mardi 21 décembre 2010

ATTENTION : Le Journalisme d'investigation en action ! SCOOP

Boite de message privée sur le Forum francophone consacré aux poupées et aux Ball Jointed Dolls que je fréquente. (Plus de 3500 membres)


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13h41
Sujet : Aucun
De V..

Bonjour,

Je suis journaliste et j'aimerais réliser un reportage sur les ball jointed dolls.
Conaissez vous des personnes qui en possèdent?

Je vous remercie pour votre aide,


Bien cordialement,

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V... B...., 06...

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13h56
Sujet : RE: Aucun
De La taulière de ce blog.

Bonjour,

Vous seriez véritablement journaliste, vous auriez mis un sujet à votre message, corrigé les deux fautes qu'il contient avant de l'envoyer, et en relisant, constaté l'absurdité de votre demande, et bien d'autres choses encore.

Cordialement,

N.

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14:16
Sujet : RE : Aucun
De : V..

je ne comprend pas votre réponse.
je suis vraiement journaliste.
bref vous ne pouvez pas m'aider tant pis.
j'ai rencontré des personnes qui collectionnaient des poupées à séville et qui étaient très sympthiques, pas comme vous.
alors ne jugez pas trop vite.
c'est un vilain défaut.

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14h17
Sujet: RE : Aucun
De : V..


http://www.t....i.com/

ma société de production audiovisuelle

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14h27
Sujet : RE: Aucun
De: La taulière de ce blog.

Madame,

Je suis pour ma part stupéfaite que vous ne soyez pas capable d'écrire un e-mail de 140 caractères sans erreurs, ou de présenter vous, votre employeur et votre projet de reportage de manière adéquate.

Quant à "Connaissez-vous de personne possédant des BJD" 35 secondes de plus sur mon profil vous aurait informé que j'en possède 3 moi-même.

Ne jugez pas hâtivement vous-même, je suis tout à fait sympathique quand on m'aborde de manière intelligente. Évidemment, cette fois-ci, c'est raté. Quant à "j'ai rencontré des collectionneurs de poupées à Séville qui étaient sympathiques." Eh bien moi j'ai rencontré des journalistes compétents dès le premier contact. Comme quoi, les amalgames sont dangereux.

Bonne continuation,

N.



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FIN


J'ai beaucoup ri. Mais jaune.

(Et comme je suis vraiment pas méchante, je ne vous révélerai rien de ce que j'ai trouvé en enquêtant 4 minutes et 25 secondes sur la journaliste en question.)

mercredi 15 décembre 2010

Compter les morts et attendre le matin

Mon cerveau émerge doucement d'une cuite proprement infligée à la triple Karmeliet, avec un pote de lycée, histoire de fêter notre anniversaire quasi simultané et celui des morts à la même date.
Et je repense. A eux.

On fait toujours l'inventaire quand on se voit Tiago et moi.
Olivier va bien, Aurélien est mort. Philippe... Je lui ai envoyé sa dernière carte postale à l'hôpital psychiatrique.

J'aimais bien Philippe et ses grands yeux liquides, son corps de liane et ses genoux toujours serrés entre ses bras. C'est vrai qu'à l'époque déjà, il suffisait de regarder les murs de sa chambre pour comprendre que quelque chose n'allait pas. Mais il était... cette voix douce, ces gestes fluides, ses lectures et ce qu'il en disait.

Il a une grosse tête maintenant Philippe, m'a dit Tiago, et j'ai imaginé son visage pâle comme un énorme bourgeon trop plein d'idées noires se balançant sur son corps longiligne. Un cou démesuré à peine différencié des épaules. Et le vent qui berce ses pensées.

J'aimais bien Philippe, on avait pas trop besoin de parler pour se comprendre. On voyait assez bien dans la tête l'un de l'autre. Les remous...

On marchait côte à côte. J'ai changé de chemin en suivant celui de mon stylo sur le papier.

Je ne lui enverrai pas de carte postale. Ce serait cruel.


vendredi 3 décembre 2010

Úna fatale

 (Je continue avec Winslow Coughlin, ma nouvelle poupée sans tête, pour ceux que ça intéresse j'ai un sujet public sur le Forum Matériel Céleste où mes poupées vivent leurs petites vies. Sachant que les histoires que je publie ici sont publiées dans une section privée du forum, l'histoire n'étant pas exactement "tout public")

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J'ai fini par me lever tu sais Úna... Même sans toi. 

J'ai trébuché sur ton livre. Celui que tu m'avais offert en me disant "tu verras, on dirait notre histoire!"



Je me suis recouché. Je ne sais pas pourquoi je ne l'avais jamais lu. J'étais trop occupé à me démener, à devenir quelqu'un de bien, que tu sois fière de moi.
Úna...



J'ai feuilleté, un peu fébrile. J'ai lu des pages par-ci par là... avec des nœuds dans le ventre et le cœur qui perd le pas.



Tu avais raison, ce bouquin c'est toi et moi, j'ai lu, fasciné des instantanés de tous ces moments là, où on était nous. J'ai vu tes regards entre les lignes, ceux pleins de fureur comme ceux langoureux derrière le voile de tes cils. Tes courbes dans les majuscules. Ton mystère dans les points de suspensions, je file encore la métaphore où ça te va ?



Úna. J'ai compris en arrivant à la dernière page. J'ai compris qu'on offre pas un livre à quelqu'un en disant "tiens c'est nous" sans arrière-pensée.


Les dernières lettres d'un livre Úna forment toujours le mot FIN. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Je te reconnais bien là.

jeudi 2 décembre 2010

Le non-anniversaire.

Je commence sans musique.

Avec des chaussettes dépareillées, un pull trop court et je ne suis pas certaine de m'être coiffée.
Nous sommes jeudi et il neige. Il paraît que c'était la même chose quand je suis née. C'était un jeudi et il neigeait.

C'est peut-être une légende.

J'ai dû boucher mes oreilles, car au moment d'écrire, je ne me souviens plus des sons, ou du silence. Il y avait forcément quelque chose. Peu importe. Il neige, il est 6h05 et je marche sur des pavés, il neige et je sautille la bouche ouverte, j'attrape les flocons. Je suis seule avec pour unique lumière pour éclairer mes enfantillages les projecteurs qui s'appliquent à dessiner des reliefs fantasmagoriques sur les clochers gothiques de Sainte Waudru. Tous les matins je rêve que les gargouilles prennent vie. Ou que cet homme en redingote, vision fugace d'un matin sombre, soit à nouveau là, à arpenter le parvis.

Et puis devant moi l'humanité revient, sous la forme malhabile d'un échalas au bouc improbable et à la démarche hésitante dans ses chaussures italienne. Il dérive sur le givre dans ses bottes péninsulaires pendant que je survole le frimas armée de mes godillots tchèques . Je le double saisissant deux flocons à la volée, d'un coup de langue habile.

Et puis j'arrive à la gare.

Et la réalité reprend le dessus.

Il y a un mot en anglais pour ce genre de réalité : "bleak"

Prononcez blliiikhh  en prenant un ton grave sur le iii et pensez à un tas de neige noirci par des milliers de pas.