jeudi 17 décembre 2009

En l'absence de fourchette.

Ce matin Monsieur Murakami et moi nous sommes extraits du train rose et  gluant qui venait d'amerrir sur le quai de la F.A.C. Alors que la monstrueuse machine s'éloignait dans un feulement fellinien, Monsieur M. et moi,  bras dessus, bras dessous, avons glissé joyeusement sur le béton ciré qui ondule harmonieusement autour de la voie avant de lever les yeux au ciel, émerveillés à la vue des flocons de neige bariolés qui tournoyaient horizontalement et de manière parfaitement sinusoïdale.

Pour célébrer l'étonnante chute d'eau congelée multicolore venue du ciel en cette période pourtant estivale, nous avons esquissé quelques pas d'une gigue connue de nous seuls avant de faire un remake des Parapluies de Cherbourg avec un parasol qui passait par là.
Une fois arrivé en haut du double escalier en caoutchouc qui mène au campus de la F.A.C, nous étions un peu essoufflés mais heureux d'avoir pu ainsi rendre un hommage de bon goût à dame Nature et ses caprices enchanteresques.

Nos chemins se séparant là, j'ai salué Monsieur M. d'une aimable courbette et d'un pied de nez. Lui a fort courtoisement pincé ma joue rosie par un flocon fondu en me souhaitant la bonne journée avant de partir à reculons vers sa destination.

Les Alphonses et les Albertines saisis par le froid soudain formaient; dans la longue allée venteuse menant à mon bureau, une haie d'honneur des plus plaisante à remonter. J'aurais aimé en embrasser quelques-uns, mais j'étais bien consciente du risque de congélation immédiat, et arriver au travail en tirant par les lèvres un Alphonse congelé n'est pas du meilleur effet.

En m'installant à mon bureau, j'ai constaté que la chute des flocons s'était faite plus violente et ceux ci n'arboraient plus leur délicieuses couleurs pastelles, ils ne formaient plus qu'un camaieu de points gris, tombant tristement sur la fourrure terne des hommes singes de notre cour intérieure.
J'ai allumé Rossinante (mon ordinateur), il  y avait de la neige sur son écran aussi. Un coup de vent avait surement déréglé son antenne.  J'ai soupiré. L'écran bleu d'erreur Windows est apparu, j'étais sauvée.

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Voilà quatre heures que je travaille. Au travers de la baie vitrée de mon bureau, les pauvres hommes-singe, assis en tas sur un lit de houx; l'oeil vitreux et la morve en stalactite, se font peu à peu recouvrir de neige. J'ai failli les inviter à l'intérieur, mais juste à ce moment là, j'en ai vu un attrapper une mouette et l'avaler, j'ai craint pour la vie de mon collègue M. Pingouin.
(Je crois qu'ils ont aussi mangé notre pie de compagnie, je ne l'ai pas vue depuis quelques jours).
Mais quand même...
Je suis là, bien au chaud ,en train de me remettre des effets des sucrettes au LSD qu'ils donnent avec le café à la gare de Kenosha, et eux se caillent le scrotum.

Ca me fait culpabiliser.
J'étais de si bonne humeur ce matin.
Je vais leur donner mes noodles.
Ça me réchauffera le coeur.

vendredi 11 décembre 2009

Lullaby

Assise sur son promontoire de pierre avec vue sur la rue, Aza observe le corps que Lull enlaçe, le visage à qui il rend des sourires.

Poignets : Graciles
Chevilles : Délicates
Doigts : Effilés
Silhouette : Fluette et élancée
Visage : Gracieux
Poitrine : Adorable

Elle s'interrompt.
Ça ne sert à rien, de se faire mal ou d'épuiser sa réserve de synonymes. La fille dans les bras de Lull, ce n'est pas elle, puisqu'elle est là. A se confondre avec les pierres.

Elle se relève et s'éloigne, en chantonnant.

Une chanson sur une vache.

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[EDIT] Happy Birthday Virendra [/EDIT]

mercredi 9 décembre 2009

A la machette ?


Je me fais taguer de tout les côtés en ce moment. Comme ça, sans prévenir. Remarquez, c'est légèrement moins désagréable qu'une main au cul dans le métro. (Surtout quand on se retourne pour gifler coller un poing dans la gueule à l'indélicat et qu'on se retrouve face à...rien... faut baisser la tête pour voir un gosse de 8 ans qui ricane. ah...ah... Si je le frappe ses géniteurs sont fichu d'appeler la SPA. Passons)

Commençons par nous délivrer de la chaîne du Très Saint Graphopathe (Que je révère évidemment, mais il m'a interdite de messe en latin à sa gloire sur le blog, donc vous devrez me croire sur parole.)





You are in a mall when the zombies attack. You have:

1. one weapon.

2. one song blasting on the speakers.

3. one famous person to fight alongside you.

Je traduis pour les anglophobes qui fréquentent assidûment ce blog.

"Vous êtes dans un centre commercial quand les zombies attaquent. Vous avez :

1. Une arme.
2. Une chanson passant à fond dans les hauts parleurs.
3. Une personne célèbre qui se bat à vos côtés. "

1. L'arme.

Il faut un truc tranchant. Un zombie ne s'élimine que par décapitation. Ça tombe bien, ça fait des mois que ma Kalash' et mon bazooka format sac à main traînent au service après vente de l'armurerie pour entretien. Pour ne pas me sentir nue et désarmée je me promène avec mon épée. C'est une two-handed sword. C'est très maniable une fois qu'on maîtrise quelques bottes. Ca et quelques bouts de viande avariés pour éloigner quelques zombies si ils deviennent trop nombreux, et je devrais pouvoir gérer. (A savoir : les bouts de viande avariées ont les même effet sur les zombies qu'une minirobe en solde pour une fashionnista, la bave aux lèvres, les grognements de contentement et la ruée à douze sur le même morceau)

2. La musique.

Soyons franc, il n'y a rien de plus chiant que de buter du zombie. Donc autant le faire en chantonnant joyeusement. Tout en gambadant allègrement au rythme d'une mélodie entraînante entre les membres sectionnés, le sourire au lèvres.

Mes plus plates excuses aux mélomanes qui me lisent mais si je dois trucider de la chair morte, c'est ça que j'écoute à fond, en sautant à pied joints dans les flaques d'eau pour éclabousser partout partout !!!!
(hihihi)
( c'est le refrain des bisounours)
( non j'plaisante, buter du zombie, c'est un truc sérieux)
(enfin...)



3. La star.


Jared Padalecki. L'acteur de Supernatural.

a/ C'est son job de buter du revenant.

b/ Je veux bien l'aider, sous la douche, à se débarrasser de tout ce sang coagulé et de ces morceaux d'orbites de mort vivant qui sont restés accroché à ses cheveux une fois qu'on en aura fini.


Pour la transmission, je demanderai aimablement à Tonton de s'y coller, il excelle tellement en histoires de mort vivant que ce serait dommage de s'en passer. Et comme il ne va plus parler de politique jusqu'à sa prochaine rechute, il va bien falloir alimenter le blog. (je suis gentille hein ? )
Et Gaël aussi tiens.

mardi 8 décembre 2009

Et un joli caillou sur ta tombe...

 יום הולדת שמח

jeudi 3 décembre 2009

Nous espérons que vous étouffez.

J'ai vu le paquet en cherchant mon téléphone. On avait oublié de me dire hier que j'avais reçu un paquet.

Alors je ne l'ai vu que ce matin. Ça aurait été un peu plus pertinent de l'ouvrir hier, mais bon.
Faut dire, j'avais oublié de demander si j'avais reçu du courrier.
Peu importe, j'en ai oublié mon téléphone. Enfin, je crois, j'ai pas vérifié. Je m'en moque un peu de mon téléphone.
Sincèrement.
J'aime pas parler.
J'avais plus le temps, j'avais pas encore mis ma chemise, et il me restait que deux minutes, je savais même pas encore quelle chemise il fallait que je mette. J'ai pris la verte.  Je vais encore avoir froid.
Heureusement j'avais déjà mis mon parfum et mes chaussures.
J'ai glissé le paquet dans mon sac. Je suis sortie.

Cette fois, ma chanson du chemin de la gare de Kenosha me répétait sans cesse que j'avais un trou dans la tête et qu'il te ressemblait. Je sais pas trop. Il change de forme ce satané trou. Des fois, il est grand avec des épaules à se damner et une voix qui fait fondre, des fois il est mince, nerveux, moqueur et ne se comblera plus jamais, des fois, c'est vrai, c'est un peu toi, une silhouette incertaine qui me tord le cœur à chaque fois que j'essaie d'en ajuster les contours. Peu importe vraiment, je suis pas sûre d'avoir voulu parler de ça.

J'ai  ouvert le paquet sur le quai de la gare, en attendant mon train. J'ai souri en regardant les timbres sur l'enveloppe. Pierre-Auguste Renoir. Sous le kraft, c'était l'emballage cadeau, comme d'habitude du papier journal, le dessin d'un type avec des dreads rouges qui tombaient sur son regard sombre. Je n'y ai vu aucun coups du hasard. Les doigts qui prenaient froid, j'ai quand même détaché le scotch, Choke, disait la couverture. Pas choc. Choke/ Etouffe, de Chuck Palahniuk. Avec dedans, un petit mot au dos d'une image. Un mec en costume d'époque, perruque poudrée, qui se penche sur la nuque d'une jeune femme à-demi pâmée. Un truc de vampires, ou de la drague de cour du Roi soleil. Je sais pas. Mais comme marque-page, c'est pas mal.
Mon train n'était toujours pas là, j'ai lu, une page, deux pages.

J'ai du arrêter quand il a fallu monter, j'ai jamais été très douée pour marcher sans mes yeux.

Il y avait de la place en face de Monsieur Murakami. J'ai pas cherché plus loin, je suis tombée en face de lui, et j'étais tellement pas là que je lui ai dit bonjour. Il en a presque ri en me répondant. Faut dire qu'avec Monsieur Murakami, on ne se parle pas, même pas bonjour, un signe de tête suffit. Ça n'a aucun intérêt. Il s'assoit là, à Milwaukee, je crois, quelques arrêts avant Kenosha, c'est pas qu'il me l'a dit, c'est juste écrit sur son pass. Il met ses écouteurs et il lit. Je m'assois souvent en face de lui, je mets mes écouteurs et je lis. Comme ça on s'entend bien.
Aujourd'hui il lisait du Camus.
La première fois que je l'ai vu, il lisait du Murakami. C'est pour ça qu'il s'appelle comme ça. Il lit trop, il y a toujours trois livres dans sa sacoche. Peu importe, si on se parlait, je suis sûre qu'on s'entendrait bien. Mais ça voudrait dire qu'il faudrait parler tous les jours. Ça, Monsieur Murakami et moi, je crois qu'on ne veut pas.
Alors j'ai juste dit bonjour sans faire exprès et j'ai rouvert Choke.

Et j'avais envie de noter plein de phrases, comme ça, parce qu'elles me plaisaient, qu'elles disaient mieux que moi ce que j'ai dans la tête, et finalement y'en a une sur laquelle je me suis arrêtée pour penser.

"Le bonheur n'est jamais à l'origine de l'art."

mardi 1 décembre 2009

Avertissement sanitaire.

If fluency could be defined by the ability to insert swear words in a sentence every other word without altering one bit the meaning of it. I think I'd be native-level by now.

...

...


Damn it.