mercredi 30 juin 2010

En peignant la girafe

La vie est belle t'sais. Quand t'as pas trop souvent besoin de faire rewind sur un moment passé pour tenir, quand tu le fais juste pour le plaisir. Quand tu sais que c'est forward qu'il faut aller. Que même si tu passes en shuffle mode dans ta journée en appuyant sur les boutons au hasard, y'a pas un morceau que t'aimera pas.
La vie est belle t'sais, si la journée c'est la face A de ta cassette et la face B la nuit. Y'a pas de problème, tu t'endors en continuous play.

Je parle d'une cassette, c'est vieillot comme objet et pas très beau, mais faut en prendre un peu soin, et c'est pas l'apparence qui compte mais ce qu'il y a magnétisé dedans. Et puis un baladeur MP3 tu sais pas ce que c'est aussi.

Je m'endors à nouveau le soir sans me dire que ce serait bien si la bande se coupait, là, tellement la chanson est triste. Je sors du lit sans me demander si je devrais pas appuyer sur Pause, Stop ou Eject.

La vie est belle tu sais, ok c'est pas vrai, c'est un mensonge, être en vie c'est moche et pas pratique comme une vieille cassette dans un walkman pérave, réparé au scotch noir, ca se décolle, et y'a des bouts de tabac qui viennent se coller dessus. C'est juste la bande-son qui rattrape.
La technique on s'en fout en fait, l'important, c'est que c'est toi qui choisis la musique.

J'te prête un écouteur s'tu veux.

I'm living on shattered faith
The kind that likes to restrict your breath
never been a better time than this
suffocate on eternal bliss 

mercredi 2 juin 2010

Les girafes peuvent nager

Mon aimé,

J'ai 27 ans 1/2 aujourd'hui.
J'ai largement passé l'âge où on note encore ses demie-années, j'en suis consciente.
Mais c'est juste histoire de faire le point.
De retourner 6 mois en arrière et de me demander si pendant ce temps là, j'ai bien vécu pour deux.
C'est étrange ces promesses à plus personne qui tournent en habitudes puis en mode de vie.  
Ça me rappelle cette phrase pas de moi "Faut-il vraiment avoir un fantôme derrière soi pour se mettre
à écrire ?"
Alors oui, je crois que j'ai tout bien noté, mais non, non et non, je n'ai pas vécu assez. J'avais promis pourtant.

3 cafés, 1 paire d'yeux verts,
18 post-it, 25 fou-rires,
1 violon, 1 lampe de chevet cassée,
1 fissure au plafond, 2 fois,
2 pots de marmelade contre 1 bague,
1 coup de tête et 1 fanfare
5 lettres et 3 jeux de société,
4 heures et 70 photos volées,
4320 heures à attendre de voir si quelque chose va changer.

Mon aimé,

Je ne t'écris plus, sinon, je dirai :

"Mon aimé,
Aujourd'hui, tu ne vas pas le croire, j'ai appris que les girafes pouvaient nager."

J'ai tellement honte de ma vacuité que j'en laisse ton briquet sur la cheminée.
(Je vais me rattraper.)

mardi 1 juin 2010

Vice de forme

Ce matin, Mister Pinguin et moi discutions. Sans parler évidemment. D'un bureau à l'autre (en face à face), utiliser notre messagerie instantanée est TELLEMENT plus pratique.

Après avoir devisé de nos épitaphes respectives -"Corpus Delicti" en ce qui le concerne, je réfléchis encore à la mienne, si vous avez des propositions, je suis preneuse, y'a pas urgence, mais c'est comme la retraite, c'est bien de prévoir. (mon vieil oncle cybernétique et réac' est prié de ne pas me frapper) - nous avons commencé à parler des films qui avaient marqués notre jeunesse. C'est donc en toute innocence que je lui ai envoyé l'extrait de "les apprentis" qui pour des raisons changeantes ondoyantes et insaisissables me trotte constamment dans la tête depuis... pfff... des années et encore plus souvent ces derniers temps.
Un peu comme les chansons qui marquent vos vies et dont les paroles remontent quand c'est de circonstance.
Il ne se passe sincèrement pas une semaine depuis que j'ai vu ce film sans que je repense à ce court extrait. Au choix, l'attendrissante première partie me revient  dans mes moments fleur bleue (j'en ai, j'avoue), ou la deuxième vient accompagner comme un mauvais augure quelque déclaration fracassante.

A la fin de l'extrait Mister Pinguin s'est mis à pleurer, en grognant qu'oser détruire ainsi l'image qu'une personne qui vous aime se faisait de vous par une déclaration aussi directe c'était surement l'obliger à des mois de thérapie. Depuis il est pelotonné dans un coin du bureau caché derrière le ballon et il refuse de me parler.
Il paraît que c'est traumatisant comme expérience.
Je vous la livre donc.