mardi 16 juillet 2019

Bois mes règles, 9CH

J'ai mes règles, depuis hier.

C'est une occurrence somme toute assez commune chez toute personne entre 15 et 55 ans, équipée d'un utérus.

Depuis quelques années, de jour, j'endigue le flux sanglant dans une coupe menstruelle. Une petite coupe en silicone que je me fourre avec dextérité dans les parties idoines et que je vide régulièrement.

(Sinon ça déborde.)

Donc hier, j'avais mes règles.

Vers 15 h, le flux est devenu assez important pour qu'avant de partir pour une promenade en forêt, je ne décide de déployer le processus de barrage.

On ne sait jamais, même s'il n'y a encore que très peu de loup en Belgique et qu'aux dernières nouvelles, les sangliers ne sont pas encore carnivores, rien ne dit que je ne pourrais pas me faire happer par un requin par l'odeur du sang alléché en enjambant un ruisseau.

Avant de s'introduire ce charmant appareillage dans le vagin, il convient de prendre quelques mesures d'hygiène basique. À savoir :  le nettoyer et stériliser.
L'opération, plutôt simple, se fait en deux temps.

1er temps : Armée d'un savon et d'une brosse à ongle je récure soigneusement l'objet sous un filet d'eau tiède histoire de m'assurer que toutes les rainures soient impeccables.

2e temps :Je remplis une casserole d'eau additionnée de vinaigre et je fais gentiment bouillir la cup.
Je la récupère, la rince et ensuite soit vous savez, soit vous ne voulez pas de détails et si vous en voulez, votre ami du moment est votre moteur de recherche favori.

En règle générale (ahah), je vide la casserole qui a servi à stériliser ma coupe menstruelle. Là, on ne voulait pas partir trop tard, donc je me suis dépêchée et dans mon empressement j'ai laissé la casserole sur la plaque.
Au retour, toute heureuse d'avoir trouvé des agarics des prés, j'ai  encore oublié.

Je vous passe les détails sans intérêt de ma nuit (qui s'est passée sans décès brutal et sans hallucinations, c'était donc bien des agarics des prés).

Nous voilà aujourd'hui à 7 h du matin.  Mon compagnon, fort courtoisement, vient d'arriver dans la chambre, portant sur un plateau notre petit déjeuner composé de tartines de confiture et de café.

Un détail important :  la cafetière de la maison est une italienne, la quantité de liquide caféiné produite est faible mais concentrée. On coupe ce breuvage à l'eau le matin, on est pas des sauvages.

Un autre détail important : Depuis que je vis en Belgique, un pays civilisé où on ne trempe pas ses tartines dans un liquide devant quelqu'un d'autre au risque de se prendre quelques remarques bien senties sur l'incongruité de la chose, je mange mes tartines avant de boire mon café.

C'est donc avec un léger pincement de culpabilité que j'ai regardé mon compagnon porter sa tasse de café à ses lèvres et grimacer en constatant "Ça a un gout de vinaigre."

Il avait vraisemblablement pensé que l'eau de la casserole restée sur le feu n'était que l'eau  préparée puis oubliée pour une tisane, la veille au soir.

Il a alors fallu que j'explique.




Note : en cherchant une illustration pour ce billet j'ai découvert qu'en plus d'offrir du mur de Berlin ou des rayons x, l'homéopathie vous permettait actuellement de virtuellement (et je pèse mon mot) ingurgiter de la morve de cheval, des gaz d'échappement, différentes variations de matières fécales humaines mais des morceaux d'endomètre point. Les "remèdes" contre les règles douloureuses sont toujours à base de produits terriblement ennuyeux tels que l'arsenic et la belladone.  
Je ne sais pas s'il faut le déplorer ou s'en réjouir. 








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