Il y a quelque temps je vous avais décrit une fille dans le train qui lisait. Et des vieilles pies autour, qui par leur caquetage intempestif empêchaient l'adorable enfant de se cultiver.
C'était tout plein d'émotion, ce texte, un concentré de sentiments. La vérité nue sous vos yeux esbaudis . Je pleurais en l'écrivant tellement c'était beau, j'ai même dû changer au moins trois fois de petite culotte pendant la rédaction. J'ai joui en appuyant sur le bouton "publier". Après pour fêter ça, je suis allée me murger. La pression de l'écrivain quand ça se relâche, vous savez.
Le lendemain, en me réveillant baignant dans mon vomi, j'ai conclu, doctement : "Le processus créatif, ça coûte cher en lessive." Et je suis passée au monument littéraire suivant.
Dans ce chef-d'œuvre de littérature, j'expliquais que de là où j'étais, je ne parvenais pas à voir le titre du volume qu'elle dévorait.
Je l'ai revue aujourd'hui.
Elle lisait, au calme cette fois.
J'étais heureuse pour elle.
Elle a levé son livre.
J'ai vu la couverture.
...
Tuez-moi.
Tuez -là.
Tuez-le. Je sais pas mais faites quelques chose, j'ai gaspillé mon art, là.
vendredi 30 avril 2010
jeudi 29 avril 2010
Divine Comédie
Dans :
Pygmallions
C'était une fin de siècle.
Je te voyais le jeudi.
Le soir, tu m'attendais à la sortie du lycée, j'avais anglais jusque 6 heures. Pas toi. Et on y allait.
On mangeait un truc, des fois pas, on boirait une bière après,de toute façon, et on était encore à l'âge où la bière, ça nourrit. Et j'aimais particulièrement le moment où on remontait les escaliers entre la place ducale et le théâtre, avec le bruit des lions qui crachaient leur eau sale, des fois on regardait si les gens mettaient encore des pièces dedans, comme quand on était petites. Mais non.
Et puis on arrivait.
J'aimais bien cette impression de presque interdit, de transgression, j'avais pas vraiment le droit d'être là, mais j'étais avec toi, alors ton prof disait ouais, pourquoi pas.
Tu respirais en secouant les bras, puis tu t'étirais. Je m'asseyais sur une marche du grand escalier, ton texte froissé que je connaissais par cœur entre les doigts et toi, entre deux paliers, accrochée à la rampe, tu faisais ton italienne. Et puis tu me regardais, c'est bon ? Je haussais les épaules, et tu respirais encore en faisant des moues, en levant les yeux aux ciel, en perdant ton regard dans un monde où je ne te suivais pas.
Ensuite, tu montais sur la scène, vacillante, tout au bord, avec ton petit couplet sur les hommes, l'amour et les baiser furtifs sur les quais.
Je ne sais plus le nom de la pièce, tu attendais au bord du quai prête à tomber sur les voies, dans mes bras en fait, j'étais assise au premier rang.
Je me souviens de ce que tu disais, un truc sur l'amour et les regards, un café, quelque chose sur les cendres froides. C'était pas du Feydeau, pas du Steinbeck, et je m'en fous de savoir. Ca n'avait d'intérêt que parce que ça sortait de toi.
Du haut de la scène.
Je me souviens plus des autres, à part celui qui chantait, "I just can't get enough".
Moi non plus je ne pouvais plus jamais en avoir assez de ces nuits. Celles quand on rentrait après la bière avec les autres, sauf qu'en fait, je prenais plutôt un diabolo menthe. On entrait sans bruit pour pas réveiller ta fratrie et tes parents et dans ta chambre ça sentait le lapin et ton parfum. On se mettait en pyjama et tu t'endormais au milieu d'une phrase. Tu avais les pieds froids.
Le matin on était toujours en retard. Je m'en foutais j'avais math. Je n'aime que les statistiques. Toi tu étais en retard tous les jours de toute façon. Tu sortais du lit, tu disais "pipi", mais avant tu fouillais dans les tas de choses entre les cages, les vêtements et les n'importe quoi qui constituaient ta chambre, et tu mettais le CD de Divine Comedy.
J'aimais pas, mais c'était toi.
Je restais dans le lit à bailler et tu t'installais devant ta coiffeuse encombrée, tu te tartinais ta peau pâle de poudre et de trucs en disant "Cette peau, cette peau..." avec ta voix toute piquante et je te trouvais belle à pleurer. Je sais pas si un jour j'ai pas versé une larme sur Generation Sex, pendant qu'en faisant la moue tu lissais tes cheveux corbeau.
Et quand on est parties en retard après un de ces déjeuners bizarres, où on regardait The Doors avec Val Kilmer, en buvant du lait froid, on est parties vite, je suis allée chercher mon sac et le CD tournait encore, ça devait être Commuter love, je sais plus, j'aime pas Divine Comedy, ça me rappelle juste toi. Et ces moments là.
Je crois que cette fois c'était la dernière.
Ensuite, sur scène, tu as attendu ton train pour la dernière fois.
"L'amour c'est comme une clope, un mégot, un café froid... "
Je suis plus sûre, tu disais vraiment ça ?
Je te voyais le jeudi.
Le soir, tu m'attendais à la sortie du lycée, j'avais anglais jusque 6 heures. Pas toi. Et on y allait.
On mangeait un truc, des fois pas, on boirait une bière après,de toute façon, et on était encore à l'âge où la bière, ça nourrit. Et j'aimais particulièrement le moment où on remontait les escaliers entre la place ducale et le théâtre, avec le bruit des lions qui crachaient leur eau sale, des fois on regardait si les gens mettaient encore des pièces dedans, comme quand on était petites. Mais non.
Et puis on arrivait.
J'aimais bien cette impression de presque interdit, de transgression, j'avais pas vraiment le droit d'être là, mais j'étais avec toi, alors ton prof disait ouais, pourquoi pas.
Tu respirais en secouant les bras, puis tu t'étirais. Je m'asseyais sur une marche du grand escalier, ton texte froissé que je connaissais par cœur entre les doigts et toi, entre deux paliers, accrochée à la rampe, tu faisais ton italienne. Et puis tu me regardais, c'est bon ? Je haussais les épaules, et tu respirais encore en faisant des moues, en levant les yeux aux ciel, en perdant ton regard dans un monde où je ne te suivais pas.
Ensuite, tu montais sur la scène, vacillante, tout au bord, avec ton petit couplet sur les hommes, l'amour et les baiser furtifs sur les quais.
Je ne sais plus le nom de la pièce, tu attendais au bord du quai prête à tomber sur les voies, dans mes bras en fait, j'étais assise au premier rang.
Je me souviens de ce que tu disais, un truc sur l'amour et les regards, un café, quelque chose sur les cendres froides. C'était pas du Feydeau, pas du Steinbeck, et je m'en fous de savoir. Ca n'avait d'intérêt que parce que ça sortait de toi.
Du haut de la scène.
Je me souviens plus des autres, à part celui qui chantait, "I just can't get enough".
Moi non plus je ne pouvais plus jamais en avoir assez de ces nuits. Celles quand on rentrait après la bière avec les autres, sauf qu'en fait, je prenais plutôt un diabolo menthe. On entrait sans bruit pour pas réveiller ta fratrie et tes parents et dans ta chambre ça sentait le lapin et ton parfum. On se mettait en pyjama et tu t'endormais au milieu d'une phrase. Tu avais les pieds froids.
Le matin on était toujours en retard. Je m'en foutais j'avais math. Je n'aime que les statistiques. Toi tu étais en retard tous les jours de toute façon. Tu sortais du lit, tu disais "pipi", mais avant tu fouillais dans les tas de choses entre les cages, les vêtements et les n'importe quoi qui constituaient ta chambre, et tu mettais le CD de Divine Comedy.
J'aimais pas, mais c'était toi.
Je restais dans le lit à bailler et tu t'installais devant ta coiffeuse encombrée, tu te tartinais ta peau pâle de poudre et de trucs en disant "Cette peau, cette peau..." avec ta voix toute piquante et je te trouvais belle à pleurer. Je sais pas si un jour j'ai pas versé une larme sur Generation Sex, pendant qu'en faisant la moue tu lissais tes cheveux corbeau.
Et quand on est parties en retard après un de ces déjeuners bizarres, où on regardait The Doors avec Val Kilmer, en buvant du lait froid, on est parties vite, je suis allée chercher mon sac et le CD tournait encore, ça devait être Commuter love, je sais plus, j'aime pas Divine Comedy, ça me rappelle juste toi. Et ces moments là.
Je crois que cette fois c'était la dernière.
Ensuite, sur scène, tu as attendu ton train pour la dernière fois.
"L'amour c'est comme une clope, un mégot, un café froid... "
Je suis plus sûre, tu disais vraiment ça ?
Et hier j'ai traduit le titre de cette chanson. "Commuter Love".
Ça m'a fait rire. Un peu.
Divine Comédie...
mercredi 28 avril 2010
Ton jour de chance, en enfer
Dans :
Pygmallions
Je me suis réveillée ce matin avec l'impression d'être au mauvais endroit. Ce qui d'une certaine manière était le cas puisque tu n'étais pas là.
Mais la dernière fois, j'ai ouvert les yeux au sortir d'un semblant de nuit, et j'étais dans ton lit, et toi aussi tu étais là, bien sûr, à portée de baisers. Cette fois là, elle ressemblait tellement à un mensonge que j'aurai pu déchirer le décor de ta chambre rien qu'en clignant deux fois des paupières.
Que tu sois là où pas, je me réveille avec l'âme plus froissée que les draps.
Mais la dernière fois, j'ai ouvert les yeux au sortir d'un semblant de nuit, et j'étais dans ton lit, et toi aussi tu étais là, bien sûr, à portée de baisers. Cette fois là, elle ressemblait tellement à un mensonge que j'aurai pu déchirer le décor de ta chambre rien qu'en clignant deux fois des paupières.
Que tu sois là où pas, je me réveille avec l'âme plus froissée que les draps.
mardi 27 avril 2010
Les Maîtres de l'Evidence
Dans :
Logorrhée
- Hé M'sieur, m'sieur...
- Mais ta gueule il a des seins.
- M'sieur, t'as des seins... M'dame...
(J'ai pensé très fort à La Souris Blonde)
- Mais ta gueule il a des seins.
- M'sieur, t'as des seins... M'dame...
| Ca m'irait bien la moustache ? |
lundi 26 avril 2010
Lumières clignotantes et autres révélations
Dans :
Pygmallions
Un matin, j'oublierai ma tête sur ton épaule, ma main gauche restera serrée en poing dans ta main droite, et ma main droite à moi restera arrimée à ton avant-bras.
Tu monteras dans ton train, bicéphale, surnuméraire. Le reste de moi trébuchera jusqu'à l'autre quai, la tête ailleurs et les réminiscences de ta peau et du velours sous les doigts.
Un peu comme d'habitude.
Tu monteras dans ton train, bicéphale, surnuméraire. Le reste de moi trébuchera jusqu'à l'autre quai, la tête ailleurs et les réminiscences de ta peau et du velours sous les doigts.
Un peu comme d'habitude.
vendredi 23 avril 2010
mardi 20 avril 2010
Under the sea, under the sea...
Dans :
Guest
Bon, ben aujourd'hui, je suis pigiste chez Nef (j'oserais même pas vous dire contre quel genre d'échange j'ai négocié ma participation, quelques heures de sommeil plus tard et quelques verres de rosé d'Anjou – je suis en train de relire Dumas – de moins dans le sang je ne suis plus sûr que ce soit une bonne idée. Bref !).
Mon petit camarade Graphopathe étant passé par ici pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, j'éviterai de vous servir une petite tranche d'histoire croustillante cette fois. Et tant qu'à faire, autant choisir un domaine qui intéresse les lecteurs.
Alors quoi ?
La réponse m'est venue tout naturellement du sujet ouvert à cet effet par la tenancière.
Qu'est-ce qui plaît, qui intéresse et fait éventuellement baver sur les claviers ? Le sexe évidemment.
Et bien va pour un billet de Q !
Si je suis vigilant sur la bouillie culturelle que mon fils ingurgite, il y a des plaisirs honteux que je ne peux pas lui refuser au simple prétexte de mon intégrisme culturel.
La semaine dernière, j'ai passé trois jours à Marne-la-Vallée.
Moi, tout ce bonheur, ça m'écœure.
Alors je repensais en voyant passer cet énergumène de près de deux mètres qui signait des autographes en essayant de se faire passer pour un rat de cuisine (les employés à l'intérieur des costumes sont les seuls du site à ne pas être obligés de sourire en permanence, à moins qu'il ne soient filmés de l'intérieur…) à la fierté avec laquelle les studios font toujours état du soin qu'ils donnent à la crédibilité de leurs scénarii et au soucis de véracité qui les anime.
"Pour créer le monde de Némo, nous avions installé un grand aquarium dans le studio et on passait des heures à observer les poissons pour être sûr que les gens voient réellement sur l'écran ce qui se trouve dans l'océan." Déclarait à l'époque le responsable de l'animation avec un enthousiasme qui faisait plaisir à voir.
Bon et bien si le soucis du détail les titille à ce point, je peux vous ébaucher sans trop craindre de me tromper les grandes lignes de Nemo II.
Dans le second épisode, Nemo a grandi et devient un fringant poisson adolescent. Que se passe-t-il alors ?
La Nature est cruelle, il faut bien en convenir (même si la tête qu'arbore Donatella Versace actuellement ne peut être associée à un quelconque phénomène naturel). Les poissons clown sont des petits animaux fidèles. Ils vivent en couple jusqu'à ce que la mort les sépare. Et la mort frappe, parfois. Lorsque des prédateurs en veulent à l'existence de leur progéniture, les parents plein d'écailles et de courage se battent vaillamment pour que leurs gènes survivent. Et bien souvent, c'est la mère qui succombe, car elle s'expose le plus, c'est elle qui les a pondu après tout…
Mère Nature a prévu de pallier à la solitude du veuf par un phénomène fort simple et efficace.
Lorsque les petits arrivent à maturité, le mâle le plus vigoureux prend le relais de son géniteur qui change de sexe pour l'occasion en devenant l'élément féminin du duo.
Et la vie continue…
Une bonne histoire de transsexuel incestueux. Je crois que je vais me laisser tenter par une petite sortie au cinéma. Mais je me placerai plutôt du côté de la toile pour profiter de la réaction du public.
Votre dévoué, Clément de Latal
vendredi 16 avril 2010
jeudi 15 avril 2010
Les trois dernières pages du livre.
Dans :
Charlie
La fille en face de moi à 14 ans, 15 au plus. Elle a, dans un visage poupin, deux lèvres serrées et des yeux comme deux fentes qui fixent un point plus loin derrière moi. Elle a une tête d'enfant, des hanches de gamine, des seins de femme et une façon de se tenir qui prouve sans ambiguïté qu'il n'y a plus grand chose à lui apprendre. Rien de provoquant. Elle est juste assise là, avec son corps tel qu'il est. Je peux jurer qu'un type l'a déjà regardée nue, posé ses mains sur son ventre, ou son cou encore humide de ses baisers et lui a dit qu'elle était belle. Je ne sais pas si elle est belle. Elle s'en fout. Elle sait que quelqu'un la trouve bien comme ça. Et ça lui va. Ça se voit ces choses là.
Elle regarde loin. On dirait une louve qui guette. Une chienne à l 'affut, quelque chose comme une femelle prête à mordre.
Elle regarde les adultes derrière, elle pense sûrement les vieilles, ou les adultes, car c'est une adolescente. Moi je pense les vieilles scumbags, mesdames permanentes ratées et seins en gants de toilette.
Elle caquètent. elle braillent, elle couvrent de leur rire gras une ignorance qu'elles espèrent de bon aloi. Elles sont là, oh oui elles le sont, elles l'affirment de toute la force de leur gorge. Et le wagon entier écoute leur avis sur la question.
Et elle, l'ado en face de moi, je crois qu'elle voudrait bien lire. Sans avoir en fond sonore la vie très particulière du neveu de madame (il prend de la drogue. Du haschich... Du HASCHICH MA BONNE DAME !!)
Je ne vois pas le titre de son livre de poche aux coins cornés. Mais elle fixe les vieilles puis replonge sur les dernières pages, poignantes peut être, de celles que l'on aime vivre sans interruption, sans rien de l'autre monde, le vrai, le chiant. Ses yeux s'écarquillent sur les lettres, son nez plonge contre la feuille comme si elle voulait y entrer. Puis elle remonte immobile, le regard en sulfateuse, encore. Je crois qu'elle voudrait les tuer. Moi aussi, nos regards se croisent, j'ai 14 ans à nouveau. Mais moi, maintenant, je sais mieux qu'elle, elles ne disparaitront pas. Jamais.
Je monte le son de mon baladeur.
Ostensiblement.
Elle me contemple un instant.
Sourire de connivence.
Puis, irréductible lectrice, elle replonge dans son volume, se boucher les oreilles de ses mots de papier.
"Et puis de nos jours avec internet, les jeunes..."
Elle regarde loin. On dirait une louve qui guette. Une chienne à l 'affut, quelque chose comme une femelle prête à mordre.
Elle regarde les adultes derrière, elle pense sûrement les vieilles, ou les adultes, car c'est une adolescente. Moi je pense les vieilles scumbags, mesdames permanentes ratées et seins en gants de toilette.
Elle caquètent. elle braillent, elle couvrent de leur rire gras une ignorance qu'elles espèrent de bon aloi. Elles sont là, oh oui elles le sont, elles l'affirment de toute la force de leur gorge. Et le wagon entier écoute leur avis sur la question.
Et elle, l'ado en face de moi, je crois qu'elle voudrait bien lire. Sans avoir en fond sonore la vie très particulière du neveu de madame (il prend de la drogue. Du haschich... Du HASCHICH MA BONNE DAME !!)
Je ne vois pas le titre de son livre de poche aux coins cornés. Mais elle fixe les vieilles puis replonge sur les dernières pages, poignantes peut être, de celles que l'on aime vivre sans interruption, sans rien de l'autre monde, le vrai, le chiant. Ses yeux s'écarquillent sur les lettres, son nez plonge contre la feuille comme si elle voulait y entrer. Puis elle remonte immobile, le regard en sulfateuse, encore. Je crois qu'elle voudrait les tuer. Moi aussi, nos regards se croisent, j'ai 14 ans à nouveau. Mais moi, maintenant, je sais mieux qu'elle, elles ne disparaitront pas. Jamais.
Je monte le son de mon baladeur.
Ostensiblement.
Elle me contemple un instant.
Sourire de connivence.
Puis, irréductible lectrice, elle replonge dans son volume, se boucher les oreilles de ses mots de papier.
"Et puis de nos jours avec internet, les jeunes..."
samedi 10 avril 2010
.La Fin du Monde.
Dans :
Cohendy
La première Fin du Monde. La Vraie, la Grande, je sais pas quand elle a commencé tellement c'était terrible. Je crois que je finissais mon collège, alors j'avais presque 15 ans.
Elle a commencé quand ma mère est sortie de la cuisine et m'a dit : "Ca y est, j'ai quitté ton père."
Elle a dit ça comme un truc bien.
Et c'était presque vrai.
J'étais soulagée presque.
Elle arrêterait de se plaindre le matin en m'emmenant à l'école.
Sauf qu'on allait aller vivre avec l'autre et ses gosses. L'autre, c'était la Bête Poilue. mais j'ai même pas envie de lui mettre de majuscule en fait. Et la bête poilue elle avait deux rejetons, le blaireau qu'avait deux ans de moins que moi, et la hyène encore plus petite mais déjà sacrément méchante.
Alors on s'est tous casés dans une grande maison et ça allait c'était pas trop la Fin du Monde. J'étais heureuse ailleurs, au lycée, et à part l'odeur constante de sperme qu'exhalait l'antre du blaireau près de la mienne, et la hyène qui chiait dans son lit quand elle venait toutes les deux semaines ça allait. Ouais. Ça allait.
Pis on a bougé, parce que la bête poilue voulait, loin de ma terre, loin de ma vie. Enfin pas trop mais assez pour qu'on dépérisse. Et la bête poilue avec ses mioches affreux et ses poils partout même sur le nez, il a rendu ma mère folle. Moi j'étais plus là. Ils m'avaient filé un réduit, 9 mètres carré sous l'escalier. J'aurais pu rigoler et dire que j'étais Harry Potter, mais je connaissais pas encore, mon lit en prenait la moitié, mon bureau prenait le reste. J'avais écrit sur les murs sales au marqueur rouge : "Jamais 18 ans" "Jamais 18 ans" parce que si la vie c'était ça alors Chucker avait eu bien raison de ne pas passer cette âge là d'une seconde.
Je partais le matin à 6 heures à 30 kilomètres de là, à la fac et je revenais par le dernier train à 21h22 tous les soirs, en attendant je zonais avec Juls et Gladys sa chienne. Ils avaient toujours la dalle alors on partageait mes sandwichs. Sauf qu'un jour Juls s'est fait voler Gladys. Et donc je zonais juste avec Juls, c'était moins drôle mais c'était toujours mieux que là-bas.
Et le vendredi je prenais mon sac et je montais dans le train pour aller chez Guillaume. C'était bien chez Guillaume, on lisait, on baisait, on fumait, on jouait à Tony Hawk pro skater III sur sa Playstation en écoutant du ska, on gambadait dans les bois en refaisant le monde et des fois, on achetait des gâteaux et du Sprite et on partait a Maastricht pour le week-end. On dormait dans la voiture le soir et on revenait au matin, la tête en vrac, la bouche pâteuse, les poches vides et la marque du levier de vitesse sur les cuisses. Avant 11h00 pour pouvoir s'arrêter au McDo de Sedan et demander en rigolant "un macmatin" "Un quoi ? " "Un macmatin" "Je ne comprend pas." "un Mac Morning alors"... C'était drôle.
Et je revenais le lundi matin, j'traînais mon sac toute la journée dans l'amphi. Tant pis.
Et quand je rentrais ça hurlait, ça pleurait, ça criait, ça récriminait. Depuis, j'en peux plus, quand quelqu'un crie, je m'en vais, ou je frappe. Pour tuer. Alors il vaut mieux que je m'en aille.
La bête poilue, c'est le seul adulte que j'ai jamais frappé, sur qui j'ai jamais crié, parce qu'il nous tuait, ma mère, mes sœurs, et même moi, même si quand j'étais là bas, j'avais simplement décidé que pour rester en vie, il valait mieux me dire que je n'existais pas. J'y réussissais assez bien en fait.
Et un jour, je lui ai explosé ma porte dans la tête. Il me restait plus que le Réduit pour vivre, il était hors de question qu'il y foute un pied, surtout pour essayer de me frapper. Aucun adulte ne m'avait jamais frappé, la bête poilue allait pas commencer.
Ce jour-là ma mère a dit :"On va visiter des maisons". On en a visité deux, on s'est arrêté sur une grande baraque. Délabrée. Mais c'était pour nous. Et 8 jours après, on revivait.
Y'avait quatre coussins dans le salon, la table de la salle à manger c'était une table de jardin en plastique, on avait juste nos chambres et nos livres et le frigo était un peu vide.
Mais on respirait sans crier.
Après au moins 4 ans en apnée.
C'est long une Fin du Monde des fois.
Elle a commencé quand ma mère est sortie de la cuisine et m'a dit : "Ca y est, j'ai quitté ton père."
Elle a dit ça comme un truc bien.
Et c'était presque vrai.
J'étais soulagée presque.
Elle arrêterait de se plaindre le matin en m'emmenant à l'école.
Sauf qu'on allait aller vivre avec l'autre et ses gosses. L'autre, c'était la Bête Poilue. mais j'ai même pas envie de lui mettre de majuscule en fait. Et la bête poilue elle avait deux rejetons, le blaireau qu'avait deux ans de moins que moi, et la hyène encore plus petite mais déjà sacrément méchante.
Alors on s'est tous casés dans une grande maison et ça allait c'était pas trop la Fin du Monde. J'étais heureuse ailleurs, au lycée, et à part l'odeur constante de sperme qu'exhalait l'antre du blaireau près de la mienne, et la hyène qui chiait dans son lit quand elle venait toutes les deux semaines ça allait. Ouais. Ça allait.
Pis on a bougé, parce que la bête poilue voulait, loin de ma terre, loin de ma vie. Enfin pas trop mais assez pour qu'on dépérisse. Et la bête poilue avec ses mioches affreux et ses poils partout même sur le nez, il a rendu ma mère folle. Moi j'étais plus là. Ils m'avaient filé un réduit, 9 mètres carré sous l'escalier. J'aurais pu rigoler et dire que j'étais Harry Potter, mais je connaissais pas encore, mon lit en prenait la moitié, mon bureau prenait le reste. J'avais écrit sur les murs sales au marqueur rouge : "Jamais 18 ans" "Jamais 18 ans" parce que si la vie c'était ça alors Chucker avait eu bien raison de ne pas passer cette âge là d'une seconde.
Je partais le matin à 6 heures à 30 kilomètres de là, à la fac et je revenais par le dernier train à 21h22 tous les soirs, en attendant je zonais avec Juls et Gladys sa chienne. Ils avaient toujours la dalle alors on partageait mes sandwichs. Sauf qu'un jour Juls s'est fait voler Gladys. Et donc je zonais juste avec Juls, c'était moins drôle mais c'était toujours mieux que là-bas.
Et le vendredi je prenais mon sac et je montais dans le train pour aller chez Guillaume. C'était bien chez Guillaume, on lisait, on baisait, on fumait, on jouait à Tony Hawk pro skater III sur sa Playstation en écoutant du ska, on gambadait dans les bois en refaisant le monde et des fois, on achetait des gâteaux et du Sprite et on partait a Maastricht pour le week-end. On dormait dans la voiture le soir et on revenait au matin, la tête en vrac, la bouche pâteuse, les poches vides et la marque du levier de vitesse sur les cuisses. Avant 11h00 pour pouvoir s'arrêter au McDo de Sedan et demander en rigolant "un macmatin" "Un quoi ? " "Un macmatin" "Je ne comprend pas." "un Mac Morning alors"... C'était drôle.
Et je revenais le lundi matin, j'traînais mon sac toute la journée dans l'amphi. Tant pis.
Et quand je rentrais ça hurlait, ça pleurait, ça criait, ça récriminait. Depuis, j'en peux plus, quand quelqu'un crie, je m'en vais, ou je frappe. Pour tuer. Alors il vaut mieux que je m'en aille.
La bête poilue, c'est le seul adulte que j'ai jamais frappé, sur qui j'ai jamais crié, parce qu'il nous tuait, ma mère, mes sœurs, et même moi, même si quand j'étais là bas, j'avais simplement décidé que pour rester en vie, il valait mieux me dire que je n'existais pas. J'y réussissais assez bien en fait.
Et un jour, je lui ai explosé ma porte dans la tête. Il me restait plus que le Réduit pour vivre, il était hors de question qu'il y foute un pied, surtout pour essayer de me frapper. Aucun adulte ne m'avait jamais frappé, la bête poilue allait pas commencer.
Ce jour-là ma mère a dit :"On va visiter des maisons". On en a visité deux, on s'est arrêté sur une grande baraque. Délabrée. Mais c'était pour nous. Et 8 jours après, on revivait.
Y'avait quatre coussins dans le salon, la table de la salle à manger c'était une table de jardin en plastique, on avait juste nos chambres et nos livres et le frigo était un peu vide.
Mais on respirait sans crier.
Après au moins 4 ans en apnée.
C'est long une Fin du Monde des fois.
lundi 5 avril 2010
Gagatisation en cours.
Dans :
Silence
Comment voulez-vous garder ne serait-ce qu'une once de cynisme, de mauvaise humeur ou même de vague à l'âme quand une bébête aussi kawaï vient faire des mines sous votre objectif.
Mon cousin m'a tuer...
Mon cousin m'a tuer...
© Perahim
Charleville-Mézières - Ardennes
5 avril 2010
dimanche 4 avril 2010
Que faire un dimanche pluvieux
Dans :
Silence
| Sortir du rang |
| Ouvrir la boîte de Pandore |
| La rejouer solo |
| Rêver... |
| ...à l'impossible. |
| Chercher l'issue. |
| Céder à la facilité (halten) |
© Perahim
Lonny - Ardennes
4 avril 2010
jeudi 1 avril 2010
.Mon amie la rose.
Dans :
Pygmallions
Je sue.
J'inspire, j'expire et mes jambes se referment. Et je les écarte à nouveau.
90 fois dans un sens, et 90 fois dans l'autre.
Je sue, et si ma chatte n'était pas si propre je suis certaine qu'il y aurait cette odeur un peu sûre et un peu molle, de mouille et de sueur, qui en monterait à chaque fois que je les referme.
Je serais un soufflet à phéromones.
La salle de gym serait pleine de mon sexe.
Et ce serait à cause de toi.
Parce que tu es là, dans ton jogging rose. Tu crois qu'il n'y a personne pour te regarder puisqu'à part moi il n'y a qu'une autre fille. Pourquoi des filles te regarderaient ?
Alors tu as les deux mains sur le bureau, debout les jambes bien droites, le haut du corps incliné, tu nous tournes le dos.
J'aime ça.
Tes longues jambes toutes minces et ton cul comme deux pommes.
Et ton jogging de coton rose.
J'ai envie d'arriver derrière toi, de te dire: "Bouge pas chérie", de te baisser ton joli petit froc de petite fille sage. Et de passer un doigt mouillé sur ta chatte, par derrière.
Et puis de l'y glisser tant qu'on y est.
Je suis sûre que tu serais surprise.
Mais qui sait, peut être que ça te plairait.
Et à moi aussi, j'ai jamais essayé de mettre des doigts dans le minou d'une autre fille.
Mais, ton cul à toi, tout ferme dans son emballage de pseudo-vierge, il me fait ça.
C'est bizarre d'habitude j'aime pas les blondes.
Dis, Coach, tu te décolores la chatte aussi, Coach ?
J'inspire, j'expire et mes jambes se referment. Et je les écarte à nouveau.
90 fois dans un sens, et 90 fois dans l'autre.
Je sue, et si ma chatte n'était pas si propre je suis certaine qu'il y aurait cette odeur un peu sûre et un peu molle, de mouille et de sueur, qui en monterait à chaque fois que je les referme.
Je serais un soufflet à phéromones.
La salle de gym serait pleine de mon sexe.
Et ce serait à cause de toi.
Parce que tu es là, dans ton jogging rose. Tu crois qu'il n'y a personne pour te regarder puisqu'à part moi il n'y a qu'une autre fille. Pourquoi des filles te regarderaient ?
Alors tu as les deux mains sur le bureau, debout les jambes bien droites, le haut du corps incliné, tu nous tournes le dos.
J'aime ça.
Tes longues jambes toutes minces et ton cul comme deux pommes.
Et ton jogging de coton rose.
J'ai envie d'arriver derrière toi, de te dire: "Bouge pas chérie", de te baisser ton joli petit froc de petite fille sage. Et de passer un doigt mouillé sur ta chatte, par derrière.
Et puis de l'y glisser tant qu'on y est.
Je suis sûre que tu serais surprise.
Mais qui sait, peut être que ça te plairait.
Et à moi aussi, j'ai jamais essayé de mettre des doigts dans le minou d'une autre fille.
Mais, ton cul à toi, tout ferme dans son emballage de pseudo-vierge, il me fait ça.
C'est bizarre d'habitude j'aime pas les blondes.
Dis, Coach, tu te décolores la chatte aussi, Coach ?
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