mercredi 11 avril 2018

L'amertume de la page 23

You can get addicted to a certain kind of sadness

Like resignation to the end, always the end.


- Gotye




J'attrape le premier livre sur la pile. Enfance de Gorki. Concernant le thème et le ton, je savais déjà à quoi m'attendre en l'achetant dans cette bibliothèque Nantaise, à défaut d'un Troyat.


Je connais peu la vie de l'écrivain : politiquement utopiste, dramatiquement russe, péniblement naif ?
Cela n'a d'importance que parce que c'est une auto-biographie. Reste que j'ai retenu que Gorki avait une dent littéraire contre Dostoyevski. 

Je feuillette la préface, espérant sans grand succès en tirer quelques pistes qui m'aideront à appréhender le contexte.

Chapitre I.

Ses phrases sont brèves, ou presque, le style est pur, le sujet est traité sans détour. 

En l'ouvrant je m'attendais au style russe empesé auquel ses contemporains russophones m'ont accoutumée, aux phrases grandiloquentes. Ces paragraphes qui tombent comme une nappe lourde et richement brodée, ornée de la vaisselle du dimanche. Ces chapitres où l'ardeur, la passion et la folie sont noyés dans une cascade ornée. La pudeur par la dilution. La timidité du phrasé rococo.

Mais non. La lecture est servie sur une planche de bois brut, sans apprêt.
Le fouet claque et les faiblesses des personnages sont là, nues et vives. 

Je lis Gorki dans mon bain.
Il fait chaud et la sueur qui sèche sur mes lèvres mêle son sel à l'amertume de ma lecture. 


En vérifiant que j'ai bien compris le sens du mot домовой je constate que les notes de bas de page sont à la fin du livre.  C'est agaçant. 

Je referme. Ce n'est pas le moment, finalement.

Si Gorki et Dostoyeski avaient véritablement été contemporains se seraient-ils écrit ? 
Trait net de vapeur brûlante contre somptueuse mais mortelle coulée de lave.




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