mercredi 25 novembre 2009

Embrasse-moi, idiot.

Killer Kaczinsky de Mando diao est la plus belle chanson d'amour du monde.
C'est parfaitement faux.
Évidemment.
C'est une chanson sur un serial bomber.

Mais si je fais abstraction des paroles, au refrain, la voix du chanteur m'arrache le coeur comme un premier baiser.
Vous savez, celui qu'on initie sans vraiment s'en rendre compte, et on réalise soudain que nos lèvres sont contre celles de l'autre. Si on attendait ça depuis longtemps, il y a cette sorte de soulagement presque douloureux, qui prend au ventre et se diffuse brûlant jusqu'au bout des doigts.
Et puis on s'écarte, à regret, un instant, pour bien réaliser ce qui vient juste d'arriver. On attend, un peu, le cœur battant contre celui de l'autre, le visage dans son cou, les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres et les bouches se rencontrent encore, et c'est encore pareil, juste plus doux, moins fiévreux, mais avec la même ferveur déchirante.
Et cette impression que le monde fond autour.

Killer Kaczinski de Mando Diao est la plus belle chanson d'amour du monde.
C'est un mensonge évidemment.
Cette chanson parle de sang.
Mais pourtant...

Chaque matin depuis quelques jours, quand je marche jusqu'à la gare de Kenosha, j'attends de passer la place et dans les rues piétonnes, désertes à cette heure là, je cale mes écouteurs, et infidèle, j'appuie sur le bouton "play" du lecteur.
Les lèvres goûtant à l'air glacé, dans un demi-sourire, je laisse la voix du chanteur embraser mes tympans mieux que  n'importe quel amant embrasserait mes lèvres.



You're standing lonely on the street with bombs tied on to your feet...

mardi 24 novembre 2009

L'ethique didactique sur le bout des doigts.

Je viens rigoler toute seule pendant environ 5 minutes. Ensuite j'ai arrêté, il se peut que les larmes soient corrosives pour la tablette graphique, et j'aime ma tablette graphique, c'est un peu mon troisième mari. Même si c'est  une fille, je ne suis pas sectaire.
Pourquoi rigolais-je ? Alors que Mister Pinguin n'est même pas dans le bureau, pour, tel une loutre apprivoisée, bondir sur son ballon bleu en se servant de sa cravate comme d'un ruban de gymnaste et me faire sourire et gambader de joie autour de lui, le cœur léger et les yeux pleins d'étoiles.
(Ce lâche m'a une fois de plus abandonné à mon triste sort.)

Je rigolais donc à cause de mon boulot. Oui on peut être assise 8 heures par jour devant un écran d'ordi (deux en fait, mais ça n'a aucune importance pour la suite du récit) et trouver ça amusant.
Donc, je rédigeais un énoncé d'exercice (oui c'est ce que je fais, je rédige des énoncés d'exercices et si possible les exercices qui vont avec. Vous voilà tout émoustillés, n'est ce pas, de me connaitre un talent quelconque, ou pour le moins de savoir que je suis capable d'être faire autre chose que servir des bières, aller à la gym et surfer sur le net).
J'en vois quelques-uns trembler : rassurez vous c'est en anglais, pas en français, et je ne suis pas la seule sur le coup donc je ne raconte pas n'importe quoi. Vos enfants sont sauvés.

Donc, je mordillais le stylet de la palette graphique (faut que j'arrête d'ailleurs, la salive ça ruine le côté gomme) en me demandant de quelle formidable manière j'allais pouvoir mettre en exergue le fait qu'il y a des doigts sur une main. (le but étant d'apprendre le mot "doigt" mais en anglais (c'est "finger").
Il faut bien commencer quelque part.
Je me suis dit :  "Allez zou, on met une jolie image de main avec des doigts dessous, et une jolie phrase en dessus, genre : "Ma main a 5 doigts."
J'allais le faire, je vous promets, avant de m'interrompre, prise d'un doute.
"Mais est-ce politiquement correct ?"
Quid du manchot qui fait mon exercice ? Quid du pauvre petit post-tchernobyllien qui en fait a six doigts à chaque main (il l'ignore encore mais cela lui servira surement au moment du casting pour le remake de Bienvenue à Gattaca)
Vais-je à cause d'un misérable exercice, me retrouver derrière les barreaux pour je ne sais quelle atteinte à la différence, ou stigmatisation du handicap. Dois-je m'enquérir à l'avance du nombre de doigts total des gens qui feront l'exercice et le diviser par le nombre de mains, pour être sûre . Dois-je mettre un disclaimer en bas ?
"La rédaction n'a en aucun cas, en représentant la main d'une majorité de la population, voulu heurter la sensibilité des hyper ou hypo digitalisés susceptibles de se trouver en contact avec le présent exercice. "

Je ne vous ferai pas ici étal des multiples idées alternatives qui ont jailli dans mon pauvre cerveau torturé pour la bonne et simple raison que j'ai bientôt fini mon café et que j'ai pas que ça à faire, mais un fou-rire conséquent en fut le résultat.
Vous savez comment je m'en suis débarrassée du fou-rire ?  En réalisant que si j'étais développeur aux USA et non pas en Europe, j'aurais effectivement à me poser toutes ces questions.

Ça refroidit.

[EDIT de 19h12] Relativisons, j'aurais aussi pu être prof. (second fou-rire de la journée) [/EDIT]

vendredi 20 novembre 2009

Madame Nefisa vous répond.

Chère Madame, Cher Monsieur, Cher Chien, Cher Obsédé,

Ayant depuis fort longtemps renoncé à m'astiquer le braquemard*  en matant les courbes vallonnées des statistiques de fréquentation de ce blog, j'en suis venue à ne plus les utiliser que pour me bidonner devant les requêtes, plus débiles les unes que les autres, qui vous font atterrir sur cet espace.

Nonobstant le fait qu'il est parfois un peu déconcertant, voire franchement vexant de vous voir débarquer avec vos souliers tous crottés et vos fautes d'orthographe affligeantes dans mon espace pourtant fort bien tenu, à l'écriture quasiment irréprochable et au style raffiné, je vais prendre sur moi aujourd'hui, tout blâmer sur le manque de discernement des algorithmes de Google, et répondre à vos questions.

Oui. Je sais faire preuve d'altruisme. Surtout si ça me permet d'en faire un billet.

Ouvrez bien vos mirettes bande d' hikikomori analphabètes, béotiens de pixels et autre surfeurs lubriques, grâce au grosses traces de semelles que vous laissez dans mes statistiques, je peux cerner vos désirs les plus profonds et vous aider à trouver la voie sans plus vous perdre dans mon salon.


"Ma bite" Beaucoup d'entre vous la cherche. Personnellement, je n'en possède pas. Enfin, pas sur moi. Si c'est la votre que vous cherchez, je ne l'ai pas non plus. Mes activités de femelle castratrice se limitent aux coups de genoux dans les couilles et je n'ai pas une âme de collectionneuse. Si anatomiquement parlant vous vous sentez un peu perdu, elle devrait selon toute logique de trouver quelque part sous votre nombril, pour savoir ce que vous cherchez, google image devrait vous fournir des schémas relativement précis. Si à l'aide de ces explications vous n'en trouvez pas vous êtes
1. Eunuque et vous m'en voyez désolée,
2. Une fille . Dans ce second cas, votre prochaine requête google devrait être "mes seins" ou "ma chatte", vous verrez, on s'y fait.

"Dépucelée par mon oncle" et "Dépucelé par mon oncle" et tous les autres du même acabit (Mais vous êtes combien ? C'est effrayant !) Bien que je ne puisse là vous être d'aucune aide, je pense que vous devriez fonder une association, vous aurez surement un tas de choses à vous raconter. En revanche, si mon oncle à moi pouvait arrêter de me faire des déclarations d'amour dans les commentaires, que je ne reçoive plus ce genre de requête, ce serait cool, merci tonton.


"J'interpréte ce ki di inversement." Quelque part ça ne m'étonne pas. Le système est simple il suffit de réinterpréter à l'inverse ce qu'on a interprété et normalement comme ça on interprète correctement. Fus-je claire ?

"Le mange-rêves nefisa poil au bras"  Oriane, t'es pas drôle.



"Comment dire enculé en polonais" : Je l'ignore, dis juste "kurwa" très fort, ça devrait suffire.



"Comment passer la virginité de sa femme sans enlever la culotte" : Il paraît que les culottes fendues reviennent à la mode, pour noël je suis sûre que ça lui fera super plaisir (surtout si ça lui permet d'en prendre par la suite, pauvre dame.)


"Comment tuer quelqu'un sans le toucher dans son sommeil" : En temps que militante active du massacre à la machette en face à face, je ne prendrai même pas la peine de donner ne serait-ce que la moindre piste de réflexion à un être aussi lâche que vous.

"Ma sœur est une traînée, que faire ?"  Mes sœurs sont des jeunes filles fort respectables, j'ai moi même veillé à ce qu'elle reçoivent une éducation absolument irréprochable. Je vous prierai donc de vous tourner vers Calixte Hurtebise, un spécialiste de la question. Et c'est bien le seul atout de ce monsieur.


"Grilles gratuites bouquet de fleurs et cœur point de croix" Foutez le camps. Vous me dégoutez. Perverses.

Voilà ,j'espère vous avoir été utile. 
Les autres, obsédés de gros acabit, frustrés désespérants vous comprendrez aisément que je ne vous veuille pas ici, et donc je ne reproduirai pas vos requêtes.

Cordialement,

La taulière.

* Spéciale cassdédi à tonton.

mardi 17 novembre 2009

Travelling arrière.

Depuis une semaine et des poussières mon père est en vacances.
Au vietnam.
Avec William, un ami.

Il nous gratifie mes soeurs et moi de mails concis et innaccentués chaque fois que ses doigts rencontrent un ordinateur.
Ca donne ça :

"J'ai fait du trekking dans la montagne c'etait bien (j'ai perdu 150 euros) (tout va bien) "

"J'ai passe deux jours à Hanoi (j'ai perdu mon telephone) (tout va bien ) "

On attend avec impatience le mail final :

"Je suis a l'aeroport (j'ai perdu William.) (tout va bien.)"

dimanche 15 novembre 2009

Ce n'est que le début.

"Somedays aren't yours at all,
They come and go
As if they're someone else's days
They come and leave you behind someone else's face
And it's harsher than yours
And colder than yours"

Regina Spektor



Il pose son verre.
Le bruit un peu sec du cristal qui claque contre la marquetterie a les accents implacables d'une lame de guillotine.
- "J'ai fini par me décider."
L'annonce est sans appel, elle aussi.

Antioche baisse la tête, comme pour accuser le coup à venir. Comme si ces deux éclats sonores et tranchants n'étaient que la répétition de l'exécution, histoire de parfaire le son du couperet final. Celui qui, après un bref silence, serait suivi du bruit du sang.

Elle sent le regard charbonneux de Mordka sur son cou. Les iris chauffent sa jugulaire, et elle, la protège inconsciemment, remontant d'un pouce maladroit et d'un index diaphane l'encolure de sa robe. En vain.

- "Je pars." conclut-il. Et pour illustrer son propos, il se lève. D'habitude, en se redressant, il prend appui sur le genoux d'Antioche, et sa main chaude et nerveuse s'attarde un instant sur la peau souvent nue. Pas cette fois.

Il ne l'embrasse pas non plus.
Il s'en va. C'est tout.

Antioche reste seule avec l'empreinte des lèvres de son amant sur un verre.

__________________________

- "Tu ne viendras pas ce soir ? "

Lull frôle d’un doigt léger le velours de la veste qu’il ne portera pas et ne répond que d’un sourire contrit.

Il arpente la pièce comme s’il la voyait pour la première fois, se penche sur les détails d’un vase, prend un bibelot, le soulève, en observe les reflet à la lumière, une moue rêveuse vient allonger ses lèvres. Il ouvre la bouche pour raconter… rien.

Elle le coupe sèchement avant même qu'il ait le temps de détourner la conversation.

- "Je sais que tu ne le fais pas exprès mais tu sembles y prendre un tel plaisir. Ca m’effraie."

Il serre les lèvres, elle voit ses yeux qui se mettent à briller, une lueur de reproche, si commune chez lui quand il la regarde qu'elle se met en colère. Elle voudrait le tuer, dans l'instant, pour oser lui assener une fois de plus ce regard culpabilisant. Malheureusement elle sait parfaitement qu'elle n'esquissera pas même un geste, que pas un cil ne bougera. Et lui sûrement ne s'en apercevra même pas. Tout occupé à sa propre détresse.
Le laissant à ses miroirs imaginaires, rêver à ses reflets, elle sort du salon et s'arrête devant une glace, une vraie, qui lui renvoie son visage terne aux yeux qui ne peuvent s'empêcher de rougir, une glace qui lui montre toute sa médiocrité sans le confortable mensonge des fards de l'imaginaire.

Elle reste là silencieuse, à regarder sans y penser vraiment les larmes qui germent sans couler à l'orée de ses cils, et ce n'est que lorsqu'il l'appelle, d'un ton qu'elle ne lui connaît pas, pas lorsqu'il dit son prénom d'habitude, qu'elle se rend enfin compte qu'il l'a suivie dans l'entrée.

-"C'est comme ça que tu prononces leurs prénoms ? " Demande-t-elle sans quitter son reflet.
-"Je ne te comprends pas."
- "C'est toujours avec cette douceur là que tu dis le prénom des gens que tu aimes ? Pas comme tu martèles le mien avec une pointe d'agacement pour parfumer chaque syllabe."
- "Aza...Tu dérailles..."
- "Voilà, comme ça, en traînant le second a dans la boue de ton mépris. Je me disais bien que ça ne pouvait pas être vrai. L'acoustique de cette entrée est désastreuse. J'y vais. Passe une bonne soirée."

Elle va poser un baiser sur sa joue, il tend à peine le cou pour accueillir les lèvres maladroites et furieuses sur la porcelaine de sa peau et elle s'en va sans se retourner, elle ne veut pas voir ses yeux.

jeudi 12 novembre 2009

.Sors.

Et puis, c'était le matin.
Le matin du jour où t'es pas né.

Je me suis levée, j'avais mal au ventre.
Tu m'étonnes.

J'ai supposé que ça foutait les boules de tuer quelqu'un, même si le quelqu'un en question c'était qu'un embryon qu'avait même pas encore un cœur, une tête, des membres ou quoi que ce soit, même si c'était juste un amas de cellules. Enfin, je t'imaginais comme ça, tu vois,  juste un tout petit tas.

Après j'ai fait ce que je faisais tout les matins, je suis allée pisser.
Assise sur les chiottes je pensais à toi et à quel point ça allait me faire mal de te foutre dehors.
Physiquement.
Paraît que ça fait mal un avortement.
Pas moralement vraiment, t'aurais fait quoi sur terre ? T'étais le fils d'un con, vraiment, ça n'aurait servi à rien,  j'aurais eu honte de te sortir gamin, j'aurais même eu honte de t'avoir en moi. Et il se serait même pas occupé de toi. De toute façon la première chose qu'il a dit pour toi, c'est "J'en veux pas" Ça doit être la première fois que j'étais d'accord avec lui d'abord. Tu vois, je pense que comme ton père t'aurais sûrement été un pauvre con.
Sexy.
Mais con.
Et puis merde, je vais te le répéter combien de fois ? T'avais rien à faire là. Rien.
J'étais sur les chiottes.
Tu sauras tout.
Je pissais en me disant que si je manquais le rendez-vous, peut-être que tu naîtrais. Je vois pas pourquoi je l'aurais manqué, le centre était à dix minutes à pied de chez moi. J'avais pris ma journée. Tout était prêt. Mais j'y pensais quand même.
Et puis je me suis demandée si tu aurais ses yeux, ou les  miens.
Et je me suis dit, mais pauvre conne, arrête de penser à ton ventre qui va se gonfler, arrête de penser aux chaussons que t'as vu hier. Arrête de penser, arrête de penser à un bébé qui bouge, à un truc qui vit. A ses doigts, qui seront forcément petits et mignons. Arrête.

Et mon ventre me faisait tellement mal, ça se contorsionnait là-dedans.
Je me suis essuyée et j'ai jeté le papier dans les chiottes, je chialais tu vois, je sais pas si c'était la douleur ou la douleur, oui l'autre douleur, celle qui est dans la tête.
Mais quand je me suis relevée, je t'ai vu. Là, au fond des chiottes.
Enfin, je t'ai pas vraiment vu. Mais sûre t'étais là devant moi. Quelque part.
Y'avait juste du sang partout sur l'émail blanc, et de gros caillots noirs.
Je suis restée là, debout, longtemps. 
C'était crade. C'était triste. C'était toi.
J'ai tiré la chasse d'eau.
Deux fois.

Et puis j'ai séché mes larmes et j'ai fait ce que je faisais tout les matins : Je suis allée me préparer un café.

Alors voilà, tu voulais savoir pourquoi t'es pas né.
Parce que tu m'as pas vraiment laissé le choix.
Tu sais ? C'est bon ?
Fais moi plaisir, maintenant.
Casse-toi.

Vraiment.

mercredi 11 novembre 2009

.Inaudible Melodies.

Après, j'ais pris la pilule du lendemain. C'était un matin cafardeux, les rideaux de mon amant cachaient mal la pluie. Je l'ai laissé là, endormi, rassurant, et je suis allée à la pharmacie.
La nana elle m'a pris une demi-heure, elle m'a dit, en gros :" Faut pas baiser sans capote."
Je voulais lui répondre "Et ta mère salope ? On m'a violé." Mais c'était pas vraiment un viol. C'est juste que j'avais oublié de dire non. Que j'avais oublié de le mordre. Que j'avais oublié ma fierté quelque part dans ma valise même pas encore déballée.

Sauf que la pilule du lendemain, elle a pas marché.
Je m'en suis pas aperçue tout de suite. Juste deux mois plus tard, je me suis dit : "Merde, je saigne pas, ça fait un bail, je sais même plus quand. "

Alors j'ai fait un test, et un autre. Il me criaient oui, oh là, t'as vu ça, quel heureux évènement !
Et je suis allée dans un endroit où on m'en a fait un troisième. Ça disait toujours oui.
Allez, jamais trois sans quatre qu'ils ne disent pas, je suis allée au centre où ils tuent des embryons. On m'a regardé dedans, dehors, dans la pisse et dans le sang. On m'a dit :  "Ben oui, y'en a un. Alors ma vieille, t'en fais quoi ? "
Moi j'ai dit : "Foutez moi ça dehors. "
Et je suis sortie, avec ma petite fiche.

Tu voulais savoir pourquoi t'es pas né ?
Parce que je suis sortie avec ma petite fiche qui disait : Mardi 13h. Parce que j'ai téléphoné à ton jamais futur père, je lui ai dit : "Hé connard t'as du pot, c'est gratuit d'avorter à mon âge, je t'aurais fait payer la note sinon."
Il m'a dit :" Ok, tu viens boire, on est au bar, je te dois bien ça. "

J'ai mis la petite fiche avec la date de ta mort dans ma poche et je suis allée fumer des clopes et boire plein de double-vodkas avec ton pas papa.

Voilà pourquoi t'es pas né.

dimanche 8 novembre 2009

Sororité et pixels

Je me plains de temps à autre d'être affublée de deux engeances pas franchement supportables : mes petites sœurs.

Elle n'ont qu'un an et demi d'écart, moi j'ai 5 ans de plus que la plus vieille des deux, je vous laisse imaginer les séances de catch deux contre une qu'on a pu avoir durant notre folle jeunesse. Et vous savez enfin pourquoi je ne réagis plus quand on me chatouille ou qu'on me tire les cheveux. Je suis immunisée.

L'élément révélant que quelqu'un est votre petite soeur c'est qu'elle dira toujours que ce que vous faites est nul, ou qu'elle aime pas, mais qu'elle finira forcément par vous imiter.

Allez savoir pourquoi. Parce que les aînés ont toujours raison, ou par pure jalousie, ou l'admiration secrète, ou c'est juste que des sales copieuses et je vais le dire à Maman ?




(je reviens)

...



"Maamaaaaaaan, Oriane et Roxane eh ben elles font rien qu'à m'imiter !!"
"Mais c'est parce qu'elles t'aiment ma puce (sic), laisse-moi donc finir de remplir cette baignoire pleine de capitalistes de béton et va à la cave aider Roxane avec ses cocktails Molotov."

...

(je suis revenue)

Ça avait commencé avec Oriane aka Nombril qui après m'avoir assez longtemps chambrée sur l'incommensurable égocentrisme du blogueur a ouvert son propre défouloir : Nombril-Nombril.
Au moins, elle assume.
L'endroit est en friche, il faut dire que la donzelle est occupée : 3 boulots, 25 bénévolats, un petit copain et sûrement une plante verte. Il doit juste lui rester assez de temps pour ses études et manger ses crottes de nez en faisant des grimaces devant la glace. (Je t'aime.)

Roxane aka Garte vient de prendre le relais. Un blog dessin. Parce c'est ce qu'elle fait, dessiner. Des fois elle parle un peu, elle dit "Oui." ou "Non." ou "Gné.".
Mais elle dessine plutôt.
C'est encore un peu en travaux, mais ca s'arrangera sûrement par la suite. Le titre, c'est " Le cri d'Elliot"
Pourquoi le cri ? Roxane a du coffre, faut l'entendre chanter l'Internationale au moment du bénédicité pendant que Mère un couteau entre les dents coupe le pain quotidien en parts parfaitement égales.

Pourquoi Elliot ? La légende veut que si mes sœurs et moi avions été des garçons, nous nous serions appelé : Hippolyte, Roman, et Elliot. Vous remarquerez que j'hérite une fois de plus du prénom importable du lot.

Roxane a des choses à dire, à sa manière, du bout de ses dessins, et elle a beaucoup de rêves à partager. Libre à vous d'aller y faire un tour, mais attention, c'est ma plus jeune sœur préférée, si vous l'embêtez, je vous tue à coup de cure-dents et Oriane vous enterre avec du poil à gratter.




L'image de ce billet est un texte de moi gentiment recopié et illustré par Roxane, il y a au moins 5 ans de ça. J'écris mieux, elle dessine mieux, mais je n'avais que ça sous la main.

samedi 7 novembre 2009

.Song Against Sex.

En fait, il est rentré.
Non attends, c'est moi qui suis rentrée.
Ça faisait longtemps.
Des mois.
Je savais même plus qu'on était ensemble.
Je l'avais trompé tellement de fois.
Mais il était canon.
Je lui ai téléphoné.
Il m'a dit : je viens.
J'avais rien demandé mais il est venu.
Il m'a dit qu'il ne faisait que passer.
J'ai répondu OK et je l'ai senti passer ce connard.
Il m'a ôté mon t-shirt, mon soutif', m'a collée sur le lit.
On a fait du sexe. Juste ça.
Je comprenais que je voulais pas, mais je savais pas quoi faire.
Alors je le laissais faire, lui.
Il m'embrassait même pas. Il a juste baissé son froc, soulevé ma jupe et il a fait son truc. Ça n'a duré que quatre minutes  après tout.
Putain c'est long quatre minutes avec un con dans ton con, t'imagines même pas.
Après il l'a remballé, son truc.
Il m'a dit en remontant sa braguette : C'est  le premier anniversaire de mon fils aujourd'hui.
J'ai rien répondu.
Il m'a dit :  Faut que j'aille le voir.
J'ai dit : Ouais connard, va voir ton fils, le jour de sa première année. A 11 heures du soir.
Non, j'ai rien dit, j'étais là. assise sur le lit, je sentais son sperme qui commençait à descendre, pendant que lui refermait la porte de ma chambre.
J'ai pris une douche, et je suis allée laver le reste, la honte, dans les bras de mon amant, celui que j'aimais.
Il a mis des capotes, lui.

Voilà.
Tu voulais savoir.
C'est comme ça que t'es pas né.

mardi 3 novembre 2009

.Si je ne vis pas aujourd'hui, je serai là demain.

J'aurais jamais cru que je mourrais comme ça.
J'aurais jamais cru que je ferais ça comme lui.
J'aurais même dit " Plutôt crever que de clamser comme ça" ou un truc absurde du genre.
Mais la maison était vide, y'avait que moi.
Et le chat.
Ça n'allait pas. Du tout. J'étais toute vide. Pleine de rien. Et le rien ça pue la mort.

Alors je suis allée au squatt.
C'était l'été, il faisait chaud, et je voulais en finir vite avec toute cette sueur et cette attente d'une autre vie qui me semblait soudain si vaine sous l'éclat intransigeant du soleil.
J'étais écrasée par Phoebus.
Au squatt il y avait Juls. Il avait paumé toutes ses dents depuis l'époque où je zonais avec lui, tous les soirs à la gare, en attendant mon train pour rentrer en Enfer. Il avait mis des petites boules en fer à la place.
Il m'a dit "Te revoilà ma Princesse"
Moi j'ai dit : "T'as de l'héro ? "
Il a répondu "Non mais j'ai plein de crack."
Alors j'ai dit : "Plein, ça ira."

Je suis rentrée, en glissant d'entre ses doigts pleins d'espoir et ses regards gluants, j'étais pas encore assez désespérée pour m'envoyer une dernière fois en l'air avec un type comme Juls. Je pensais à lui là-haut, à mon aimé, et je voulais arriver la chatte propre au cas où on aurait le droit de baiser au Paradis des Suicidés

J'ai sorti ma pipe à crack, une bêtise achetée à Maas quelques années auparavant. J'ai maté sur internet une paire de vidéos histoire de faire ça bien. J'ai mis plein d'eau et plein de croquettes au chat. Il avait pas demandé à crever lui après tout.
Et je l'ai fait.
Ça a fait paf dans ma tête je crois, et j'étais sûrement morte.

Quand j'ai rouvert les yeux 18 heures plus tard, j'avais la pire migraine de tous les temps, ma langue, c'était de la sciure, mes globes oculaires avaient sûrement triplé de volume pour me faire mal comme ça, ma joue gauche était collée au sol par mon vomi séché et le chat me mordait les orteils.

Il avait mangé toutes ses croquettes.
Le con.

Alors je suis allée lui filer à bouffer.