Ou pas.
Aujourd’hui il fait beau, ou pas. Hahaha.
Sinon tu peux sortir, ou pas. Hahaha.
Je te donne du pain, ou pas. Hahaha.
J’ai mangé des carottes, ou pas. Hahaha.
1+1=2, ou pas Hahaha.
L’alphabet c’est cool, ou pas. Hahaha.
J’ai des chaussettes noires. Ou pas. Hahaha
Dans le film Ridicule, il y a cette scène où le prêtre libertin se fend d’une démonstration pleine d’esprit sur l’existence de dieu, et donc la légitimité du Roi. Mais il termine sous les applaudissement nourris par la phrase qui le tue « Et je pourrais tout aussi bien vous démontrer le contraire . » Expliquer au Roi que son pouvoir de droit divin ne trouve son fondement que dans la rhétorique, c’est maladroit.
D’ailleurs les gens cessent d’applaudir, et il finit surement avec la syphilis.
La variante actuelle de cette connerie d’humour thèse -antithèse, c’est "Ou pas" . Opération O combien compliquée consistant à rajouter « ou pas » à la fin de chaque phrase, fut-elle interrogative, exclamative, ou pleine de points de suspension et de lolcats mignons, pour la rendre Drôle, hahaha. Nous vivons dans un monde super drôle, ah putain j’éclate de rire, je vais étouffer.
Ou pas. C’est pas drôle.
Le systématisme c’est laid.
Ne vous méprenez pas, dans le contexte idéal. « Ou pas » peut être drôle. Si le prêtre avait fait sa diatribe devant Cromwell, le type aurait blêmit pendant tout le discours avant de se péter la rate en entendant la chute.Il suffit d'être à-propos.
Si vous dites « j’ai des chaussettes noires » et qu’au moment où vous le dites une moissonneuse batteuse vient vous sectionner les deux pieds juste au dessus de la cheville, on vous saura gré d’avoir su ajouter « ou pas » en regardant crânement vos moignons sanguinolents. Ca dédramatise la situation.
Oh, je sais, vous allez dire que je manque d’humour.
Ou pas.
Hahaha.

10 commentaires:
Dans la mesure où le prêtre était joué par Giraudeau, je dirais cancer plutôt que syphilis...
Tonton en mode humour noir.
Oui, mais le "ou pas" quand il est écrit l'est comme dans la dernière phrase, à la ligne, isolé. Le hahaha est muet à l'oral, c'est un rire muet préenregistré. (oui, je sais, c'est idiot)
(...)
"Mais je pourrais tout aussi bien démontrer le contraire... s'il plaisait à sa Majesté" (ou quelque chose dans ce genre ; en tout cas, il s'agissait de dire qu'il était au service du Roi, plus que de Dieu (et par là il démontre, en effet, que tout cela n'était que rhétorique, ce que vous dîtes). Sa démonstration, par ailleurs, est celle de la cause première, ou "preuve cosmologique", qui était déjà un peu daté au XVIIIe, durant lequel on lui préféra la "preuve ontologique" (Dieu ne peut pas ne pas être), tenue pour belle et bonne par ce bon vieux René D. (quand, outre-Rhin, Leibniz s'agrippait bien fort à cette causalité, a contingentia mundi ; ces deux-là ne se sont jamais bien entendus) ; c'est Kant qui nettoya tout ce fatras, avant que Hegel ne présenta sous un jour que certains trouvèrent nouveau cette vieille scie scolastique, ce qui ne fit pas beaucoup pour me le rendre sympathique, mais de cela, probablement se foutait-il.
Voilà. C'était la "minute pour me prouver que d'étudier la philo ne me fut pas totalement inutile, la preuve (scolastique) : c'est drôlement commode pour frimer sur les blogs".
Didier : Je préfère la syphilis, je trouve cette maladie d'un haut comique depuis que j'ai lu cette lettre de Maupassant à Pinchon où il semble s'en amuser follement.
Suzanne : C'est le comique de répétition qui m'emmerde surtout. Le Oupah n'est pas la Panacée. (raaahaaha)
Tcheni :
(faites attention, le nom de rené D. est à bannir de mon blog. J'ai fait une overdose de discours de la méthode, adolescente, depuis j'ai des crises d'urticaire à la mention de l'individu. )
Parenthèse à part, je me coucherai moins inculte. Merci.
Nefisa,
vous noterez que, saisi d'une inspiration divine, probablement en raison de l'élévation du sujet, j'avais pris soin de réduire l'à vos yeux très peu cher homme à son seul prénom, vaguement précisé par une initiale (ceci en constituera la dernière référence, même indirecte, que je ferai chez vous).
Je vous en veux beaucoup, en revanche, de m'avoir fait me relire, puisque j'ai pu à cette occasion repérer deux fautes grotesques dans mon commentaire précédent. Merci donc de mentalement rétablir la féminité de la preuve, ligne 7, ainsi que la dignité du subjonctif imparfait, immédiatement après Hegel (tout juste avant un imparfait, voilà une place qui lui conviendra bien).
Quant à vous coucher moins inculte, c'est ce que vous faites chaque soir et, malheureusement peut-être mais heureusement plus sûrement, je n'y suis toujours pour rien.
Mais pourquoi donc ajouter "ou pas" à la fin d'une phrase quand on peut tout aussi bien y ajouter "in bed" ?
Je vais de ce pas dîner moins inculte.
Rien à voir.
J'ai perdu le lien du forum que vous m'aviez donné : ( pasoupa)
http://materielceleste.forumactif.com/
Mais que mon oncle ne vienne pas m'embêter parce que vous vous ruinez en poupées.
Nefisa, merci. Et c'est surtout pour regarder les photos (pour l'instant).
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