mercredi 14 juillet 2010

Je m'appelle Sidney

C'est toujours la même chose quand je casse un verre quand je suis seul, si il y a quelqu'un ça va. Mais seul... Surtout quand je le casse exprès. Je regarde les morceaux, de haut, longtemps.

Puis je m'assieds sur le sol, dos au mur et j'en attrape un pointu. Je le teste sur le sol, sur un mur, n'importe quoi. Après le bruit cristallin du verre qui se brise, le crissement un peu rauque du fragment malmené me surprend toujours, je m'attends à un sifflement. Ou un souffle aigu. Je le teste sur mon bras ensuite. Une caresse d'abord. Silencieuse, indolore. Et puis j'appuie. Pour que la marque reste. Quelques minutes au moins.

Et j'attends qu'elle s'estompe. Je compte les morceaux. C'est mieux s'ils forment presque un demi cercle. J'aime avoir un public.

Et je reprends mon rituel idiot, je trouve un truc, toutes les fois où, le nombre de, peu importe, il faut juste un chiffre. Juste un chiffre... pas trop élevé sinon je sais que je risque de déraper.
Des fois aussi, je griffe un motif. 
Des fois je ne compte pas, mes tocs sont changeant, mes dépressions joueuses. Je me dis juste que j'arrête, sagement, à la première goutte de sang.
C'est plus sournois qu'il n'y parait, si je fais bien attention, mon avant-bras est écarlate bien avant qu'un minuscule rubis s'y dessine sur un sillon de peau qui gonfle doucement.

Ensuite, je me lève, je ramasse sagement les morceaux et je désinfecte les plaies.
Je suis fier, une fois de plus, je me suis sauvé la vie.
Tout seul.

Car toujours, toujours, j'arrête quand j'ai dit. Il le faut.
Même si des fois, des fois... j'ai juste envie d'appuyer vraiment.

3 commentaires:

Le coucou a dit…

On ne peut pas vous reprocher d'avoir le billet béat, ces temps-ci…

Nefisa a dit…

Je tiens à tout prix à dissimuler le fait qu'en réalité je suis un "bisounours" croisé "petit poney". (celui avec une crinière rose à paillette.)

Oriane a dit…

C'est réussi, Chuky croisé Cat Woman.