lundi 18 avril 2016

Easier said than done.

Даже самые негативные впечатления — это бесценный жизненный опыт. Сожалеть — бездарная трата времени и сил. Смотрите вперед и цените момент.


mercredi 30 mars 2016

Le vivant est un état accidentel bref de la matière inerte.

"I waited
But I must be too dumb to be proud

Because I waited, I waited" 
- Waited OLP









mardi 1 mars 2016

Lectures du mois de février

(une nuit d'insomnie.) 

(mmh...)

(c'est même plus de l'anticipation, ça devient du documentaire) 

(J'y viens, j'y viens...) 

lundi 29 février 2016

Château de carte


“Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter.” - Cioran

Je construis, je monte la tour, je commence à peaufiner, et joyeuse je commence le tunnel. Et la vague vient tout étaler.

Je m'en fous je recommence.

je prépare avec joie ce que je vais dire, j'ai tellement envie de le raconter, j'attends ta réaction j'espère qu'elle ne sera pas trop brutale, que tu ne vas pas briser le fragile équilibre que je sens. Et puis si. Tu arrives et d'un revers de manche absolu, tu colles tout par terre. C'est pas que j'imaginais,que ce serait parfait, que l'enchainement des mots, des phrases, que la forme de la conversation serait à l'image exacte de ce que je rêvais. Une vague ressemblance aurait suffit.  Mais non, tu prends mes cartes et tu fous tout par terre. Tu pose ton atout. et il n'y a pas de pourparler possible :  ce sera ça, le reste, moi, la suite de coeur, on s'en fout. Tu t'en fous, tu es ton propre auditoire.

Alors je me mets à genoux en faisant semblant d'écouter, je ramasse mon jeu et je tire comme je peux de quoi te suivre dans ta nouvelle tactique. Mes cartes s'abîment à force de tomber, j'aimerais un jour pouvoir te montrer le chateau terminé.

Oh c'est pas parfait, rien ne l'est jamais avec moi. Mais il est calme et solide ce château, il dure dans le temps. Les tiens sont des briques volantes, aussi fugaces que tes passions.

dimanche 7 février 2016

[ NaNoWriMo #4 bis ] Demi-Lune / 5- Compter les morts et attendre le matin

- Grisha, je fatiiigue. geignit Félix.
- Encore un peu.
- Mais c'est looouurd.
- Tu es faible, et ça se vide. c'est forcément plus léger.

Grisha tendit le cou, et Félix perché sur une table haute et armé d'un cruchon termina d'en verser son contenu sur la tête de son compagnon, qui était debout nu dans un bac qui jadis servait à recueillir les livres ramenés par les abonnés à la bibliothèque, mais était maintenant à-demi rempli d'une eau savonneuse et grisâtre.
- Savon.
Félix tendit le savon.
- Torchon.
Félix tendit le torchon humide qui reposait sur son épaule nue.

L'adolescent, deux torchons blancs noués autour de sa taille sur une table en forme de socle et avec un cruchon en plastique tendu devant lui ressemblait à la version cheap et anorexique d'une statue grecque.

Grisha se savonna les cheveux et le corps avec ardeur. A l'exception des taches sur son torse et ses épaules causées par la mycose diagnostiquée par Félix, son corps était resté indemne. Tourner en rond dans la cour et se muscler avec des encyclopédies n'étaient pas ses activités préférées, mais c'était préférable à tous les maux causés par l'inactivité physique.

- Rinçage.
- Oui maître. Soupira Félix en remplissant la cruche dans le seau posé près de lui sur la table.
Il laissa couler l'eau tiède sur les cheveux de Grisha dont les boucles brunes, aplaties par le liquide s’étiraient presque jusque ses épaules maintenant.
Si Félix était intransigeant sur la longueur maximale de ses cheveux, Grisha  n'avait pas pris la peine de raccourcir autre chose que sa barbe depuis trois mois.
- Il reste encore de l'eau ? s'enquit Grisha les yeux fermés sous le dernier filet d'eau dispensé par la cruche.
- 2 litres à peu près.
- Je prends.
Félix saisit le seau et laissa son contenu couler sur les épaules de son compagnon. Une fois la dernière goutte tombée, l'homme s'ébroua avec plaisir et sortit du bac, saisissant deux torchons sur le bar, il se sécha vigoureusement. Puis il entoura en turban sur ses cheveux l'un des torchons.

N'importe qui d'autre aurait eu l'air ridicule, pensa Félix, mais Grisha non. Il était classe, même le cheveux gras et la peau tachetée.
- C'est bien quand même que ce soit toi l'un des survivants de la fin du monde, lâcha l'adolescent en sautant à bas de la table avec la grâce d'un crapaud hémiplégique.
- En quel honneur, sourit Grisha dont la toilette venait de redonner un semblant de bonne humeur pour la première fois depuis trois mois.
- Il aurait pu n'y avoir que des survivants moches ou bêtes. Et alors l'humanité aurait recommencé sur de mauvaise base. Mais ça va il y a toi.
- Oui, Félix, et toi. Aux dernières nouvelles il n'y a que nous deux. Je ne vais pas insulter ton intelligence et j'espère ne pas briser ton petit cœur fragile en t'apprenant que nous n’aurons jamais d'enfants ensemble ?

Grisha arrangea un tablier de cuisinier en pagne et entreprit d'essorer et d'étendre les vêtements qu'il venait de faire bouillir.

- Oui mais réfléchis, s'agita Félix en commençant à arpenter la pièce, si on est 2 survivants dans une ville de 200 000 habitants, ça veut dire qu'il y a potentiellement 1 survivant pour 100000 personnes. Donc, comme il y a 7 milliard de gens sur terre, enfin...il y avait. On est au moins encore 70 000. Il doit bien rester au moins une femelle parmi tout ce monde.

- Une femme, Félix, une FEMME. soupira Grisha. Je sais qu'à ton âge, on ne les envisage qu’à des fins reproductives mais je t'assure que si tu dois en croiser une, l'appeler mademoiselle ou madame au lieu de femelle te fera gagner quelques points au moment de copuler. Mais ton raisonnement est erroné.
- Ah ! Vas y prouve moi le contraire.
- Le contraire non, ton raisonnement de départ est correct, il y manque simplement des variables. 

Déjà, il est fort possible que la proportion de survivants, au moins dans cette ville, soit plus importante. Tout simplement parce que la probabilité que les deux uniques personnes immunisées contre un virus dans une même ville se connaissent avant même que la maladie n'ait annihilé l'entièreté de la population mondiale est quasi infime. Donc on va supposer qu'il y a quelque part, à quelques rues d'ici des gens qui se terrent comme nous en attendant que la nature fasse son travail.

Mettons que quelques millions de personnes aient survécu aux 3 jours d'infection d'il y a trois mois. Si on suit ce raisonnement, on peut espérer que quelques membres de gouvernements ou de services de police ou de sauvetage aient survécu et aient eu assez de ressources pour essayer de communiquer avec le reste de la planète.
Hors les ondes sont muettes, et pourtant, ce n'est pas faute de chercher.
Tout a été si brutal que la plupart des services publics se sont retrouvé HS assez vite, ça veut aussi dire que potentiellement tout un tas d'installations dangereuses sont restées sans surveillance. Si les centrales nucléaires en Europe peuvent normalement se mettre en sécurité si il y a un problème, je doute que toutes les installations dangereuses dans le monde puissent le faire, donc des survivants sont au moment où nous parlons surement déjà morts, irradiés ou brulés ou noyés à cause de la défaillance mécanique des créations humaines.
Sans parler de ceux qui sont surement devenus fous, ou qui se sont suicidés.
Mettons qu'il reste 300 000  personnes, disséminées sur le globe, la plupart en milieu urbain, coincés par la pestilence des cadavres. Parce que comme nous, aucune n'a eu la présence d'esprit de s'éloigner de la ville le premier jour. Pensant qu'elle trouverait à manger plus facilement dans un endroit où les boîtes de conserves sont plus nombreuses que les humains.
300 000  personnes disséminées sur une terre énorme. avec des moyens de communication réduits aux ondes radios puisqu'il en fait plus compter sur grand chose d'autre.
La probabilité qu'on entre en contact avec un autre humain dans l'année à venir est faible, Félix, très faible. Je ne dis pas que ça ne va spas arriver, mais, pour l'instant, il faut qu'on attende que la nature nettoie notre bordel.
Et quand on croisera un autre humain, rien ne dit qu'il n'aura pas envie de nous tuer. Et crois moi, je ne suis pas impatient de le savoir.

Grisha s'arrêta essoufflé. Il venait en 5 minutes de parler plus que ces trois derniers mois réunis et sa gorge commençait à lui faire savoir que ce supplément d'exercice lui déplaisait au plus haut point.
Félix le regarda avec ses yeux bruns,  la bouche légèrement entrouverte.
- Mais à quoi ça sert de nous tuer ?

- Aucune idée, à quoi ça servait de lancer un virus aérien dans un métro ? Si ça se trouve un des malades qui l’ont fait a survécu. Il suffira que ta mèche de cheveux lui déplaise. 
- Mais ils sont très bien mes cheveux grogna Félix.

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(C'est la fin des brouillons de Novembre.Je tenterais de finir avant le prochain NaNoWriMo mais il ne faut quand même pas trop y compter)

mercredi 3 février 2016

Grand écart littéraire du mois de janvier

(Pas grand chose à voir avec Perahim, mais rafraichissant religieusement parlant. 
Avec une fin terrible)

(Lagercrantz transforme les cliffhangers délicieusement titillants des tomes précédents en moment "grincements de dents devant Windows 95 faisant un BSOD juste avant de sauver un document de 753 pages". Dommage. Raisonnablement distrayant quand même.) 


lundi 25 janvier 2016

Lieux Communs

Zack Addy: [holds his fist up in the 'respect' sign]
[pause]
Zack Addy: You're supposed to bang your fist against mine.
Dr. Temperance Brennan: Why?
Zack Addy: I'm told it's a widely accepted gesture for mutual success...
[trails off]
Angela Montenegro: I love it when you two impersonate earthlings.

- Bones, The girl in the fridge.


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Source
 




Je suis dans l'ascenseur. Je suis humaine : j'observe avec suspicion mon reflet dans le miroir pour vérifier qu'aucun des ces atroces petits poils noirs et épais n'a éclos sur mon menton. Ces excroissances pileuses vachardes semblent pousser plus vite qu'un champignon après une bonne pluie matinale. On se lève au petit jour le visage glabre comme les fesses d'un enfant de choeur et à midi on constate avec horreur qu'une liane d'un demi-centimètre a fait son apparition à un endroit où tout le monde peut bien la voir. Et bien sûr de préférence quand on a pas de pince à épiler ou de débroussailleuse sur soi.  

Un genre de mini-punition divine pour les péchés à peine perceptibles peut-être.
Je ne tirerai plus jamais la langue aux enfant dans le train. Vehimrou Amen !

Je suis dans l'ascenseur et mes pensées sont sur mes cicatrices d'acné. La pensée de devoir mettre du fond de teint m'effleure. Mais bon, je vais au garage. Je ne suis pas en pyjama, c'est déjà pas mal non? 
La dépression se caractérise par une fatigue constante, une impossibilité à accomplir quoi que ce soit sans se faire violence. 

Inouïe, la violence. 

Mais au moins c'est une violence qu'on s'inflige à soi-même, c'est pas un autre qui s'y colle sans vous demander votre avis. Le choix, dans la vie,  c'est important.

J'ai mis une heure à me décider à enfiler mes baskets pour aller jusqu'au garage. J'ai argumenté. J'ai questionné, j'ai fait des compromis avec moi-même. Alors le fond de teint... C'est accessoire. 

Puis la porte s'ouvre et je réalise qu'absorbée par le reflet de mon corps vide d'envie dans le miroir, je n'avais pas appuyé sur le bouton supposé m'envoyer au deuxième dessous. Ce qui placerait mon corps toujours un peu plus haut que mon esprit. 

Elle entre. Je ne la connais que vaguement c'est une voisine. Pas de celles qui viennent boire des verres à la maison. 
Elle me sourit. Mon sourire s'étire à la verticale, je crois que je montre les dents. 
Elle dit "Bonjour."
Je dis "Bonjour Madame."
Elle dit "Vous descendez?"
C'est atroce. Je ne sais pas si elle me demande si je descends de l'ascenseur ou si j'utilise l'ascenseur pour descendre dans les étages, alors je réponds pavec prudence : "Je vais au -2"
Elle me dit "Moi aussi."
J'appuie sur le bouton, non sans m'être demandée pendant 3 longues secondes comment on appuie sur un bouton et lequel.
"Il fait froid hein."
"Non."
"Enfin plus frais qu'hier."
"C'est possible."
"..."

J'ai toujours mon rictus de chien.

C'est atroce les lieux communs.

J'ai envie de lui dire que si on était dans les normales saisonnières il ferait 6 à 10 degrés de moins et que les arbres bourgeonnent. Je veux bien lui concéder peut-être qu'il fait un temps morne, glauque à chier, et tout à fait déplacé dans notre région, ce qui prédit un 21e siècle dans lequel on préférera sûrement être mort. Mais froid non. Juste pourri. Parfaitement assorti à mon humeur et à mes envies de fin du monde.

J'ai envie que, dans mon sourire tout raide, deux longues dents poussent et que des cornes sortent de mes cheveux décoiffés. J'ai envie de prendre un stabilo et d'écrire sur le miroir:

"I. can't. see. the. fucking. point."

Puis de l'énucléer avec la pointe émoussé du feutre.

Mais on est dans un cas typique d'"elevator pitch" : il faut faire bref pour convaincre. Le cas échéant, je souhaite la persuader de ne pas poursuivre cette conversation absurde avec moi.

Alors j'étire un peu plus mon faux sourire.
Ca fonctionne.
J'ose pas vérifier dans le miroir, je crois que je fais vraiment peur.


Les portes s'ouvrent. Elle sort avant moi.

"Bonne journée."
"Bonne journée."

Je m'autocongratule : J'ai survécu aux quatre étages, et elle aussi.
J'arrive devant la porte du garage.

J'ai oublié pourquoi je suis descendue.