vendredi 20 août 2010

Oh Marlène

-"Je me demande à quoi elle pensait."
-"Qui ?"
-"Marlène."
-"Quand?"
-"Quand ils se consumaient, comme un clope entre ses doigts. Tu sais, tous ces soldats. Ceux d'au suivant, au suivant..."
- "Tu mélanges deux chansons."
- "Le sujet est le même, c'est une pute et des soldats qui lui passent dessus."
- "Toujours ce langage délicat. Marlène Dietrich n'était pas une putain de camp."
- "Alors nous dirons que j'allégorise. Donc... Elle pensait à quoi, Marlène ? Tu crois qu'elle les regardait ?  Elle se disait "Oh tous ces poils, oh qu'elle est moche celle-là, je ne la sucerai pas, pas pour un empire. Qu'il est gauche, il va tirer à blanc rien qu'à me toucher un sein le pauvret. " Des pensées comme ça, entre deux halètements, "Han haaa, oh oui chéri, mets-la moi." ?"
- "Que veux-tu que je réponde à ça ?"
- "Peut-être qu'elle pensait à celui qu'elle aimait. Tu sais, celui à qui elle faisait l'amour avant de partir, pas celui avec qui elle baisait. Celui qui même en la frôlant d'un regard un peu doux ne la remplissait pas de foutre mais de bonheur. Ça aurait pu être bien, regarder ailleurs et faire l'amour 5 fois, 10 fois, 30 fois à celui qu'on aime sans même qu'il soit là. Le sentir jouir tant de fois entre ses bras, même si c'est pas tout à fait vrai. Peut-être même que des fois il y en avait un qui lui ressemblait, en rien vraiment, pas un sosie, juste un geste, un regard, une intonation, et que celui là elle le laissait un instant la serrer contre lui, juste pour se souvenir, faire semblant. Elle aurait pu lui dire, en rentrant, si ils se retrouvaient "Mon amour, mon amant, je t'ai aimé tellement, je t'ai aimé des milliers de fois."
- "C'est douloureux non ?"
- "C'est mieux peut-être, c'est mieux que de se lever le matin et de se laver la chatte, et voilà, bien lustrée pour la patrie, d'enfiler des bites sans même y penser, et puis qu'un jour un soldat arrive qui n'a rien de différent, qui fera son affaire sans trop la regarder, et quand il se redressera, elle voudra tendre les bras pour qu'il reste, toujours. Et lui il partira. En disant "Merci." peut être, ou pire, "Bonne journée Madame !" "
- "Alors, Marlène, elle pensait à quoi ?"
- "J'en sais rien, c'est à toi que je demandais, mais tu réponds pas."
- "Peut-être qu'elle se demandait si elle allait mourir sous les bombes, là, ou juste un peu plus tard de la syphilis."
- "Tu es bien trop réaliste pour moi."

Serre-moi encore, étouffe-moi si tu peux
Toi qui sais où, après une subtile esquisse
On a enfoncé les vis...
Nous les écorchés vifs, on en a des sévices.
Oh mais non rien de grave
Y'a nos hématomes crochus qui nous sauvent
Et tous nos points communs dans les dents
Et nos lambeaux de peau qu'on retrouve ça et là
Dans tous les coins- Noir Désir

9 commentaires:

Didier Goux a dit…

Bien.

Ant. a dit…

Superbe. Troublant. Poignant.

Nefisa a dit…

Tonton, #Papapoule : Mettez vous d'accord.

Suzanne a dit…

C'est mieux que le texte de Noir Désir.

Oriane a dit…

Encore !!

Le coucou a dit…

Chapeau, c'est moi qui l'enlève.

Nefisa a dit…

Suzanne : Heureusement que vous êtes là pour critiquer. :)

Oriane : Gourmande, tu reprendra bien un peu de gonorrhée,

Le coucou : Encore deux commentaires du même acabit et je ne saurais plus ôter le mien tant la tête m'aura enflée.

Monsieur Poireau a dit…

Marlène, quand elle aime, c'est comme tout le monde, elle ne compte pas !
:-))

Oriane a dit…

Non merci j ai assez de mes cornes syphillitiques