vendredi 30 avril 2010

La page de garde et mes chevilles qui dégonflent.

Il y a quelque temps je vous avais décrit une fille dans le train qui lisait. Et des vieilles pies autour, qui par leur caquetage intempestif empêchaient l'adorable enfant de se cultiver.
C'était tout plein d'émotion, ce texte, un concentré de sentiments. La vérité nue sous vos yeux esbaudis . Je pleurais en l'écrivant tellement c'était beau, j'ai même dû changer au moins trois fois de petite culotte pendant la rédaction. J'ai joui en appuyant sur le bouton "publier". Après pour fêter ça, je suis allée me murger. La pression de l'écrivain quand ça se relâche, vous savez.
Le lendemain, en me réveillant baignant dans mon vomi, j'ai conclu, doctement : "Le processus créatif, ça coûte cher en lessive." Et je suis passée au monument littéraire suivant.

Dans ce chef-d'œuvre de littérature, j'expliquais que de là où j'étais, je ne parvenais pas à voir le titre du volume qu'elle dévorait.

Je l'ai revue aujourd'hui.
Elle lisait, au calme cette fois.
J'étais heureuse pour elle.
Elle a levé son livre.
J'ai vu la couverture. 

...

Tuez-moi.
Tuez -là.
Tuez-le. Je sais pas mais faites quelques chose, j'ai gaspillé mon art, là.

13 commentaires:

LeGraphopathe a dit…

Mouhahahaha

Guillaume Musso, parce que maintenant, les laxatifs se prennent aussi par voie oculaire...

Nefisa a dit…

on peut difficilement l'exprimer mieux. Vous croyez qu'il vous traduirait du Griotte, ce monsieur ? Ça pourrait être intéressant.

Didier Goux a dit…

Mais peu importe le sujet, voyons : c'est ton art qui compte !

Comme disait Cocteau à Proust, se plaignant de ce que la comtesse Greffulhe n'avait probablement pas ouvert Du côté de chez Swann : « Est-ce qu'on demande aux insectes de lire les livres de M. Fabre ? »

ta sisteur a dit…

Wouah, jkif tro la pochete, jcroi kV lHT

Nefisa a dit…

Tonton : pas d'angoisse, en vrai j'ai ri.

Rnieuh : oué tro, tsé...

Jerry a dit…

Au contraire, je la trouve encore plus touchante comme ça. La littérature est pleine de figures de héros qui se gavent de mauvais romans : Madame Bovary, Don Quichotte...

Chr. Borhen a dit…

Jerry, Emma Bovary figure d'héroïne... ? Gustave doit être tout heureux de lire ça en même temps qu'il doit bien rigoler...

Nefisa a dit…

Jerry : Ça m'a au moins fait rire et permis d'écrire une séquelle amusante.

M'sieur Bohren, je vous laisse débattre de la chose avec Jerry (dont je vous conseille le blog, si vous n'avez déjà cliqué), ce genre de sujet m'échappe légèrement.

Jerry vs. Bohren.... hihihi... (vite, mon pop corn)
(Désoéle, c'est le matin)

Catherine a dit…

Mouarf, mais bon, le principal est le plaisir que nous, on a eu à lire votre billet : )

Nefisa a dit…

Et j'ai encore réussi à écrire Borhen à l'envers. deux fois. (vous avez le droit de m'insulter)

Catherine : je mettrais quand même un extrait d'un Musso, sous peu. En guise de remerciement. :)

Jerry a dit…

Mais oui, mais oui, monsieur Borhen, Madame Bovary, Don Quichotte, anti-héros, donc une sous-catégorie de héros. Cadrent tout à fait avec la définition du héros comme "personnage principal d'une oeuvre littéraire" (tout simplement), et pas si mal, somme toute, avec "personnage légendaire à qui sont attribués des exploits extraordinaires"...

Nefisa a dit…

Et minceuh, Sa Sainteté et moi fantasmions ce matin sur un dialogue épique et de haute tenue que nous suivrions hilares et en nous gavant de chocolat, sans y rien comprendre. Et vous vous fermez le tout avec une définition que même moi j'ai pigé du premier coup.

Ah bah, la prochaine fois je parlerai d'Anna Galvada et avec un peu de chance je trouverais Musset, Sand et de Vigny cités dans mes commentaires.

Chr. Borhen a dit…

Jerry, lorsque notre ours normand est heureux et rigole, cela ne signe pas forcément son désaccord. La preuve : vous avez raison.

(Merci pour le conseil de lecture Nefisa, je file chez Jerry.)