lundi 29 novembre 2010

Vacance

Je ne fais rien.

Je suis arrivée aux aurores, mon entrevue avec lui sur le quai avait le gout de deux nuits trop courtes, de doigts trop froids et d'envie de contact frustrée par la raideur des épaisseurs de vêtements. Des mains qui se lient au dernier moment, comme à défaut d'une étreinte correcte et se séparent à contrecoeur. Reste le parfum.

Et j'en suis là. En chaussettes dans le bureau encore désert. J'écoute très fort Jaroussky, il chante en boucle Amanti io vi so dire, de Benedetto Ferrari pour moi. Mais ça ne me motive pas.

J'ai ouvert tous les logiciels.

Wikipedia est lancée. J'ai la bonne page et j'ai réglé l'écran sur la liste des sources. Ca sert à ça wikipédia, à trouver la source. Mais là je m'en fous, je ne veux rien trouver, rien découvrir, je ne lirai pas de tous mon saoul tout ce que je peux trouver sur la mafia, ou Warhol ou l'empire Britannique au XVIIIe pour en synthétiser le squelette et le resservir pré-mâché aux lycéens. Je m'en fous. Tout le monde s'en fout d'ailleurs.

Je pense à Dracula, à Mina Harker, faible femme au cerveau d'homme, celle qu'on enveloppe dans des peaux confortable -pauvre petite chose fragile- en lui confiant un fusil -hors du commun ce courage dans une coquille si frêle. Quelle confiance ont eu ces hommes d'embarquer un tel risque dans leurs aventures. Une femme, l'inconstance, les tracas. Mina Harker qui ne trouve le courage d'utiliser son esprit que pour servir la cause de son mari. Pas pour elle-même, oh non. Mais ça ne motive pas, n'est-ce pas, de ne s'améliorer que pour soi.

Il faut au moins un regard et pas celui du premier venu.

Je ne fais rien, et je m'en fous car de ce côté là de ma vie, tout le monde a cessé de regarder. J'attends le prochain matin froid sur le quai.