J'ai pas le temps.
Pour un point de vue pertinent, c'est plus roboratif et c'est le billet annuel de Tom -> Click
Le Mange-rêves
mercredi 25 janvier 2012
dimanche 22 janvier 2012
Je pardonne tout à X, à cause de son sourire démodé.
Dans :
Logorrhée
Le titre est de Cioran, qui ne m'a rien demandé, mais qui sûrement s'en fout.
Je lis dans le train "De l'inconvénient d'être né". Je médite sur chaque page, en mordant de temps à autre dans une galette.
Je me dis que Cioran illustre bien l'expression "l'humour est la politesse du désespoir" (ça c'est du Vian, mais soyons franc je n'ai jamais passé la seconde page de l'Ecume Des Jours. Quand Colin se coupe les paupières en biseau pour faire joli. )
Je me dis aussi que... j'écrirais bien sur cette citation là, où celle-là , ou celle-ci. Mais le temps que je sorte un stylo, le train arrive et je me jette à corps perdu dans ce qui m'attend une fois sortie de la gare.
A l'aller comme au retour.
Dans ses bras, dans mon boulot, dans ses mots, dans mon lit et dans cet ordre là.
jeudi 8 décembre 2011
Bitter-Sweet Sixteen
Dans :
Pygmallions
Il y a de ça.
Il y a de toi en tout cas.
J'ai fini par te transformer en icône bien léchée. Tu es désormais tout à fait présentable. Je crois que tu avais quelques points noirs. Lui n'en a pas. Les poupées n'ont pas de problème d'acné. Et ses cheveux, quoi qu'il arrive, sont mieux coiffés. Et il faudrait peut être que je lui ponce le nez. Mais il y a de ça. Même toi, tu ne le nierais pas.
J'ai résolu le problème de l'image. Celle qui, inexorablement, s’effaçait.
Il pose comme tu posais. Oh tu ne posais pas, pardon. Tu te posais là.
Et il y a sa bouche. Ta bouche, et ce truc dans le regard. Il ne manque que la colère, mais sous le bon angle, avec la bonne lumière, je ne désespère pas non plus de pouvoir te rendre ton ire.
J'en suis là. J'ai joué à Frankenstein. J'ai demandé les sourcils de Mick Jagger, l'expression indéchiffrable de Jimmy Page, sur le visage d'un japonais. J'ai demandé tes lèvres évidemment, d'un rouge qui barre le visage, et ce drôle de rictus que j'aurai aimé embrasser une fois de plus, et une fois encore, et encore et... j'ai eu toi.
C'est vain. Je sais. Ça ne te ramène pas et j'ai pour de bon oublié le son de ta voix.
Mais ça va mieux depuis que j'ai ton ersatz. Pas que ce n'était pas bien de t'avoir toujours dans mon ombre,
mais c'est plus pratique comme ça.
Je peux recommencer l'histoire.
Et dans cette version là, promis, tu survivras.
Il y a de toi en tout cas.
J'ai résolu le problème de l'image. Celle qui, inexorablement, s’effaçait.
Il pose comme tu posais. Oh tu ne posais pas, pardon. Tu te posais là.
Et il y a sa bouche. Ta bouche, et ce truc dans le regard. Il ne manque que la colère, mais sous le bon angle, avec la bonne lumière, je ne désespère pas non plus de pouvoir te rendre ton ire.
J'en suis là. J'ai joué à Frankenstein. J'ai demandé les sourcils de Mick Jagger, l'expression indéchiffrable de Jimmy Page, sur le visage d'un japonais. J'ai demandé tes lèvres évidemment, d'un rouge qui barre le visage, et ce drôle de rictus que j'aurai aimé embrasser une fois de plus, et une fois encore, et encore et... j'ai eu toi.
C'est vain. Je sais. Ça ne te ramène pas et j'ai pour de bon oublié le son de ta voix.
Mais ça va mieux depuis que j'ai ton ersatz. Pas que ce n'était pas bien de t'avoir toujours dans mon ombre,
mais c'est plus pratique comme ça.
Je peux recommencer l'histoire.
Et dans cette version là, promis, tu survivras.
samedi 19 novembre 2011
mercredi 31 août 2011
La fin de l'ère du Kleenex
Dans :
Logorrhée
Je me suis souvent demandée si ma tendance à la décroissance et mon goût pour les espaces dénudés et les décorations spartiates venait de mon instabilité professionnelle et de mon absence totale de sécurité financière.
Après tout, je suis partie en Angleterre en 2004 avec 40 kilos de biens pour commencer ma vie d'adulte. Et je suis arrivée en 2009 en Belgique avec une valise dont la balance de l'aéroport m'indiquait qu'elle pesait 18kg600 et des meubles d'emprunts. deux ans plus tard, je possède un lit, un piano et un bureau. les deux derniers étant des dons parentaux puisque j'en use depuis mes dix ans (et 18 ans d'usus, ça donne bien droit à l'abusus et au fructus (ignorez cette remarque, je suis en train de ranger mes cours de droits)). Le reste, tient dans une vingtaine de cartons dont 12 de livres et de cahiers.
Après tout si on a rien on a pas grand chose à perdre. (C'est faux, évidemment, mais j'ai envie d'étaler des lieux communs)
S'il y a bien une chose à laquelle je n'ai jamais été habituée professionnellement, c'est la stabilité. C'est la crise depuis 30 ans, et je sors tout droit de la génération Kleenex. Je suis un bien de consommation, on me prend on me forme dans les grandes lignes, et puis une fois le travail fait, on me jette. Je ne suis pas la seule, j'ai une cousine qui vend des chaussures la moitié de la semaine et rédige le courrier d'un avocat le reste du temps. Une bonne partie de mes potes passent leur temps à s'exporter ici ou là. On nous demande de faire 300km aller retour pour travailler 2 heures par jour, et pour la gloire de préférence. Et rien qu'à la vue d'un contrat qui durerait un an la moitié des gens de mon âge se pisserait dessus de joie.
Papillonner, c'est amusant un temps.
Mais ça n'aide pas à bien dormir.
Donc d'ici trois ou quatre heures quand j'aurai fini de récurer ma cuisine, ma salle de bain et de mettre mes cartons en rang d'oignon afin que le Taudis soit présentable pour son état des lieux, histoire que je puisse le quitter pour un endroit où je compte m'installer pour une décennie minimum (j'en voit un qui s'évanouit d'horreur au fond à droite), j'irai me coucher le futur tranquille et la conscience reposée en pensant à l'intitulé du contrat que j'ai signé avant de partir du boulot, dessus c'était écrit "durée indéterminée". Nous savons tous que ça ne veut rien dire, mais c'est toujours mieux que perdre son emploi du jour au lendemain d'une simple croix dans la case "fin de mission."
(Tout au fond de mon cerveau, mon moi adolescent proteste vaguement que franchement, un boulot stable même pas glamour, encore moins original et une seule maison, c'est pas vraiment la vie de rock star dont il rêve, mais merde. Mon moi adolescent il est pas obligé d'économiser son argent poche pour payer le loyer au lieu de s'acheter les livres dont il a besoin pour rêver, lui. Jeune con boutonneux.)
Après tout, je suis partie en Angleterre en 2004 avec 40 kilos de biens pour commencer ma vie d'adulte. Et je suis arrivée en 2009 en Belgique avec une valise dont la balance de l'aéroport m'indiquait qu'elle pesait 18kg600 et des meubles d'emprunts. deux ans plus tard, je possède un lit, un piano et un bureau. les deux derniers étant des dons parentaux puisque j'en use depuis mes dix ans (et 18 ans d'usus, ça donne bien droit à l'abusus et au fructus (ignorez cette remarque, je suis en train de ranger mes cours de droits)). Le reste, tient dans une vingtaine de cartons dont 12 de livres et de cahiers.
Après tout si on a rien on a pas grand chose à perdre. (C'est faux, évidemment, mais j'ai envie d'étaler des lieux communs)
S'il y a bien une chose à laquelle je n'ai jamais été habituée professionnellement, c'est la stabilité. C'est la crise depuis 30 ans, et je sors tout droit de la génération Kleenex. Je suis un bien de consommation, on me prend on me forme dans les grandes lignes, et puis une fois le travail fait, on me jette. Je ne suis pas la seule, j'ai une cousine qui vend des chaussures la moitié de la semaine et rédige le courrier d'un avocat le reste du temps. Une bonne partie de mes potes passent leur temps à s'exporter ici ou là. On nous demande de faire 300km aller retour pour travailler 2 heures par jour, et pour la gloire de préférence. Et rien qu'à la vue d'un contrat qui durerait un an la moitié des gens de mon âge se pisserait dessus de joie.
Papillonner, c'est amusant un temps.
Mais ça n'aide pas à bien dormir.
Donc d'ici trois ou quatre heures quand j'aurai fini de récurer ma cuisine, ma salle de bain et de mettre mes cartons en rang d'oignon afin que le Taudis soit présentable pour son état des lieux, histoire que je puisse le quitter pour un endroit où je compte m'installer pour une décennie minimum (j'en voit un qui s'évanouit d'horreur au fond à droite), j'irai me coucher le futur tranquille et la conscience reposée en pensant à l'intitulé du contrat que j'ai signé avant de partir du boulot, dessus c'était écrit "durée indéterminée". Nous savons tous que ça ne veut rien dire, mais c'est toujours mieux que perdre son emploi du jour au lendemain d'une simple croix dans la case "fin de mission."
(Tout au fond de mon cerveau, mon moi adolescent proteste vaguement que franchement, un boulot stable même pas glamour, encore moins original et une seule maison, c'est pas vraiment la vie de rock star dont il rêve, mais merde. Mon moi adolescent il est pas obligé d'économiser son argent poche pour payer le loyer au lieu de s'acheter les livres dont il a besoin pour rêver, lui. Jeune con boutonneux.)
samedi 20 août 2011
Equilibrium
Dans :
Charlie
Il y a des morceaux, quand on les écoute on voudrait s'arracher 5 mètres de tripes pour atténuer la douleur provoquée par les raclements de l'archet.
Je lis les Demeures de l'Esprit de Renaud Camus en me demandant comment ça sera quand je m'allongerai sur le plancher du bureau, la tête sur le bras gauche et un crayon dans la main droite. Est-ce que les mots seront là ? J'aime bien les planchers, ce n'est pas comme s'allonger à même l'herbe et essayer de sentir la terre tourner, mais, c'est tiède, un peu en vie, en restant dessus assez longtemps, ça.... rien. J'aime bien les planchers.
Les soixante-huitards vieillissants n'ont vraiment aucune éducation. Ma grand-mère octogénaire a son petit caractère, mais elle n'a pas l'indécence de croire que parce qu'elle a des rhumatismes, tout lui est dû. Quand on a monté des barricades dans Paris pour exiger de se débarrasser du joug de la démocratie nazie indignante, et du port du soutien-gorge, on va pas exiger, en brandissant d'un torse gonflé d'indignation des seins qui pendent jusqu'au nombril, de passer AVANT à la caisse. On ne l'exige pas, on le demande poliment éh, vieille peau. Et pour les soutiens-gorge, c'était symbolique tu sais, t'aurais dû penser à t'en racheter après.
Je subis chaque jour la misogynie ordinaire. Je sais que je suis une femme. J'aime être une femme. Je ne savais simplement pas que pour pouvoir prétendre à mon sexe, il fallait que je mette des bas. J'envisage le port de la cravate. Ou de la cravache. Je suis sûre que certains apprécieraient.
Je pense beaucoup. Aux élans du coeur. A ceux de l'esprit. Aux actions pragmatiques que l'on exécute parce qu'elles relèvent du bon sens. Au bon sens qui parfois, rarement, parfois seulement rejoint les élans du coeur. Je médite sur ces relations dont on ne fait jamais le tour, qui meuvent, se transforment, s'étiolent parfois, mais gardent leur racines, et sont indissolubles finalement. Quel que soit la quantité de fiel que l'on verse dessus par moment.
Je pense au nombre de fois où j'ai cru que c'était bon pour moi parce que ça semblait tellement bien aux autres, parce qu'à cet âge là on fait ça, sinon, sinon... on perd un statut social et on a plus le droit de se regarder dans un miroir. Je pense à ces situations où j'ai crié stop, à genoux, en larmes, et qu'on ne m'écoutait pas. Parce que c'est commencé, et on finit voilà, autant aller jusqu'au bout même si c'est une mauvaise idée. Et je pense et je vis aussi, cette fois, où l'on nous regarde de manière circonspecte, mais où la plénitude mêlée de curiosité que je ressens n'a rien à voir avec la joie résignée et superficielle qui me saisissait dans d'autres situations.
Un jour peut-être, ce texte existera. Et si ça ne se passe pas ainsi, alors autre chose sera fort bien.
Je cherche un canapé Chesterfield. Vert ou noir. C'est bien un Chersterfield, c'est beau, solide et confortable.
Je lis les Demeures de l'Esprit de Renaud Camus en me demandant comment ça sera quand je m'allongerai sur le plancher du bureau, la tête sur le bras gauche et un crayon dans la main droite. Est-ce que les mots seront là ? J'aime bien les planchers, ce n'est pas comme s'allonger à même l'herbe et essayer de sentir la terre tourner, mais, c'est tiède, un peu en vie, en restant dessus assez longtemps, ça.... rien. J'aime bien les planchers.
Les soixante-huitards vieillissants n'ont vraiment aucune éducation. Ma grand-mère octogénaire a son petit caractère, mais elle n'a pas l'indécence de croire que parce qu'elle a des rhumatismes, tout lui est dû. Quand on a monté des barricades dans Paris pour exiger de se débarrasser du joug de la démocratie nazie indignante, et du port du soutien-gorge, on va pas exiger, en brandissant d'un torse gonflé d'indignation des seins qui pendent jusqu'au nombril, de passer AVANT à la caisse. On ne l'exige pas, on le demande poliment éh, vieille peau. Et pour les soutiens-gorge, c'était symbolique tu sais, t'aurais dû penser à t'en racheter après.
Je subis chaque jour la misogynie ordinaire. Je sais que je suis une femme. J'aime être une femme. Je ne savais simplement pas que pour pouvoir prétendre à mon sexe, il fallait que je mette des bas. J'envisage le port de la cravate. Ou de la cravache. Je suis sûre que certains apprécieraient.
Je pense beaucoup. Aux élans du coeur. A ceux de l'esprit. Aux actions pragmatiques que l'on exécute parce qu'elles relèvent du bon sens. Au bon sens qui parfois, rarement, parfois seulement rejoint les élans du coeur. Je médite sur ces relations dont on ne fait jamais le tour, qui meuvent, se transforment, s'étiolent parfois, mais gardent leur racines, et sont indissolubles finalement. Quel que soit la quantité de fiel que l'on verse dessus par moment.
Je pense au nombre de fois où j'ai cru que c'était bon pour moi parce que ça semblait tellement bien aux autres, parce qu'à cet âge là on fait ça, sinon, sinon... on perd un statut social et on a plus le droit de se regarder dans un miroir. Je pense à ces situations où j'ai crié stop, à genoux, en larmes, et qu'on ne m'écoutait pas. Parce que c'est commencé, et on finit voilà, autant aller jusqu'au bout même si c'est une mauvaise idée. Et je pense et je vis aussi, cette fois, où l'on nous regarde de manière circonspecte, mais où la plénitude mêlée de curiosité que je ressens n'a rien à voir avec la joie résignée et superficielle qui me saisissait dans d'autres situations.
Un jour peut-être, ce texte existera. Et si ça ne se passe pas ainsi, alors autre chose sera fort bien.
Je cherche un canapé Chesterfield. Vert ou noir. C'est bien un Chersterfield, c'est beau, solide et confortable.
samedi 18 juin 2011
Diptyque tranchant
Dans :
Cohendy
Je vous tue dans mes rêves. Chaque nuit. Chaque matin plutôt puisque le jour se lève quand mes paupières, enfin, consentent à tomber.
Je vous tue dans mes rêves avec un couteau, souvent. Et beaucoup de sérieux. C'est tout un travail. A cause des côtes Je déteste lorsque la lame s'arrête sur un os. J'ai l'impression que mes dents vont en tomber comme quand un train freine devant moi, avec ces bruits métalliques qui poussent les racines de mes canines hors de mes gencives. Après je ne peux plus parler.
Pareil.
Mais peu importe, dans mes rêves je ne parle pas. Vous ne m'avez pas répondu après tout, je n'ai pas d'explication à vous fournir. Je vous écris, je suis polie, je dis bonjour, au revoir et merci. Et vous m'ignorez. Je n'existe pas. J'essaie de toute mes forces d'exister vous comprenez. Voir mon image se refléter dans les yeux de quelqu'un. Mais on ne voit pas son reflet dans une porte close. Alors je vous tue. Vous, Madame, Mademoiselle, Monsieur veuillez agréer l'expression de ma matérialité la plus affûtée.
Je ne demande même pas un emploi, enfin si, mais vous n'êtes même pas obligé de dire oui. Juste être poli.
Mais peu importe puisque je disparais. Il n'y a pas que pour vous que mon corps s'efface que mon esprit devient un poids inutile, que ma conversation n'a plus d'intérêt, que mon existence ne se réduit qu'à de vagues souvenirs, je dois me rendre à l'évidence, il n'y a pas que pour vous que je ne sers plus à rien.
Un jour, du fond de mon sommeil, lassée d'appeler au secours et de voir mes mots rebondir sur une porte close, lassé même d'ouvrir la bouche pour parler, je retournerai le couteau contre moi, parce que je n'aurai même plus pris la peine de me dire bonjour un matin.
Et puis non. Parce que parfois, on vous rattrape juste à temps. Tout juste. Et les mains salvatrices ne sont pas celles de celui qu'on attend.
Je vous tue dans mes rêves avec un couteau, souvent. Et beaucoup de sérieux. C'est tout un travail. A cause des côtes Je déteste lorsque la lame s'arrête sur un os. J'ai l'impression que mes dents vont en tomber comme quand un train freine devant moi, avec ces bruits métalliques qui poussent les racines de mes canines hors de mes gencives. Après je ne peux plus parler.
Pareil.
Mais peu importe, dans mes rêves je ne parle pas. Vous ne m'avez pas répondu après tout, je n'ai pas d'explication à vous fournir. Je vous écris, je suis polie, je dis bonjour, au revoir et merci. Et vous m'ignorez. Je n'existe pas. J'essaie de toute mes forces d'exister vous comprenez. Voir mon image se refléter dans les yeux de quelqu'un. Mais on ne voit pas son reflet dans une porte close. Alors je vous tue. Vous, Madame, Mademoiselle, Monsieur veuillez agréer l'expression de ma matérialité la plus affûtée.
Je ne demande même pas un emploi, enfin si, mais vous n'êtes même pas obligé de dire oui. Juste être poli.
Mais peu importe puisque je disparais. Il n'y a pas que pour vous que mon corps s'efface que mon esprit devient un poids inutile, que ma conversation n'a plus d'intérêt, que mon existence ne se réduit qu'à de vagues souvenirs, je dois me rendre à l'évidence, il n'y a pas que pour vous que je ne sers plus à rien.
Un jour, du fond de mon sommeil, lassée d'appeler au secours et de voir mes mots rebondir sur une porte close, lassé même d'ouvrir la bouche pour parler, je retournerai le couteau contre moi, parce que je n'aurai même plus pris la peine de me dire bonjour un matin.
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