riait plus. C'était juste infiniment doux. Et tu as dit que tu rentrais chez toi. Tu m'a embrassée. Sur la joue.
Je t'ai regardé partir par ma fenêtre, heureuse. Sachant que la prochaine fois, la prochaine fois...
Et je me suis allongée pour dormir enfin, sans penser que des mois plus tard, en me glissant hors de ton lit pour partir avant le retour de ta régulière, je volerais, dans ton sommeil, un peu de ton parfum. Celui de la bouteille posée sur le rebord de ta fenêtre.
Et je me suis allongée pour dormir enfin, sans penser que des années plus tard, en sentant ce parfum sur un autre homme que toi, je penserais encore à cette nuit-là.
Tu es un beau souvenir Albion.
Au moins pour cette nuit-là.
Tiens, je t'appelle comment toi ?
Albion, c'est un prénom de chez toi. Et c'est là qu'on s'est connu. Sur la perfide.
C'est ton parfum sur un autre, Albion, qui m'a fait penser à toi.
A cette nuit là, là première où assez près de toi, j'ai pu le sentir.
On avait un peu bu. Beaucoup même, ma bouteille de cognac y était passée.
J'ai pas regretté tu sais.
On a passé 8 heures ensemble à parler.
Tu étais assis sur la chaise du bureau, un gros fauteuil en cuir avec des accoudoirs en bois vernis. Je l'avais trouvé dans un skip près de la salle des conférences de la fac. Ils jettent n'importe quoi ces Anglais vraiment.
Tu t'étais moqué de moi quand je t'ai raconté que j'avais traversé la ville avec ce monstre sur ma tête. Encadrée dans les accoudoirs. Et des bois angulaires.
Tu as ri longtemps, tu n'avais rien mangé et tu étais un peu soul.
Je me souviens de la marque de la bière qu'on avait bu avant, au bar. Tu buvais de la Nastro Azzuro. Je souris à chaque fois que j'en vois sur une carte. Je souris au nom d'une bière à cause de toi.
On était allé sur la grande carte au sol, devant le pont moche. Et on sautait. Ta capitale, ma capitale. C'était trop loin pour un seul pas. Tu avais un bras sur mon épaule, un pied à Prague, l'autre à Moscou, j'étais à Berlin et Budapest, ou un truc comme ça. Et ma main s'accrochait à une poche de ton blouson en cuir.
Et on riait.
C'est après, quand le soleil blafard à pointé son nez au dessus des bâtiments moches où on bossait, que j'ai senti ton parfum, de près vraiment, très près.
On s'est mis à ma fenêtre, on a regardé l'aurore, la minuscule aurore, on a essayé de compter les clochers mais on était trop souls, trop fatigués. Trop occupés.
Tu t'es mis derrière moi. J'ai senti ton torse contre mon épaule, ton souffle dans mes cheveux. Et ton parfum.
Voilà, c'était là. J'ai trouvé qu'il t'allait bien. Ma main sur le rebord de la fenêtre et la tienne qui se posait dessus, elle la couvrait entièrement. Tu es si grand Albion.
J'ai embrassé ton poignet.
On est resté là un peu. En silence. On ne riait plus. C'était juste infiniment doux. Et tu as dit que tu rentrais chez toi. Tu m'a embrassée. Sur la joue.
Je t'ai regardé partir par ma fenêtre, heureuse. Sachant que la prochaine fois, la prochaine fois...
Et je me suis allongée pour dormir enfin, sans penser que des mois plus tard, en me glissant hors de ton lit pour partir avant le retour de ta régulière, je volerais, dans ton sommeil, un peu de ton parfum. Celui de la bouteille posée sur le rebord de ta fenêtre.
Et je me suis allongée pour dormir enfin, sans penser que des années plus tard, en sentant ce parfum sur un autre homme que toi, je penserais encore à cette nuit-là.
Tu es un beau souvenir Albion.
Au moins pour cette nuit-là.
mardi 13 octobre 2009
Fragile.
Dans :
Charlie
Ouvrir un carnet et écrire fragile.
Fragile.
Rien d'autre, pourtant il faudrait bien. Ou en tout cas, on voudrait bien. Expliquer.
Mais rien ne sort.
Ce n'est pas un mot idiot pourtant. C'est un cognate. Un vrai-ami. On peut l'utiliser en français comme en anglais.
En français comme en anglais, il est généralement inscrit en lettres grasses et sans grâce sur des cartons de transport.
En français on le murmure souvent. Le G glisse contre le palais avec l'air de ne pas y toucher et le L s'efface au bout de la langue. En anglais on s'arrête sur le I, on l'appuie, avec un accent un peu théâtral, une indécision dans les aigus, avant d'enrouler le L pour l'envoyer résonner sur les lèvres.
Dans les deux langues, il sonne comme un aveu.
Pas celui d'une faiblesse.
Celui d'une résistance.
Contre toute attente.
Ce qui est fragile n'est pas brisé.
Ouvrir un carnet et écrire fragile.
Sans avoir vraiment à écrire en dessous puisque le mot se suffit à lui même.
Renoncer à gloser sur ce qui va de soi.
Passer à l'histoire suivante.
Fragile.
Rien d'autre, pourtant il faudrait bien. Ou en tout cas, on voudrait bien. Expliquer.
Mais rien ne sort.
Ce n'est pas un mot idiot pourtant. C'est un cognate. Un vrai-ami. On peut l'utiliser en français comme en anglais.
En français comme en anglais, il est généralement inscrit en lettres grasses et sans grâce sur des cartons de transport.
En français on le murmure souvent. Le G glisse contre le palais avec l'air de ne pas y toucher et le L s'efface au bout de la langue. En anglais on s'arrête sur le I, on l'appuie, avec un accent un peu théâtral, une indécision dans les aigus, avant d'enrouler le L pour l'envoyer résonner sur les lèvres.
Dans les deux langues, il sonne comme un aveu.
Pas celui d'une faiblesse.
Celui d'une résistance.
Contre toute attente.
Ce qui est fragile n'est pas brisé.
Ouvrir un carnet et écrire fragile.
Sans avoir vraiment à écrire en dessous puisque le mot se suffit à lui même.
Renoncer à gloser sur ce qui va de soi.
Passer à l'histoire suivante.
lundi 12 octobre 2009
Collateral Damages
Dans :
Logorrhée
Ce matin profitant de l'absence du sautillant Mr Pinguin, j'ai écouté du Vivaldi très fort, et toujours le même morceau interprété par Philippe Jaroussky. (c'est par là).
J'avais oublié que les murs étaient en papier.
En sortant pour aller chercher un café, j'ai croisé le voisin de bureau.
Il m'a regardé bizarre.
Je vais remettre les Clash et faire tourner au moins 3 chansons.
Ca paraîtra plus normal.
J'avais oublié que les murs étaient en papier.
En sortant pour aller chercher un café, j'ai croisé le voisin de bureau.
Il m'a regardé bizarre.
Je vais remettre les Clash et faire tourner au moins 3 chansons.
Ca paraîtra plus normal.
dimanche 11 octobre 2009
La première fois.
Dans :
Pygmallions
"Le 9 novembre 1998 /
Salut mon Amour,
Ça va ? (c'est un peu con comme question) Ça va faire six mois que je sors avec lui, je suis si heureuse quand je le vois, avec lui, pas de cris, plus de cris, pourvu que ça dure. Mais il me manque, je ne le vois plus assez, c'est chiant l'école, et les vacances sont passées trop vite, à peine le temps d'un baiser. Je voudrais rester des années dans ses bras tu sais, juste sentir qu'il est pour moi. Je l'aime, je ne sais pas lui dire autrement. Lui me le dit avec mille mots, mais moi tout tient en trois, ils en sont pleins de mon amour, tu sais, c'est pas du dilué. [...]"
Mon oncle Didier m 'a enchaînée, c'est vraiment qu'un sale vicelard, et en plus je dois raconter ma première fois.
Je m'en souviens bien, mais je me suis dit que vu que ça fait quand même une paire de lustres, pour plus de précision, je pourrais aller voir dans mon journal intime de l'époque. Et là, surprise, moi qui note tout, moi qui lui racontait tout (mon journal intime c'est une compilation de lettres que je n'ai jamais pu envoyer pour cause de décès prématuré du destinataire, c'est glauque, je sais, mais je vous emmerde), eh bien je n'en fais pas mention. L'extrait que vous avez pu lire au dessus date d'environ quatre mois après cette fameuse séance de jambe en l'air.
Mais on va revenir encore un peu en avant, deux mois avant la date fatidique.
C'était en Mai, le jour des 18 ans de G. (LE garçon donc) ça je l'ignorais encore, j'étais juste en route, au soir, vers un concert de GlenRock au Rockin' Chair, (les carolo-macériens qui me lisent vont me dire : "Putain, ça fait un bail !" Ben oui. )
Je me souviens que sur le chemin, Betty et moi avions croisé un exhibitionniste dont le petit chose tout mou, présenté à nos yeux de vierges pas vraiment effarouchées, avait failli nous tuer, là, sur le bord de la route, terrassées par un fou rire inextinguible.
Bref, j'étais au concert, une bière à la main et en pleine conversation avec Betty, sûrement à propos des pectoraux du batteur et de cette manie qu'il avait de porter de tous petits shorts et rien de plus, et il y avait ce type qui n'arrêtait pas de regarder mon derrière, ce qui n'était pas compliqué vu que mon jean était assez sauvagement moulant et fort astucieusement déchiré sous chacune de mes fesses. (on est grunge ou on ne l'est pas).
Betty m'a signalé le mateur, à ce moment, le pianiste de Glenrock a joué les premières mesures de love me two times des Doors, je n'ai fait qu'un bond jusqu'à la scène me heurtant sauvagement à mon admirateur pas très discret, qui venait de faire exactement la même chose.
Pour me donner contenance je lui ai taxé une clope. Je vous passe la séance de drague, et l'échange de numéro, (j'ai encore le petit bout de papier rose où il avait noté le sien ) on s'est revu 15 jours plus tard, on a beaucoup parlé de Jim Morisson et voilà. Début d'une idylle adolescente.
G. avait trois ans de plus que moi (Vous pouvez donc en déduire que j'avais 15 ans à l'époque) et avait eu son lot de relations longues avant, néanmoins, il m'a gentiment foutu la paix une paire de mois. Si j'en crois mes souvenirs et mon journal intime, il ne me "pelotait" pas et s'arrêtait là où je lui disais de s'arrêter, comme je supporte assez mal qu'on me touche quand je ne suis pas en confiance ça ne devait pas aller très loin.
Doucement, par épluchage successif de couches de vêtements, comme un strip-poker au ralenti, nous arrivons cette délicieuse journée ensoleillée, période de vacances scolaires où il a enfin pu sortir de sous son lit la fameuse boite en verre remplie de préservatifs à pochette verte. Je me souviens de ces détails des fois...
C'était bien.
Je vais pas vous décrire, mêlez-vous de vos fesses, mais 5 minutes après il m'a demandé "Ça va ?" j'ai dit "Encore ! ".
Je suis ensuite rentrée chez moi, un peu en retard sûrement, moi qui pourtant rentrait toujours à l'heure (18h30), l'air un peu moite sentait délicieusement bon dans le parc. J'ai bien dormi cette nuit là.
On a sûrement recommencé le lendemain et le jour d'après et celui d'après et encore et encore, parce que faire l'amour c'est quand même bien amusant.
On est resté presque deux ans ensemble, jusqu'à ce que mon amour non dilué perde de sa puissance et que le flots de ses milles mots se tarisse.
Je ne conserve pas G. dans mes souvenirs comme "le type qui m'a dépucelé". Lui c'est plutôt mon premier grand amour, ma première vraie relation. On s'aimait, sincèrement, sans se poser de questions, comme deux adolescents savent s'aimer.
Des fois, quand je lis toutes ces histoires de première fois, je me demande si je ne suis pas complètement anormale, je n'ai eu l'impression ni de donner, ni de perdre quoique ce soit. C'était naturel, c'était le bon moment, certainement la bonne personne. Ca n'a pas bouleversé ma vie, je ne me suis sentie ni plus mûre, ni plus femme, et si vous me demandiez quel sont les premières fois les plus marquantes de ma vie amoureuse, celle-là ne figurerait pas dans la liste.
Je suis censée enchaîner quelqu'un d'autre, mais la seule personne qui me vient à l'esprit, c'est Framboise et cette traînée exhibitionniste n'a absolument pas eu besoin qu'on le lui demande pour la raconter. Vous pouvez donc y aller directement.
jeudi 8 octobre 2009
Cours Alphonse ! Cours !
Dans :
Logorrhée
Tiens, j'adore de plus en plus ce prénom.
Alphonse.
Je le trouve fantastique.
Je vais peut-être baptiser un de mes cactus comme ça.
C'est ma pause de midi.
J'ai une pause de midi, vous vous rendez compte ?
Non, évidemment.
C'est pas grave.
Dites vous simplement que je me lève la tête en vrac mais heureuse de me lever. Je déjeune je me lave je m'habille, je salue mon voisin et je galope avec entrain jusqu'à la gare. Là, je joue quelques minutes à cache-cache entre les quais avec une personne dont je préserverai l'anonymat avant sauter dans le train qui m'emmène de Kenosha à La Faculté de l'Autre Coté (la F.A.C donc;) pour aller traumatiser Mister Pinguin, mon sautillant collègue de bureau.
Après je travaille.
Pis je rentre au Taudis de Kenosha.
Manger, brosser les dents, etc... dodo.
Et je remets ça le lendemain.
Oui, oui, vous lisez bien : J'ai une vie normale !
C'est formidable !
Avec une pause de midi.
C'est fantastique !
Je vous laisse, il me reste 20 minutes pour aller mater les mignons petits étudiants qui gambadent aux alentours.
C'est une faune passionante.
Je pourrais en adopter un et l'appeler Alphonse.
Alphonse.
Je le trouve fantastique.
Je vais peut-être baptiser un de mes cactus comme ça.
C'est ma pause de midi.
J'ai une pause de midi, vous vous rendez compte ?
Non, évidemment.
C'est pas grave.
Dites vous simplement que je me lève la tête en vrac mais heureuse de me lever. Je déjeune je me lave je m'habille, je salue mon voisin et je galope avec entrain jusqu'à la gare. Là, je joue quelques minutes à cache-cache entre les quais avec une personne dont je préserverai l'anonymat avant sauter dans le train qui m'emmène de Kenosha à La Faculté de l'Autre Coté (la F.A.C donc;) pour aller traumatiser Mister Pinguin, mon sautillant collègue de bureau.
Après je travaille.
Pis je rentre au Taudis de Kenosha.
Manger, brosser les dents, etc... dodo.
Et je remets ça le lendemain.
Oui, oui, vous lisez bien : J'ai une vie normale !
C'est formidable !
Avec une pause de midi.
C'est fantastique !
Je vous laisse, il me reste 20 minutes pour aller mater les mignons petits étudiants qui gambadent aux alentours.
C'est une faune passionante.
Je pourrais en adopter un et l'appeler Alphonse.
lundi 5 octobre 2009
Angels lied.
Dans :
Perahim
Elle s'assoit près de moi, sa tasse blanche à bordure rose pleine d'un thé fumant. Elle est pratique, elle me termine mes sachets de Lipton à je ne sais plus quoi, je ne les aime pas.
- Enora.
- Nefisa.
- Tu sais que tu n'es qu'un personnage.
- J'en ai effectivement conscience.
- Ca ne t'ennuie pas ?
- Ais-je le choix ?
- Non. Enfin, je ne sais pas. Je pourrais t'aimer au point que tu devienne l'un de mes avatars. Comme Charlie, au point de te donner des traits de mon caractère.
- C'est une preuve d'amour ça ? Me refiler tes travers ?
Des fois, j'oublie à quel point Enora peut avoir la langue bien pendue. Elle a vieilli en même temps que moi, se teint ses boucles en brun maintenant, et a pris de la poitrine. D'un claquement de doigts, d'un mouvement de synapses, je pourrais changer ça.
D'ailleurs...
Enora repose sa tasse avec une grimace. Elle n'aime plus le thé.
Puis la reprend goulument car, finalement, Enora doit aimer le thé. C'est primordial, c'est une partie de sa personnalité.
- Pourquoi c'est toi que je sors de ma tête et que j'assois près de moi quand je veux discuter ?
- Parce que si j'existais nous serions amies je pense, avec les autres ce n'est pas forcément le cas. Tu te vois toi, copine avec Sasmira ?
- Non. Pas vraiment. Elle est trop bien pour moi.
La lèvre d'Enora a un petit sursaut moqueur.
- Pourquoi ais-je encore atterri à ta droite sur ton canapé ?
- Justement, je me demandais. Te faire apparaître comme ça. Je suis folle ?
- Pas que je sache. C'est pour écrire des dialogues. La démarche est peut être plus saine qu'un monologue.
- Mmmh, mais c'est un mensonge.
- Je ne te suis pas. Je ne suis pas un mensonge. Je suis un personnage. J'existe si tu le veux.
- Mais je pourrais faire comme si. Au détour d'une discussion glisser, " Et Enora m'a dit que..." Ce serait vrai, puisque tu émanes de mon cerveau. donc peu importe. Mais les autres gens. Je leur mens.
Elle prend un instant, le fond de sa tasse tapissé de miel semble la passionner.
- Tu le fais ?
- Non. Juste écrire, sur le blog. C'est plus simple pour exposer des idées. Un dialogue.
- Alors ?
- Eh bien, je ne pensais pas spécialement à toi, mais imagine, un personnage plus complet, à qui j'ai rédigé une vie complète, qui me suit depuis des années, voire même quelqu'un que je n'ai pas inventé, qui m'a été donné. Prenons Sidney. Ça fait 14 ans qu'il est là, né d'une ligne biffée sur un cahier, je le connais tellement bien que je suis capable de le dessiner, je connais chaque recoin de son esprit. C'est assez rare en soi. Je pourrais le faire surgir, réel, au détour de n'importe quelle conversation. Ce serait simple, il est tellement vrai pour moi.
- Pourquoi tu ferais ça.
- Pour me dédouaner d'une pensée. D'un acte. Que sais-je. Je me dis que c'est tentant parfois. Un mensonge presque blanc.
- Un bouclier.
- Pardon ?
- Une défense ?
- Peut être.
- Tu as besoin de ça ?
- Pas que je sache.
- C'est pour ça que j'étais là ?
- Oui, je voulais juste être sûre que tu n'existais pas. Tu peux partir maintenant. Mais va laver ta tasse avant.
- Enora.
- Nefisa.
- Tu sais que tu n'es qu'un personnage.
- J'en ai effectivement conscience.
- Ca ne t'ennuie pas ?
- Ais-je le choix ?
- Non. Enfin, je ne sais pas. Je pourrais t'aimer au point que tu devienne l'un de mes avatars. Comme Charlie, au point de te donner des traits de mon caractère.
- C'est une preuve d'amour ça ? Me refiler tes travers ?
Des fois, j'oublie à quel point Enora peut avoir la langue bien pendue. Elle a vieilli en même temps que moi, se teint ses boucles en brun maintenant, et a pris de la poitrine. D'un claquement de doigts, d'un mouvement de synapses, je pourrais changer ça.
D'ailleurs...
Enora repose sa tasse avec une grimace. Elle n'aime plus le thé.
Puis la reprend goulument car, finalement, Enora doit aimer le thé. C'est primordial, c'est une partie de sa personnalité.
- Pourquoi c'est toi que je sors de ma tête et que j'assois près de moi quand je veux discuter ?
- Parce que si j'existais nous serions amies je pense, avec les autres ce n'est pas forcément le cas. Tu te vois toi, copine avec Sasmira ?
- Non. Pas vraiment. Elle est trop bien pour moi.
La lèvre d'Enora a un petit sursaut moqueur.
- Pourquoi ais-je encore atterri à ta droite sur ton canapé ?
- Justement, je me demandais. Te faire apparaître comme ça. Je suis folle ?
- Pas que je sache. C'est pour écrire des dialogues. La démarche est peut être plus saine qu'un monologue.
- Mmmh, mais c'est un mensonge.
- Je ne te suis pas. Je ne suis pas un mensonge. Je suis un personnage. J'existe si tu le veux.
- Mais je pourrais faire comme si. Au détour d'une discussion glisser, " Et Enora m'a dit que..." Ce serait vrai, puisque tu émanes de mon cerveau. donc peu importe. Mais les autres gens. Je leur mens.
Elle prend un instant, le fond de sa tasse tapissé de miel semble la passionner.
- Tu le fais ?
- Non. Juste écrire, sur le blog. C'est plus simple pour exposer des idées. Un dialogue.
- Alors ?
- Eh bien, je ne pensais pas spécialement à toi, mais imagine, un personnage plus complet, à qui j'ai rédigé une vie complète, qui me suit depuis des années, voire même quelqu'un que je n'ai pas inventé, qui m'a été donné. Prenons Sidney. Ça fait 14 ans qu'il est là, né d'une ligne biffée sur un cahier, je le connais tellement bien que je suis capable de le dessiner, je connais chaque recoin de son esprit. C'est assez rare en soi. Je pourrais le faire surgir, réel, au détour de n'importe quelle conversation. Ce serait simple, il est tellement vrai pour moi.
- Pourquoi tu ferais ça.
- Pour me dédouaner d'une pensée. D'un acte. Que sais-je. Je me dis que c'est tentant parfois. Un mensonge presque blanc.
- Un bouclier.
- Pardon ?
- Une défense ?
- Peut être.
- Tu as besoin de ça ?
- Pas que je sache.
- C'est pour ça que j'étais là ?
- Oui, je voulais juste être sûre que tu n'existais pas. Tu peux partir maintenant. Mais va laver ta tasse avant.
jeudi 1 octobre 2009
De la factorisation du corpus 2.0 (version behaviouriste)
Dans :
Silence
Aïe ma tête.
Je profite de la paralysie momentanée de mon cerveau (crampe, trop d'action, réfléchir, partager un bureau avec un pingouin qui fait l'otarie sur un ballon en parlant un pidgin nordique finalement peu compréhensible) pour mettre quelques photos du week-end dernier en ligne. Elles ne sont pas retouchées, je suis vraiment à deux doigts de l'hémorragie cérébrale.
Donc festival des marionnettes à Charleville-Mézières, et en prime, Griotte aka Kre, le chaton qui ne miaulait pas et qui ne sera jamais mienne puisque mon mari a dis non alors ma mère l'a donnée sur une brocante.
Life is cruel.
Gute nacht folks.
Kreu
Je profite de la paralysie momentanée de mon cerveau (crampe, trop d'action, réfléchir, partager un bureau avec un pingouin qui fait l'otarie sur un ballon en parlant un pidgin nordique finalement peu compréhensible) pour mettre quelques photos du week-end dernier en ligne. Elles ne sont pas retouchées, je suis vraiment à deux doigts de l'hémorragie cérébrale.
Donc festival des marionnettes à Charleville-Mézières, et en prime, Griotte aka Kre, le chaton qui ne miaulait pas et qui ne sera jamais mienne puisque mon mari a dis non alors ma mère l'a donnée sur une brocante.
Life is cruel.
Gute nacht folks.
Kreu
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