mardi 6 janvier 2009

Rêves de Comptoir -IX- Casually dressed and in deep conversation

un deux trois quatre cinq six  Sept  huit 
Il y en a d'autres mais je les aime moins, cliquez simplement sur la catégorie Rêves de Comptoirs si vous ne l'avez jamais fait.



Bonus de la série : Nomenklatura des dragueurs à la con.

Il approche, potelé.
La démarche chaloupée. Il a un polo rose pâle, un taille basse, une ceinture à clous dorés qui égrenne sur son derrière un peu rond : JESUS FUCKED ME et des converses. Il a un foulard au poignet droit, 18 ans 13 jours et apparemment un bouton sur son petit biceps rond qui le tracasse au plus haut point.

Les lumières vives du vestiaire l'attirent. Où est-ce Augustine ? Il demande un mouchoir, minaudant, pour épancher la goutte de sang. Mais si là , regarde, je saigne. Il me montre. Je souris et lui tends un mouchoir. Pauvre choupinet.
Il jette un regard coulant et malheureux au bel Augustine qui pour toute réponse maquille un sourire en une toux discrète et croise ses bras d'ébène sur son joli torse.

Il reste là, l'air malheureux, Augustine l'ignore et je lui fait la conversation. Le reste de sa bande arrive, car ces petites choses fragiles se baladent en bande. Clonées. Si douces, si futiles, aérienne presque, ces hordes de petits garçons à peine pubère qui assument des minauderies qu' un personnage de manga pour jeune japonaise en rut n'oserait pas afficher.
Et leur conversation surréaliste quand ils s'écrient du haut de leur voix forcément de faussets "ah nooon, pas Alan, pas LUI, c'était que de la tendresse tu comprends. " "Mais alors t'as baisé avec qui ? " "Mais personne voyons, et la tendresse ? " 'aaah mais t'es puceau ! " "aaah mais toi aussi!" "aaah mais oui ! "

Ils sont là , ils gigotent devant le comptoir, me serrent dans leur bras , j'ai sauvé la vie de l'un deux, et je me plie en riant à leur rites, ils sont gentils, ils travaillent tous dans le club du dessus ces gamins là. Je serais the Star, leur Diamond , pour les 5 prochaines minutes, le temps qu'ils se repaissent du corps d'Augustine qui victime plus amusée qu'agacée prend des poses de modèle de page 3. Et sûrement y prend plaisir, mais n'en soufflera mot.
Et puis leur amies viennent les chercher , simili pandas en jupes courtes et tellement pleines de vodka red bull qu'on risque l'incendie à chaque fois que l'une d'elle allume une cigarette. Elles ne les touches pas mais prennent des poses de starlettes pré-adolescentes demandant à leur petits frères de sortir de leur chambre puis les guident vers le bar comme des chiens guideraient un troupeau de mouton.
J'ai envie d'en rattraper un, de lui mettre une écharpe autour du cou et de lui glisser 5 euros dans la poche en disant : Va mon enfant ,et n'achète pas trop de sucettes à la fête foraine.

Augustine abandonne ses poses de statue grecque et nous nous regardons.
- Pourquoi viennent-t-ils tous ici le seul soir où il ne bossent pas les employés du Jaks ?
- Pour qu'on comprenne ce que ça fait de bosser là-bas et qu'on ne le fasse pas.

(pour info : jumpin jaks, la chaîne de bars pour 18-25 ans où les serveurs doivent aussi danser sur scène et sur le bar (cf la deuxième vidéo)



Share:

2 commentaires:

  1. "A moitié nue et en pleine conversation" (c'est ma traduction de ton titre) aurait arraché plus rapidement un commentaire...

    RépondreSupprimer
  2. Tu voudrais pas traduire "raison et sentiments" pour moi ? Tu en révolutionnerais l'interprétation. :)

    RépondreSupprimer