mardi 26 janvier 2010

Y a-t-il un Freud dans la salle ?

Cette nuit j'ai fait deux rêves à la con.

Dans le premier j'avais de la barbe (à la reflexion j'étais un mec, mais je n'en suis pas tout à fait sûre) bref, j'avais de la barbe et vraiment envie de la raser, mais je ne trouvais jamais la salle debain des hommes. (par contre y'avait un tas de salles de bain pour femme dans le bâtiment où j'errais).

Le second, je m'en suis souvenue en buvant mon chocolat, un éclair onirique qui ne m'a plus quitté, au point que j'ai dû le dessiner (gribouiller, j'ai pas que ça à faire au boulot et de toute façon je sais pas dessiner, n'épiloguons pas (le premiers qui me sort Verlaine dans les commentaires je l'étrangle avec mon fil RSS) pour me le sortir de la tête

Oui, j'ai passé un rêve à discuter avec un parfait inconnu, nu, assis sur une chaise de bar. (moi j'avais mes vêtements, mais je préfère ne pas vous les décrire)

C'est récurrent en ce moment les rêves à la con. Je me demande ce que je peux bien faire de mes journées pour que ça influe comme ça.
Vous pouvez disposer.

samedi 23 janvier 2010

Miroir, mon beau miroir.

Ma gueule dans le miroir ce matin c'est quelque chose.

Si je tenais celui qui a trafiqué le parallélisme de mes yeux au milieu de la nuit, si je tenais le salop qui d'un baiser onirique et surement pas très sincère a desséché mes lèvres jusqu'à ce qu'elles ressemblent à une pelure d'oignon, si j'attrapais l'allégorie trafiquée de Morphée qui profitant de mon mauvais sommeil enfiévré a peint tous ces boutons sur mon décolleté, si je tenais tous ceux là, j'en ferais de la bouillie de vilain rêves.

Mais pour l'instant je suis surtout occupée à respirer par la bouche sans que mes amygdales ne succombent à la douleur.

C'est une angine blanche, je suis composée à 8% de virus, elle a investi mon ADN, l'ignoble, je le sais. Mais je reste moi n'est ce pas ? Même avec un hôte indésirable et des rêves pas bien clairs.

Je reste moi n'est-ce pas ? Ce n'est pas encore le moment de m'achever ?

J'arrache mon regard désabusé du miroir et je me hâte vers le nid douillet du canapé. 

Je trempe une tartine de beurre salé dans mon café en grimaçant à l'idée qu'il faudra à un moment ou à un autre que ça passe par ma gorge, j'avise mon ridicule tricot sur la table basse à côté d'un volume de Ryu Murakami, pas encore commencé, dans mon casque le chanteur du MC5 gueule d'une voix usée "kick out the jams" et je me rends compte que j'ai oublié de prendre de la confiture.
J'esquisse un vague mouvement pour me dépêtrer de la couette et puis non.

Je me rallonge et prend une gorgée de café. Au moment où le liquide trop chaud vient me titiller les amygdales au point que j'en vérifie si je n'ai pas avalé mes aiguilles, j'ai une pensée fulgurante de clarté :

Si un jour je me surprends à lire le catalogue IKEA en écoutant Indochine et en mangeant des Chokotoff, tout en faisant des listes de choses à faire sur des post-it rose bonbon, et qu'en plus je trouve ça bien et normal, je veux qu'on m'euthanasie.

lundi 18 janvier 2010

Je n'ai jamais été une petite fille.

J'entre.

Je dis Camel, quatre. Je donne un billet froissé.

Le petit monsieur me tend mon paquet, une pièce et un chewing-gum. Il a son petit sourire timide de petit monsieur. La dame d'avant moi a laissé une traînée odorante: sueur, cigarette et parfum aride, je suis l'odeur sans respirer jusqu'à l'air pas trop froid dehors.
J'appuie sur play.

"Et le moment que attendions tous est là!"

J'allume une cigarette et je ralentis. Ça me brûle les poumons, si je ferme les yeux je peux sentir mes bronches et le dessin de la fumée qui s'y insinue.
Je ralentis encore. En fermant un peu plus les yeux sans le faire vraiment, juste en imaginant que je le fais, je peux voir un court de tennis. Je me souviens des classes surchauffées de biologie, j'étais au premier rang et mon professeur, qui avait une barbe, nous racontait qu'en les étalant, bien à plat, nos poumons pourraient recouvrir ce court. Je l'imaginais en terre battue avec de petits gravillons qui viendraient chatouiller les bronchioles.
J'inspire la fumée acre et le court vibre et s'élève doucement. Une petite mort en deux virgule trois dimensions.

"J'ai la clé à la main et tout ce que je dois trouver, c'est la serrure."

Assise sur la chaise de l'arbitre, mon bâton fumant, à la main je souffle.

Ils sont tous là. La femme au fichu à son coin de rue, mon train devait être à l'heure, tout est normal elle me salue, et reprend son attente. L'homme à la canne traverse la rue, coucou immuable et bancal, il est 18h47. 18h48 s'il a trébuché dans la montée.

"Nous avons besoin de réponses de votre part, que pensiez-vous donc trouver ?"

Je les perds tous dans la fumée de ma dernière bouffée avant de ne pas sentir mon talon écraser la chaleur de mon mégot.


"Ladies and Gentlemen"


Je ne leur demande pas de réponse sur la normalité de la situation, je ne leur demande pas pourquoi ils sont là, fidèles à ma réalité alors que je nage par dessus, perchée sur ma chaise haute comme un ovni au dessus de mes poumons qui font la planche. Je ne leur demande pas pourquoi...


"...Je ne comprends pas."

L'état de panique est latent derrière mes paupières que ne sont pas vraiment fermées et il clignote faiblement comme la flamme agonisante de mon briquet lorsque j'allume ma seconde cigarette. 

"Je crois au futur, je crois au futur, je crois au futur..."

Je souffle, un vaporeux "What ever will be will be" s'enroule autour de mes cheveux.

Je dis adieu aux braises qui s'écroulent dans le caniveau.

J'ai oublié mes clés.


"Maintenant, écoutez moi tous !"


Je sonne.

Je compte jusqu'à cinq, la lumière s'allume.


" Que sera sera"


Je compte jusqu'à 10, doucement, sans respirer un air qui ne serait pas vicié.

La porte s'ouvre. Je m'y attendais n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?



"Voici quelle fut sa sage réponse..."



Da dida dadaa


dimanche 17 janvier 2010

Ces petits riens.

Tu me parles, tu me parles, les mains enfoncées dans mes poches, je t’écoute, je t’écoute. Soulagée.
Il y a toujours ce moment de flottement entre notre baiser et tes premières paroles.

Vingt-cinq secondes où je ne sais rien faire d’autre qu’attendre, pendant que tu décides. Et tes yeux se fixent sur nulle part, entre moi et l'infini qui se cache derrière un mur, là-bas, plus loin.

Vingt-cinq secondes où avant de remettre sagement mes mains dans mes poches, je les laisse s'accrocher à tes manches. Je sais pas trop pourquoi. Pour être sûre qu'un morceau de toi est bien auprès de moi ? Je ne sais même pas si tu le remarques, si tu es vraiment là. 

Et puis tu parles, et moi je regarde tout ce que tu me dis. J'en oublie de répondre des fois je crois.

Et puis c'est fini, tu tends la joue, je t'embrasse trois dixièmes de seconde trop longtemps et je m'en vais.

Je garde juste un morceau de tout ça. Une mèche de cheveux pas à sa place, une phrase que tu n'aurais pas achevée, un col mal ajusté ou la bague que tu portais.
Que ces petites choses qui t'énervent quand je les remarque je crois.

Mais comme ça, quand je veux penser à toi, j'ai le début de l'écheveau.

Jusqu'aux prochaines vingt-cinq secondes entre notre baiser et tes premières paroles, celles où j'attends que tu décides si je suis là ou pas, juste à côté de toi.





( et le dernier billet d'ab6 )





vendredi 15 janvier 2010

Je ne suis pas toi.

Hier, j'avais à peine posé mon sac que Georges m'interrogeait déjà, un volume à la main.

Le volume, c'était "The curious incident of the dog in the night-time" de Mark Haddon. Un livre que j'avais lu il y a quelques années, puis prêté à une amie, puis le prêt est devenu un don puisque nos chemins ne se sont jamais croisés à nouveau.
Je m'en suis donc fait offrir une nouvelle édition à Noël.

Le titre en français c'est "Le bizarre accident du chien pendant la nuit". L'histoire est racontée à la première personne par le personnage principal, une adolescent atteint d'un syndrome d'Asperger assez prononcé.

Mon mari a gentiment commencé par me demander si je l'avais lu il y a longtemps. Je répondis donc que c'était l'un des premiers livres en anglais que j'avais déchiffré en arrivant à Coventry.

Il m'a demandé ensuite si ça me plaisait tant que ça comme livre, au point que j'imite le mode de pensée et d'expression du narrateur et que j'ai les mêmes réactions bizarres.

J'ai pas su trop quoi répondre à ça alors je suis allée me faire à manger.

vendredi 8 janvier 2010

Roman essouflé : What good is a corpse if it cannot sing.

Je pose mes doigts sur le clavier, ils restent muets, muselés d'impuissance. Je change d’avis, pose mes doigts sur son dos nu, et il se cambre. De plaisir je suppose, ou mes doigts sont-ils froids ?
Ma bouche s’entrouvre, improductive, liée au silence par une omerta de longue daten. Alors je reconsidère et je pose mes lèvres contre son cou, voilà, je t’aime, je le dis comme ça, et il soupire. D’aise, j’imagine, ou peut-être que je l’ennuie.

Il se retourne et ses prunelles se figent sur moi. Il me demande « Pourquoi tu t’en vas pas ? » moi je réponds sans répondre : « Pourquoi faire ? » Il me dit qu’il ne m’aime pas, que je ne suis là que parce qu’il s’ennuie, il me dit que si j’étais fière, je partirais, que jamais je ne devrais le laisser m’humilier. Moi je lui réponds que je l’aime, que je l’aime, que je l’aime, et que je m’en fous tant que ses yeux se posent sur moi. Tant que je peux entendre sa voix, même pour des insultes. Il me fixe, je détourne le regard et il rit. Moi je pleure, mais mes yeux refusent de le faire.

Je ne suis pas à toi.

C’est-ce qu’il me chuchote avec un mauvais sourire.

Alors tu ne seras à personne.

Je ne le dis pas, je n’ai jamais su dire les choses importantes, mais je peux faire des gestes.

Mes doigts se remettent à parler, ils entourent son cou et serrent, ses yeux s’agrandissent, je ferme les miens, très fort, pour être bien sûre de tout sentir quand il partira. Ma bouche retrouve sa liberté, elle se colle, vorace et volubile, à son dernier souffle.

lundi 4 janvier 2010

Noël en pièces détachées.

Au petit château, on ne discrimine pas.
Sinon ce serait moins amusant.
Détails du Creepy corner de l'arbre de Noël. (plus deux photos qui n'ont rien à voir. Quoique... )

vendredi 1 janvier 2010

Tomorrow comes a day too soon

Je déchausse l'année 2009 comme on ôte fourbu, ses chaussures de marche, crottées, usées, après un pèlerinage.

Je lui jette un dernier regard, presque reconnaissant.

Pauvres chaussures, l'une baille, l'autre pleure quelques œillets, les lacets s'effilochent, la semelle est lisse, le cuir déplore quelques accrocs humides. Mais bon gré mal gré, elles m'ont menée là où je voulais. En dépit des gouffres qui se sont ouverts, des montagnes à gravir apparues sans prévenir au détour d'un chemin, des compagnons de voyage à mener par la main, des autres à poursuivre.

Je suis arrivée.
Où ? Je l'ignore.
Au bon endroit pour construire quelque chose ? A une clairière pour un simple bivouac ?

Je vous raconterai.

En attendant, convenu mais sincère :

Bonne année 2010 !